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Billet de blog 18 janv. 2022

Psychanalyse, Histoire et Réel...

Bientôt du nouveau sur l'Histoire contemporaine, celle du XXe siècle et XXIe siècle, abordée sous l'angle du rapport du Réel et de l'Histoire, à partir de ce que dévoile la psychanalyse sur le Réel, un certain réel... Nous parlerons de trois femmes, sur trois générations qui ont eu affaire à des internements abusifs, effectués chacun par la police française...

Marie Christine GIUST
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce sera l'occasion de tenter de revoir le rôle direct de la Police française  dans la maltraitance des femmes. Et comment elle a pu, cette police, jouer d'abus de pouvoir au coeur des années 45/50, et les dégâts qui en ont résultés du fait de ne jamais avoir pu être dévoilé ni dits: aussi bien les procédures violentes de soustraction de personnes à leur domicile, que ce qui n'a pu se transmettre par des signifiants restés forclos quasiment sur trois générations ... et qui soudain réapparaissent, les signifiants-maîtres, d'une histoire familiale qui va prendre place maintenant, et progressivement, pour la rejoindre, dans la grande Histoire...

Un grand-tante, enseignante à Paris dans le XIe arrondissement, non loin de son domicile Boulevard Voltaire, qui, après avoir fui en Normandie au moment de 1940, a préféré rentrer sur Paris, probablement en désaccord avec le reste de sa famille. Et dont la seule chose que je sache d'elle, c'est qu'elle a fini dans ... une maison de retraite ou un hôpital, psy peut-être...

On racontait dans la famille que cette femme, Odette ( la pauvre, celle qui paye la dette pour les autres ...) avait deux soeurs. Elles vivaient toutes trois avec leurs parents dans l'Est de la France. Leur père était imprimeur, et peut-être maire de la ville, et Odette qui était la troisième, si je ne me trompe, avait été mise à sa naissance dans la devanture de l'imprimerie car son père voulait s'en débarrasser...

Où l'on verra comment, dans la succession des générations, ces messieurs faisaient et font encore parfois bien peu de cas de ces dames !

Facile de s'en débarrasser: il y a toujours eu les hospices pour cela... Et Dieu sait si ces messieurs ne se sont pas privés au cours de l'Histoire pour y "envoyer" leurs femmes, ou ex- et jouir tranquillement, si l'on peurt se permettre de le dire, de refaire leur vie à pas cher !!!

Quand cela n'a plus été les maris, la police a pris la suite. Surtout à partir de 40, je veux dire 1940 !

Deuxième épisode. Génération de ma mère qui fût élevée justement par la tante Odette, car sa propre mère, malade lors de la naissance de ma mère, l'avait "confiée" d'abord à des "gouvernantes" ou je ne sais pas qui, et puis finalement, c'est la tante jamais mariée qui a récupéré la jeune Nicole, ma mère, pour l'associer très tôt à l'école de quartier où elle enseignait.

( Je pense que je vais faire avec cette histoire, les délices des psys qui vont se jeter dessus pour savoir dans quelle case me placer, côté pile ou côté face ! Je veux dire ni à droite, ni à gauche, mais au milieu: comprenne qui pourra !)

Donc ma mère. Son sixième enfant: moi, Marie Christine.

Mais oh, désespoir, alors que la famille, et les ascendants ont toujours circulé entre Paris et la Normandie. Il y avait quelques problèmes de logement autour de l'époque de ma naissance. Conclusion: et de ce que j'en sais: Ma mère déménagea à la veille de ma naissance, alors qu'elle avait seule la charge de 5 autres jeunes enfants. Et là: c'est pas dans la vitrine qu'elle s'est retrouvée, mais à l'hosto: HP ! 

La traditionnelle psychose puerpérale ( on n'en entend plus jamais parler, mais ce diagnostic eût ces heures de gloire, tout comme la PMD, soit la psychose maniaco-dépressive) dont elle fût diagnostiquée par qui ? Personne ne le sait. La fit se retrouver à l'hosto et moi à la DASS, qui à l'époque n'avait pas de double D. Par le truchement d'une police nationale régionale à Ouistreham ! Tiens, tiens ...

La maison maternelle se trouvait dans la même cour qu'un bâtiment de la police. 

Ni vu, ni connu, j't'embrouille. Et voilà que nous avions toutes deux "disparues de la circulation" !

Alors un point de précision maintenant sur ce qui caractérise la psychose et le signifiant forclos du Nom-du-Père.

Au regard des dix dernières années que ma mère a vécu à Caen, encerclée, enfermée dans un réseau de soins médicaux à domicile, où seuls des films policiers lui étaient autorisés et où progressivement on lui a tout retiré: la musique, la radio, les livres, les lunettes, etc, ah oui, le dentier..., et cela, à chaque fois en devançant des troubles possibles et en refusant de lui conserver toutes formes de lien qui l'auraient maintenue vivante, dynamique, pensante, jouissante aussi de l'art musical, par exemple,...

Au regard de cette nuisance quotidienne qu'il m'a fallu supporter dix ans car, allez savoir pourquoi, c'était déjà ou encore la police qui avait la main sur sa Maison mais aussi sur sa personne ( j'ai déjà décrit comment laisser une femme seule dans une grande maison, avec comme seul lien, "une laisse" pour alerter des pompiers, me semblait tellement inhumain que... mais la fratrie ne l'entendait pas comme ça ! ), il ressort que la police est toujours "en embuscade" dans cette histoire familiale ! Sgloubb ???

Quel intérêt ? quelles raisons ??? Et mille autres questions qui vont toujours reposer celle, centrale, de leur abus de fonction ou de pouvoir !

Alors maintenant, ce signifiant-maître: la police !

Parenthèse. au cours des nombreuses années où j'ai effectué des allers-et-retours au Brésil pour y retrouver mon compagnon, et même mari ( oui, oui ), il y avait une chose que je trouvais étrange, sans lui avoir donner suffisamment d'importance: ma mère me signalait régulièrement ou voulait me faire savoir quelque chose en lien avec la police !

Est-ce elle ou est-ce moi qui ne voulait pas entendre ??? 

Toujours est-il que ce signifiant a circulé entre nous, à partir de la fin des années 80, puis a disparu !

Rappeler tout de même que c'est la police qui nous avait fait disparaître toutes deux: à ma naissance donc l'accouchement de ma mère !

Tiens je pense à Christine Angot. Et comment on fait par écrire une histoire qui rejoint la grande.

Au regard des dix dernières années que je viens de vivre, pourchassée, traquée, persécutée, passée, etc lynchée... par la police et ses sbires, dans mon immeuble, la question ne pouvait pas ne pas remonter à la surface:

qu'a donc la police à se mêler de ce qui ne la regarde pas ? Ou du moins, une certain police !

Et comme ma naissance a eu lieu à Riva Bella en 1951, qui dépendait de la ville de Ouistreham, dans cette région de débarquement qui avait dû aussi connaître tout ce que de pire avait pu charrier la permanence dans la région de troupes d'occupation allemande, avec le soutien de la police de Vichy, il n'est certainement inutile de faire certains liens ou du moins de s'interroger et de se questionner sur cette façon dont cette police s'est retrouvée prise au milieu de mon histoire comme un camélia au milieu: mais certainement pas ni pour me protéger, ni pour me faire justice, mais tout le contraire...

Alors il me revient que ma mère chercha parfois, à partir de année 90 à me dire quelque chose, un secret, quelque chose qu'elle n'est jamais arrivée à me dire ... Et plus tard, je me souviens de ses grands moments d'angoisse qu'aujourd'hui je pourrais interpréter avec l'orientation lacanienne comme: ce manque du manque que signe comme affect l'angoisse inopinée, cet objet a en trop !

Et bien, l'objet a en trop dans ma vie récente: ce fût la police et ses sbires !

Des femmes qui toutes sur trois générations disparaissent ou pourraient disparaître si je n'y avais pas mis la gomme pour faire entendre l'intensité de l'obscénité qui a été celle que j'ai vécu, à mon corps défendant, ces dix dernières années, et qui n'est certainement pas sans rapport avec des questions très concrètes et matérielles de logement, d'habitation, et de soustraction à son propre logement !

Cela m'a tellement et toujours rappelé la pratique de la police de Vichy pendant la 2e guerre mondiale, où ils chassaient les français juifs de leur maison pour les emmener dans les camps d'extermination, que je n'en ai jamais accepté l'oracle !

Pour ce qui est de ce qui articule: violence aux personnes, mais spécifiquement violences aux femmes, par la voie des forces de l'ordre abusant de leurs prérogatives: trois générations de femmes sont ici impliquées.

C'est sûr que, pour ce faire, il y faut en générale, il a fallu, d'autres femmes qui, elles, agents féminins des collaborateurs du nazinsme, fassent relai et facilitent cette somme d'exactions et de violences !

Nous y sommes ...

Bientôt une autre suite: celle qui va de Paris, en Normandie, de Normandie à Courseulles, de Caen à Fréjus, de Paris à Toulouse, pour se faire un petit Tour de France, à pas cher, en plein confinement, qui ne sera peut-être pas inutile pour dévoiler d'autres turpitudes, celles qui peuvent associer ce type de violences à des intérêts financiers bien particuliers relevant de domaine immobilier..

Un avant goût: près de Ouistreham se trouve un pont appelé Pegasus: tiens donc !

A Fréjus, du temps que mon père y habitait, il y avait deux caractéristiques: une superbe marina, et sur les hauteurs, une propriété entourée de très hauts murs, ceux de la maison de Léotard, l'ex-ministre de .....

A Paris, moi, dans mon minable HLM ! On y reviendra pas. Mais pas sans la police à côté, pour ne pas dire au c... tant d'années: j'ai même souvent posé cette question: pourquoi me suivre, et ne pas plutôt suivre les trafiquants ??? A vous de répondre !

Mais, pendant 15 ans, modestement, je me suis acheté un appartement à Toulouse. Je vous raconterais pourquoi je ne le possède plus !

Entre temps en 2012, il y eût l'affaire Mérah !

Et là tout s'est compliqué: le changement de nom des syndics à Toulouse, etc ...Mais surtout la proximité de la police locale avec le syndic immobilier...

Je lâche le morceau ?

Je suis persuadée, et j'ai des preuves que mon appartement, loué jusqu'à 'été 2012 ( où par précaution j'ai dû l'interrompre) avait été occupé par des locataires qui ont fait partie du réseau Mérah et Cie. Mais plus: sous la protection de la police du coin !

sinon chers mais, il ne me serait pas arrivée autant de si graves problèmes, pendant plus de dix ans... pendant lesquels tout a été fait pour me virer, me saccager, mer démoraliser, me faire disparaître car l'enjeu, vous entendez bien, l'enjeu c'était: protéger la police de là-bas ou d'ici de leur complicité, d'une part avec les trafiquants et finalement avec les terroristes !

je rappelle la scène totalement ubuesque d'unies, Mérah, passant toute nuit sous les yeux de la police mais aussi sous le regard de nous spectateurs à la télévision: sortant et entrant d'une cabine téléphonique, sans que la police n'intervienne, alors, que le lendemain...

Au regard de tout ce que l'Histoire nationale nous a pris de tous les acteurs impliqués dans les sujets évoqués ici: je crois qu'il ne fait aucun doute sur ce que j'énonce !

Bonne soirée...

A bientôt, le prochain épisode... si les ... ne m'ont pas mangé !

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