Marie Christine GIUST

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Billet de blog 22 juillet 2015

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Intermezzo per tutti gli amanti del Meditterraneo e le sue musiche !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Un intermède plus personnel pour préparer le Paris quartier d'été (3) de demain. Une cerise sur le gâteau, en somme !

L'histoire de mon goût pour les langues et de leur lien à mon enfance, évidemment ...

Dans l'ordre: à peine née, je me suis retrouvée à la DASS: j'ai toujours pensé que ça m'avait donné le goût des langues, car impossible là-bas de s'en tenir à une seule "lalangue"! chaque instant, une sonorité de voix différente. Ca donne des forces pour résister au pire, et un goût acharné pour la poétique déclinée en toutes ses langues...

Et pui, il s'est trouvé que dans mon enfance, une femme qui a compté beaucoup, à défaut d'avoir grand-père ou grand-mère proche de moi, fût une femme qui s'appellait Alicia, une femme portugaise que j'ai beaucoup aimé et qui me le rendait bien,...

Chaque année, elle allait passer quelques mois d'été au Portugal, dans le Nord dont elle était originaire, Trás-Os-Montes, elle qui avait traversé comme nombre de ses " conterrâneos" les frontières jusqu'en France, à pieds, au début des années 60, fuyant le régime Salazar, à la recherche d'un travail susceptible de subvenir aux besoins les plus élémentaires, dont le droit de manger à sa faim...

Elle resta pour moi toute ma jeunesse Alice au Pays des Merveilles: une femme simple et pleine de bons sens, d'une gentillesse et délicatesse sans pareils: des gens comme on n'en fait plus aujourd'hui, presque nulle part sur terre !!!

A son retour en septembre, elle avait toujours plein de cadeaux pour nous: de belles couvertures en laine, etc...

Et puis il y avait aussi, dans mon enfance, une femme absente dont je ne comprenais pas la raison, c'était ma grand-mère paternelle, Giovanna, une italienne dont j'ai récemment parlée. Elle, du coup, je pouvais seulement me l'imaginer ( beaucoup plus tard: traversant avec mon grand-père la frontière italienne, du Trentino vers les Alpes françaises, au début des années 1910, au sortir de la première guerre mondiale, pour venir s'installer sur une terre plus accueillante, et participer à la reconstruction d'un pays dévasté...comme charpentier ! en passant par Laon, pour finir sur la côte normande, dans le lieu dit qui me vit naître, près de Ouistreham, en Normandie, et s'appelle toujours Riva Bella !

Elle, Giovanna, venait du Nord de l'Italie, frontière avec l'Autriche. Mon grand-père, Giovanni, lui venait d'une fmille de Trieste. Et ses frères à lui ont émigré en Argentine, à l'époque où lui venait en France...

Giovanna, elle, s'appelait Giovanna Grego. Ca ne s'invente pas ! Elle avait vraiment le visage d'une vieille grecque: visage buriné des femmes des îles, toujours habillées en noir ! Une corne de ma lignée venait donc de Grèce: et c'est pour ça, probablement, que mon sang n'a fait qu'un tour pour soutenir tous ces grecs, mes "conterrânoes" qui vivent depuis si longtemps sous les griffes des fianciers les plus cyniques, affamant un peuple rendu à une humiliation quotidienne, celle de faire croire au reste du monde que ces gens ne sot que des paresseux: un comble !!!

Enfin. Mieux vaut faire silence, meilleure façon de leur rendre hommage, à tout le peuple grec ainsi qu'à Alexis Tsipras qui, s'il a fait des fautes, et alors qui n'en fait pas ?, s'est battu comme un lion des mois et des années, alors que l'ensemble de l'Europe dormait d'un sommeil trompeur et dangereux !

Donc hommage à mes " racines culturelles et linguistiques multiples". Et ce soir, grâce à France Musique: hommage à la Musique Napolitaine et ses plus belles tarentelles !

Buona sera...

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