Le concept d' aliénation parentale vient-malheureusement- de trouver une officialisation grâce à l' émission de Carole Gaesler, le 7 Décembre 2010 sur la 5 "Parents déchirés, enfant otage".

Ce qui est grave , c' est qu'il n' y a eu aucun contradictoire , le syndrôme a été présenté comme une réalité et un acquis victimologique. De plus, et cette attitude est d' inspiration perverse, il a été déploré que les psys, les magistrats, et les avocats ne soient pas mieux informés de l' existence de ce concept. La raison en est que la très grande majorité des spécialistes de l'enfance remet en cause cette "création de toute pièce"- sans études ni recherches classiques- qui est l' oeuvre d' un professionnel poursuivi pour inceste et qui est utilisée effectivement comme un arme de guerre pour dévaloriser la parole de l'enfant et nier sa capacité à exprimer son mal être ( qui n' existe pas , c' est le parent aliénant qui l'induit)

 

Il a été dénoncé par l' ensemble des spécialistes de l' enfance, les psychologues et les pédopsychiatres( le Docteur Ben Soussan n' est ni l'un ni l' autre) dans leur mission d' expertise ou sur le terrain, comme processus anti-victimaire, selon l' expression du Docteur Gérard Lopez, victimologue et Expert, étant utilisé à l'encontre des enfants victimes d' inceste que l'on décrète, aliénés par la mère ( plus rarement par le père).

Il s' est aujourd' hui généralisé, ce qui lui donne une caution pour l' objectif premier concernant les abus sexuels.

 

Il représente une régression désastreuse concernant la prise en compte de la parole de l'enfant et cela de manière générale. Je laisse de côté les abus sexuels pour ma démonstration.

J' exerce en libéral depuis plus de 20ans, après avoit travaillé 10 ans en pédopsychiatrie. Il ne se passe pas une semaine sans que plusieurs enfants me soient amenés dans des contextes de divorce. Les deux parents lorsqu' ils partagent l' autorité parentale sont reçus ensemble ou séparément.

Le constat est le suivant : même lorsque le divorce n' est pas conflictuel, il arrive très fréquemment que l'enfant jeune , très déstabilisé, mais aussi le pré adolescent, refuse d' aller chez le parent "qui est parti "...L' enfant qui s' est senti abandonné est dans la panique de voir disparaitre, s' il le quitte pour un Week End, celui ou celle qui a été son pilier de sécurité ...L' adolescent est lui ou elle , bien souvent dans le rejet du parent qui a fait souffrir celui qui est abandonné...etc ..il y a encore d' autres motivations mais je fais court.

Et chaque semaine nous travaillons avec plusieurs familles se trouvant dans cette configuration là, pour trouver les stratégies

d' apaisement pour l'enfant qui souffre ....et qui n' est pas" aliéné"... sa souffrance n' est pas induite, car il est un être à part entière !

 

Lorsque le divorce a été conflictuel, quand l' enfant a assisté à des scènes de violence verbale et/ou physique il est encore plus terrorisé de quitter son parent de sécurité ...

Lorsque le père ou la mère qui n' a pas l' enfant en garde, est alcoolique ( ou atteint d' une grave maladie )...le travail est a forciori, encore plus difficile ...les mères qui ont divorcé parce que cette dépendance ou une autre, créait de la violence, doivent accepter que leur enfant parte en voiture avec un père alcoolisée , sous peine d' être mises en examen pour non représentation d 'enfants ...et même si elles voient l' enfant partir à moto, elles doivent rester neutres et sereines ...et nous devons accompagner cela, au péril de la vie de l'enfant.

Il va de soi que dans ce type de contexte, l'enfant partage les peurs de sa mère ...est-il pour autant aliéné par elle ????

Les cas où l'enfant est réellement manipulé par un parent pathologique ou pervers sont rares, et ils sont aisément décelés sans que l'on ait besoin d' avoir recours à un " syndrôme" dit d' aliénation parentale...

 

La conclusion est la suivante: aujour d'hui le "droit" du parent, donc de l' adulte, est supérieur à l'intérêt de l'enfant ......et la création du syndrôme d' aliénation parentale met un terme définitif à la réalité de la souffrance de l'enfant, en tant qu' être à part entière. L' enfant est considéré comme un robot, programmé par les adultes. Cette théorie néo-psy sera complétée plus tard, quand il sera adolescent, par la théorie " des faux souvenirs" pour expliquer qu' il ne peut vraiment pas penser par lui-même et verrouiller ainsi toute révélation personnelle.

 

NB Rappelons que les faux souvenirs ( en dehors de séquences concernant des mots) ne peuvent être induits que si le sujet a ingéré un neuroleptique ou lorsqu' il est entouré au quotidien, par un groupe sectaire qui utilise l' isolement, l' épuisement; la privation sensorielle , la privation de sommeil et de nourriture, la programmation de litanies etc....c' est facile à repérer ...pas besoin du concept d' aliénation parentale là non plus.

 

 

 

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Tous les commentaires

Voila un débat qui me semble bien étrange. Tout d'abord un "concept" est condamné, le "syndrome d'aliénation parentale", mais on nous dit jamais de quoi il s'agit exactement ! C'est d'autant plus étrange que cela implique qu'on se renseigne par soi même, et donc aller tirer les vers du nez aux partisants de ladite théorie :

syndrôme d' aliénation parentale

Le syndrome d'aliénation parentale, ou S.A.P., est l'embrigadement et/ou la manipulation d'un enfant ou d'une fratrie par un parent contre l'autre, au moment ou après une séparation conflictuelle et a souvent des conséquences irréversibles chez l'enfant. Il se traduit pas huit symptômes caractéristiques que présente l'enfant "aliéné" par le parent "aliénant", dont le profil psychopathologique se rapproche des dépressions et des états limites et qui confond les enjeux émotionnels du lien parental et ceux du lien conjugal. Reconnu dans les pays de l'Europe du Nord comme une maltraitance familiale avérée et pénalement condamnable, ce phénomène est lié, selon les auteurs, à des facteurs de la modernité ayant créé une vulnérabilité accrue de la structure psychologique de la famille moderne, parmi lesquels les recompositions familiales, le déclin de la fonction paternelle ou l'attaque juridico médiatique qu'elle a subie, et la surdétermination accordée aux vécus des victimes. Ce phénomène est encore mal détecté en France, détruit l'équilibre psychique de milliers d'enfants et de parents, et constitue une menace sérieuse à l'institution familiale.

La question qui se pose alors c'est : est ce que des cas d'embrigadements peuvent être ainsi constatés, et quelles sont alors les conséquences psychologiques pour l'enfant (ou la fratrie) ? Il me semble bien que c'est le cas dans quelques affaires retentissantes, ou Outreau n'est qu'un exemple parmis tant d'autres.

Cela pose la question de la "parole de l'enfant". En fait, ça pose la question du "témoignage" dans son ensemble. Jusqu'a une date assez raprochée, on a tenu aucun compte de la parole de l'enfant, qui n'était considéré que comme une "chose". Depuis la période contemporaine, on a réhabilité ladite parole. Le maitre mot de Françoise Dolto "L'enfant est une personne" a été un instant extrémement fort de cette réhabilitation. Mais je crois qu'on est pas allé assez loin dans cette direction. On a substitué a une situation ou la parole de l'enfant n'avait aucune valeur une situation ou la parole de l'enfant a valeur d'évangile. C'est ainsi qu'on a condamné des péres "pédophiles" quand ils s'étaient retrouvés "homosexuels" sur le tard, et que leur compagne n'a pas supporté et fait peser sur l'enfant toute la violence d'une dénonciation que l'enfant savait pourtant fausse... J'ai connu un cas comme ça (en fait j'ai discuté avec un jeune adulte qui avait eu enfant ce vécu) et je pense que ce "concept" tel qu'il est présenté correspond bien a ce cas...