Marie Christine GIUST

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Billet de blog 10 août 2015

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La Brigade Juive, le "scénario déconstructeur "de la BD de Marvano ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bravo et félicitations à France Culture, ce matin, et plus exactement à Martin Quénehen ! Excellente émission qui ajuste l'histoire mondiale, et remet à l'honneur tous ces "juifs qui se sont battus comme des lions", faisant sortir de l'ombre une partie de faits d'importance de la 2e guerre mondiale.

Comment ne pas conseiller d'aller écouter ou réecouter ce moment d'anthologie d'histoire, d'intelligence, d'excellence, et de gentillesse, entendu à l'heure du déjeûner (?), et qui vient non seulement rendre justice à ces acteurs oubliés de l'histoire, puisqu'il paraît que ni en Israël ni en Italie, les populations ne savaient ce qui, soit s'était passé à côté d'eux, soit n'en avaient pas entendu parler ensuite, lors de leur fuite en Palestine, au sortir de la guerre !

Bien sûr, je n'ai pas l'intention d'en faire le résumé. Allez chacun, écouter ou réécouter cette émission exceptionnelle !!! Dont j'ai donné pour titre de ce billet, une des interprétations qu'en a données Martin quénéhen lui-même, à propos de cette nouvelle BD de Marvano.

D'ailleurs, comme toujours dans ces cas-là, la lecture qu'on peut en faire, en l'écoutant, est souvent à tiroirs multiples: chacun la sienne, ou les siennes, selon que l'on se penche sur l'histoire mondiale, ou la fuite des rescapés d'Auschwitz et autres camps d'extermination, après la guerre, ou encore, selon qu'on en retravaille pour soi, certains aspects inconnus, jusqu'alors....et qui consonnent si bien avec ce type de lecture, au présent, de l'histoire passée, comme Amos Gitai s'en est fait le porte-parole, ensuite, avec une grande sobriété de mots, allant à l'essentiel...

Oui, oui, son film, Tssili, qui sort demain ou mercredi, ça donne vraiment envie d'aller le voir. A partir d'un roman d'Appelfeld. Même si, moi, j'étais jusqu'à présent cloîtrée derrière les fenêtres de mon appartement, chaudement, mais résolue à m'y reconstruire ou façonner une intimité, trop souvent violée par la vie parisienne, et ses taux de nuisance absolument effarants, depuis si longtemps !

Mais tout de même, j'aime ce " des juifs qui se battent comme des lions", je le répète ! Autre image, et autre vision trop souvent distillée, celle de gens rendus, passifs et impuissants devant l'horreur et la terreur qui les ont vus être les proies d'un système autoritaire et d'extermination, à la puissance n.

Oui, tous les hommes, sans exception, se lèvent ou sont capables de se lever quand leur condition de vie ou de survie est en danger !

Mots justes, pour dire la justesse des évènements. Et la réaction innée de nombre d'entre les futurs assassinés, pour résister à cet ignominie sans nom qu'a été l'extermination des juifs, mais aussi des tziganes, des homosexuels, des handicapés mentaux, etc...

Du coup, j'ai rouvert le livre de T. Todorov ( la voix de Marvano m'y a fait immédiatement pensé!) qui était sur ma table "Face à l'extrême", datant du début des années 90, et travaillant des questions centrales sur l'héroisme, la sainteté, la dignité, la résistance, la jouissance du pouvoir, etc... qui est une lecture qui vaut aussi, et vraiment, le détour...Avec la résistance au pouvoir, et ses formes de jouissance ignomineuses!

On y apprend par exemple comment l'Allemagne détourne des interdictions faites par la communauté occidentale de l'époqe post-1ère guerre mondiale, pour, et toujoirs avec " cette domination insolente" qui la caractérise, contourner des interdits et finalement se servir de la Formule 1, pour expérimenter de nouveaux moteurs qui, évidemment, serviront ultérieurement au pire !!!

Et puis cet autre aspect horrible, qui fait toujours dire que "le diable se cache dans les détails": qu'il n'y avait pas de retour possible pour les juifs rescapés des camps, quand ils avaient été chassés de chez eux, avant-guerre, et qu'on leur avait piqué leurs maisons...

Silence, s'il vous plaît.

Ou encore, cette nécessité vitale, et j'insiste, car elle est vitale, au-delà de l'imprescriptible, qui veut que rien ne doit être épargné dans la recherche des criminels, comme l'ont fait Kate et Serge Klarsfeld, pendant toute leur vie.

Pour ne pas laisser les criminels disparaître sans laisser de traces.

Je répète, Radio Londres: pour ne pas laisser les criminels disparaître, sans laisser de traces.

Et puis aussi, cet aspect jamais évoqué qui me paraît fondamental: que la guerre a continué des années, et des années, après la guerre...

Et ces phrases, relues immédiatement après dans le ivre de Todorov:

- "Il vaut mieux subir l'injustice que l'infliger !", même si ça ne résoud rien...

Ou encore:

-" Que cette guerre a donné forme au monde dans lequel nous vivons encore! "

Effectivement, si le passé est seul en mesure d'éclairer le préésent, la mémoire y joue donc bien un rôle essentiel, et la convoquer pour venir dire, même soixante ans après, les désastres et la catastrophe qui eurent lieu, sont l'unique manière de respecter nos morts et l'Humanité elle-même. Quel qu'en soit le prix à payer.

C'est toujours notre dignité d'être parlant qui en sort raffermi, rehaussé, respecté.

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