Marie Christine GIUST

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Billet de blog 13 avril 2015

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"Condomínios actuels": Silence dans le monde universitaire parisien sur le Brésil !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Deux détails, ce matin. Radio France et les suites de la grève, d'un côté. Et l'article sur la corruption avec le livre de Roberto Scarpinato, de l'autre...

Un premier détail, donc, concernant la reprise des programmes sur France Musique, et la joie d'y entendre il y a quelques minutes Lionel Esparza nous expliquer clairement les raisons de la reprise des programmes, bien que le soutien à la grève et à ses raisons ne faiblisse en rien.

Bravo, Lionel: vous vous êtes fait le porte-parole aussi de nos intérêts comme auditeurs, avec une seule raison première: elle du maintien d'un service public, au-delà des dévoiements de toutes sortes, de ceux qui ont émaillé la gestion de Radio France depuis tant d'années maintenant...

Attendons donc les suite de cette grève à Radio France, dans un combat unique et si légitime contre les dégâts offerts par la puissance publique quand elle se fourvoit avec le pire ! Et dont souffrent aujourd'hui tous les précaires et tous les intermittents du spectacle, dans ce pays !

Une France en voie d'extinction, dans une certaine indifférence générale ! L'intelligence, l'art, la culture, la réflexion intellectuelle sur les nouvelles formes de pouvoir politique autoritaire, tout cela aux oubliettes: quelle tristesse !

Deuxième détail. De tous ceux à qui j'ai envoyé ce week-end une copie de l'article d'Edwy Plenel, sur le livre de Roberto Scarpinato, Le Retour du Prince, récemment réedité, à propos de la question de la corruption, et de ce système mafieux diffusé mondialement, et qui maintenant ruine toutes nos institutions de l'intérieur, avec le soutien d'une nébuleuse d'extrême-droite de la population...., donc de tous ceux à qui je l'ai adressé: une seule personne a eu le courage d'y répondre, en me remerciant de l'envoi !

D'où il convient de souligner. Qu'à l'heure où j'écris ces lignes, la majorité de ceux à qui cet article a été envoyé, et qui se réunissent dans le superbe immeuble vitré de l'EHESS, rue de France, pour un nouveau débat, dans le cadre des "Midis du Brésil", animé par Mônica Schpun et le CRBC, sont donc indifférents à cette question qui concerne bien évidemment, et également, ces phénomènes si prégnants dans le Brésil d'aujourd'hui: la corruption ! Une poignée de gens, il faut bien le dire... Mais tout de même.  Cela annulerait-il leur réelle responsabilité politique ?

Toutes ces formes de corruption sont largement passées sous silence par des chercheurs et universitaires contemporains, plus enclins à regarder exclusivement du côté de la période coloniale au Brésil, et d'ailleurs, sans bien en tirer les conséquences qui s'imposeraient sur les nouvelles formes d'esclavage dans le monde contemporain...

Fonctionnant eux-même à l'image de ces "condomínios" brésiliens où les riches ont trouvé refuge depuis si longtemps au Brésil, enfermés derrière des murs infranchissables, là d'où les "pauvres", les "démunis", les "sans-terre" ne pourront jamais rien déstabiliser, dans leurs forteresses, de leurs pouvoirs abusifs et prépotents... Les nouveaux maîtres du monde, en somme: cachés dans leurs bunkers contemporains ? 

A cela, j'ajouterai un détail personnel, en rapport avec un récent billet mien publié sur les liens du monde militaire, de l'extrême-droite et d'internet, à propos de la Cyberattaque sur TV5 Monde, la semaine dernière. Où l'on apprend, finalement et explicitement, pour tous ceux qui l'ont dénié tant d'années ( qu'ils prennent en pleine gueule l'obscénité de leur silence complice!), que rien de ce qui se passe en France actuellement n'est organisé de l'extérieur, mais bien de l'intérieur du pays, ou de l'intérieur de nos institutions, de nos entreprises, etc...

A ne pas avoir voulu entendre, pendant plus de dix ans, les dégradations et l'effondrement quotidien dont souffrait ce pays, en entendant chaque matin à la Radio (France) les mesures prises par le gouvernement Sarkozy contre tout ce qui faisait le socle de l'Etat Français, donc de la République - en LA  vendant jour après jour, à la découpe, au secteur privé, amplement compromis avec les mafias, donc le terrorisme et le monde criminel de la drogue et autres, nous vivons aujourd'hui les répercussions tangibles, et logiquement attendues, de ces politiques d'extrême-droite menées si longtemps dans un silence complice et généralisé !

Ce pays a d'abord été attaqué, détruit, démembré par l'équipe Sarkozy elle-même, aidés de tous les sbires et tyrans du monde entier ! D'abord à l'intérieur de ce pays: police et militaires d'extrême-droite inclus ! Parfois eux-même placés à la tête des entrepises françaises privatisées, avec leurs lots de services externalisés....

Que pouvions attendre d'autre que les conséquences de ces politiques dévoyées contre la République Française, mises en place tant d'années dans le silence général ? Il fallait être cyniques pour ne pas le voir ! Il faudrait être bien imbéciles pour ne pas le reconnaître aujourd'hui ! Combien, à gauche, n'ont-ils pas participé à toutes ces fariboles obscènes, en en reprenant le flambeau depuis plus de deux ans ?....  

Exemple. Dans mon quartier, les militaires qui avaient leur caserne, à Reuilly Diderot, ont récemment cédé la place au Cirque Romanoff ! Superbe initiative de la Mairie du 12e ! Mais qui cache toutefois que, pendant les dix années précédentes où certains d'entre nous vivions non loin, nous avons donc vécus sous la pression d'une police, mais aussi de militaires, tous associés à l'extrême-droite et ses corréligionaires chez les barbouzes, dans le quartier, et qui avaient droit de cité global sur nos vies, anciennement libres, dans notre ex-régime démocratique ! Me fais-je bien entendre ?

Et où était la gauche ces dix années-là, pour nous soutenir ? Au lieu de se cacher derrière la commune d'Aligre, pour faire avaler les couleuvres d'un commissaire de police qui, parallèlement à son soutien à RESF, "sa couverture officielle", facilitait amplement les manips de tous les malfrats et escrocs de la drogue du voisinage ? Double vie de flics-ripoux, finalement soutenus par la gaucne locale !!! Séduisant, n'est-ce-pas ? 

Résumé. A l'heure où tous nous pourrions faire savoir notre répulsion, mais aussi notre résistance officielle, vis-à-vis de toutes les formes de corruption installées au coeur des pouvoirs régaliens de l'Etat, mais aussi au coeur de toutes les institutions, notamment universitaire ou scolaire, etc...Y'a personne pour s'y associer dans le monde universitaire brésilien de Paris !

Quel silence pesant...Silence du type de celui que j'avais déjà dénoncé, et appelé il y a un certain temps: "l'obscénité du silence", qui rappelle dans sa forme, combien les riches et donc puissants, au Brésil, savent parfaitement s'enfermer, inatteignables, dans des "condomínios"( résidences privées fermées), où le lien à l'Autre a été totalement supprimé !  Un monde en vase clos, qui ressemble fort à la politique actuelle des dits universitaires brésilianistes parisiens ! Sauf à y être co-opté selon des critères qui me sont restés, jusqu'à ce jour, inconnus ???

D'autre part, que ce silence ne doit pas être sans lien avec la présence de militaires brésiliens en France, nommément à Toulon, depuis déjà, paraît-il,  un certain nombre d'années, d'après ce que l'on peut en apprendre, maintenant....

Conclusion. Qu'il est loin mon pays.... ( Nougaro)

Qu'il est loin le temps où à Paris les exilés latino-américains, heureux d'être accueillis ici et de s'associer aux formes locales de résistance politique - toujours nécessaires pour maintenir la vivacité des démoraties contemporaines - qu'il est loin donc le temps où dans les alliances, multiples et diversifiées, franco-brésiliennes dominaient la clairvoyance et le courage de se maintenir au-dessus des intérêts exclusivement corporatistes ou individuels, pour également faire front commun avec tous les démocrates,... alors qu'ils sont devenus aujourd'hui, pour la plupart, des universitaires "planqués" ! Avec les privilèges qui vont avec: celles des oligarchies financières...

Oui, j'insiste: planqués et bien nourris, grâce aux multiples bourses d'études, venant de toutes parts ( CAPS- Brésil et compagnie), qui vraiment les font taire sur le présent, au profit d'un passé étudié en long et en large, dans cette forme d'historicisme dépassé et finalement abscon !

C'est assez ppour résumer aujourd'hui: les formes de l'obscénité contemporaine telles que décrites avec tant de perspicacité dans l'ouvrage de roberto Scarpinato !

A bientôt.

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