Radio Libertaire, samedi 28 mars, une journée entière au service de Radio France, et un document historique parlé pour rappeler ce qu’était l’excellence d’un service public bien compris…
Et si, comme le dit Amnistie Internationale ce matin, la Russie est en train de se fermer totalement à la liberté d’expression (comme la belle France héritée de Sarkozy et de ses tueurs VIP), le processus s’est déroulé sur une bonne dizaine d’années pour obtenir ce résultat apparemment sorti de nulle part…
Peut-être aurait-il fallu y être attentif plus tôt !
Le dernier bastion français, non seulement de la liberté d’expression audiovisuelle mais aussi de l’excellence et de la finesse artistique, comme à France Musique, et de tout le réseau France Culture, etc. d’informations cherchant à rendre compte, sans novlangue, et au plus près des questions politiques actuelles, de la situation aussi bien nationale qu’internationale, vient de tomber depuis maintenant une bonne semaine, le 19 mars, avec la suppression par la direction de Mathieu Galley de deux concerts de l’orchestre symphonique, qui eurent finalement lieu dans le Hall de la Maison Ronde…
D’entrée de jeu : une grève mémorable dont seule Radio Libertaire a été en mesure, et s’est fait un devoir, de rendre compte toute la journée du 28 mars, avec moults reportages en direct des assemblées générales dans la Maison Ronde, des témoignages et des interviews des différents catégories professionnelles du personnel…
Enfin, des voix humaines (les dernières ?) pour énoncer clairement de quoi était fait le tissu du service public, et sa chaîne en réseau de solidarités humaines, tous corps confondus, surtout devant cette novlangue d’une réalité financière unique, seul et unique horizon prétendu, décrite et déconstruite toute la journée, et montrant comment la France s’est laissé piéger depuis tant d’années maintenant par les tenants du pire économiste ultra-libéral, un certain Friedman : celui qui inspira en son temps Pinochet, Thatcher et Reagan !
Quel beau modèle économique et humain !!!
En somme : une merveille d’intelligence et un vrai travail journalistique, celui de Radio Libertaire, tout au long de cette journée, qui, « sans se la jouer » et au finish, restera comme un document radiophonique historique et exemplaire, et peut-être le dernier - sur ce qu’était la caractéristique française de service public !
Un corps professionnel composite et solidaire, soutenu par un Etat républicain, qui ainsi permettait à ses acteurs, toutes disciplines confondues, de déployer en toute liberté l’excellence de leurs qualités intellectuelles, artistiques et humaines…
Un exemple unique au monde, La Maison de la Radio ( et que beaucoup écoutaient de par le monde !), qui nous faisait progresser au jour le jour dans la connaissance ainsi que dans la découverte de notre humanité, par la diffusion, non seulement d’informations exigeantes, mais l’accompagnement quotidien à notre formation à l’intelligence critique, à l’esprit curieux de tout et aux réflexions nécessaires – qu’elles soient philosophiques, psychanalytiques, anthropologiques, etc… sur ce que veut l’homme, aujourd’hui, et quel monde il veut construire pour demain.
Vaste programme face aux forces de destruction et pulsions de mort incomparables qui agissent pour défaire un modèle républicain français, et nous aligner au pire du modèle américain des puritains néo-libéraux, alors que celui-ci avait toutes ses chances de réussite, il l’a démontré… sauf à ne pas y trouver son « compte financier », parmi les plus avides et mercantiles de ce monde guerrier et d’escrocs, ce monde de tueurs !
Détail. Ceux qui savent que le BTP international fonctionne le plus souvent avec la main-d’œuvre sous-traitée et esclave des migrants de toutes nationalités, en dérive sur les continents, savent aussi combien il défigure aussi bien nos villes que nos campagnes, et ceci depuis déjà bien longtemps. Et qu’il a partie liée avec la haute pègre, et les systèmes de corruption les plus sophistiqués – faisant partout au monde la richesse des pires escrocs !
L’exemple de ce dont ont été capables de faire les « empreiteiras » à Barra da Tijuca, à la périphérie de Rio de Janeiro (!!!) et ensuite en bien d’autres lieux, en est l’exemple le plus emblématique des années 90 !
Comment ne pas noter que ce secteur du BTP, aujourd’hui considéré comme l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois ouvriers - constitue bien plutôt une entreprise internationale de destruction de notre humanité, comme via les super stades de foot du monde entier qui ne servent plus à rien du tout une fois la démagogie et l’obscénité footballistique « pour le pain et les jeux », passées.
Qui comprend cela doit être capable de lire et décrypter au quotidien les travaux des villes…
Et la Maison de la Radio, comme l’ont rappelé certains sur Radio Libertaire, vivait en travaux depuis dix ans (obligeant à une lutte de survie psychique quotidienne), et a été l’objet-cible de cette destruction systématique, sur plus de dix ans, obligeant les professionnels à se tordre et plier à toutes les « soi-disant » exigences des travaux entrepris…
Travaux qui, en fait, n’ont eu pour but final que, au finish, de détruire un modèle radiophonique, pour lui substituer maintenant un Hall de VIP, avec défilés de mannequins, location des salles pour VIP, etc… comme ça a déjà été fait pour toutes les anciennes grandes fondations culturelles parisiennes (Fundação Gulbenkian avant de s’expatrier, etc.), mais aussi les grandes universités françaises, comme la Sorbonne qui en est devenu le paradigme, recevant aussi bien comme à Paris I toutes les banques nationales pour de soi-disant séances d’ «embauche » (février2015) , ou encore plus récemment : c’est l’Oréal qui était à l’affiche de l’entrée d’honneur de l’Université de la Sorbonne, donnant sur la Rue des Ecoles !
Que des détails, qui parlent tout seuls, d’une entreprise globale de démolition du modèle de service public, totalement détruit, par exemple, par les acteurs du BTP, et leurs soutiens dans les banques…
Note. Radio Libertaire a fait savoir qu’il tiendrait à la disposition des intéressés les documents exceptionnels enregistrés des débats et discussions en cours à la Maison de la Radio… On y découvre Mathieu Galley en réel et simple VIP : quelle décadence !
Relire : les premières pages d’Adorno et Horkheimer dans La Dialectique de la Raison : un réel bonheur !