Justice pour les experts d’Outreau

Je vous livre ici un aperçu de mon  article publié sur le site Village de la Justice et donc validé par ce site essentiellement dédié aux magsitrats, aux avocats et aux experts judiciaires.Dix ans après l’affaire d’Outreau, les experts psychologues des enfants, dont je fais partie, sont encore sur la sellette, notamment lorsque deux articles récents, celui du Figaro et Nice-Matin laissent croire que nous serions responsables du blocage de l’évolution de l’indécente rémunération des psychologues-experts, alors qu’en réalité, l’on déplore l’indignité de nos tarifications depuis près de 40 ans. Force est de constater que ce discrédit perdure à cause des réactivations régulières et sans pédagogie des contre-vérités et caricatures utilisées stratégiquement par les avocats de la Défense durant les procès d’Outreau.Comment ce discrédit peut-il être fondé eu égard aux verdicts de ces mêmes procès alors que 12 enfants dont nous avons validé la parole et le traumatisme, ont été reconnus par la Justice victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme [1] ? Il s’avère indispensable de clarifier les données relevant des expertises afin de lever au moins une petite partie de cette forme d’obscurantisme qui s’est abattu sur cet événement dramatique qui a déstabilisé la Justice et toute la société. On peut espérer que le lecteur fera ensuite la démarche de se ré-informer sur cette affaire dont la contradictoire n’a jamais été relayé par les médias.La ré-information sur l’affaire qui a démarré avec la publication en 2009 de mon ouvrage « Outreau la vérité abusée », a pourtant permis l’investissement de deux grands journalistes d’investigation avec la réalisation du film documentaire « Outreau l’autre vérité » en 2013 de Serge Garde [2] et la contre-enquête de Jacques Thomet [3] la même année - et rien à faire, le mal persiste, la désinformation condamne toujours les experts. Je prendrai donc un style plus direct pour démentir les topiques - issus d’une rhétorique perverse - qui ont le mieux fonctionné au plan des reprises médiatiques :- NON : il ne se s’agissait pas des expertises des enfants d’Outreau quand le Professeur Jean-Luc Viaux a évoqué des expertises de femmes de ménage (cf Hors contexte).- NON : je n’étais pas à la tête d’une association de Défense des enfants et je n’y ai pas suivi en thérapie les enfants d’Outreau que j’avais expertisés, je n' étais donc pas en conflit d'intérêt. (cf Contre-vérités).- Non : je n’ai pas été disqualifiée en encore moins récusée par le Président des Assises durant le procès de Saint Omer (cf contre-vérités).- NON : nous n’avons pas accrédité aveuglément les dires des enfants prétendument imaginaires. Non je n’utilisais pas la « méthode du clignement d’Yeux » (Invention de Eric Dupond-Moretti) pour repérer les victimes. Non l’image de « la musaraigne à grosse queue » tirée d’un test proposé par Christine Condamin-Pouvelle, Docteur en Psychologie, n’a pas accrédité les viols des enfants (cf caricatures lamentables).Avant de démontrer la fausseté de ces assertions qui font des experts les boucs émissaires désignés juste après Fabrice Burgaud, je rappellerai le contexte avec une autre perspective qui parle non plus aux émotions mais à la raison :



Je vous livre ici un aperçu de mon  article publié sur le site Village de la Justice et donc validé par ce site essentiellement dédié aux magsitrats, aux avocats et aux experts judiciaires.


Dix ans après l’affaire d’Outreau, les experts psychologues des enfants, dont je fais partie, sont encore sur la sellette, notamment lorsque deux articles récents, celui du Figaro et Nice-Matin laissent croire que nous serions responsables du blocage de l’évolution de l’indécente rémunération des psychologues-experts, alors qu’en réalité, l’on déplore l’indignité de nos tarifications depuis près de 40 ans. Force est de constater que ce discrédit perdure à cause des réactivations régulières et sans pédagogie des contre-vérités et caricatures utilisées stratégiquement par les avocats de la Défense durant les procès d’Outreau.

Comment ce discrédit peut-il être fondé eu égard aux verdicts de ces mêmes procès alors que 12 enfants dont nous avons validé la parole et le traumatisme, ont été reconnus par la Justice victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme [1] ? Il s’avère indispensable de clarifier les données relevant des expertises afin de lever au moins une petite partie de cette forme d’obscurantisme qui s’est abattu sur cet événement dramatique qui a déstabilisé la Justice et toute la société. On peut espérer que le lecteur fera ensuite la démarche de se ré-informer sur cette affaire dont la contradictoire n’a jamais été relayé par les médias.

La ré-information sur l’affaire qui a démarré avec la publication en 2009 de mon ouvrage « Outreau la vérité abusée », a pourtant permis l’investissement de deux grands journalistes d’investigation avec la réalisation du film documentaire « Outreau l’autre vérité » en 2013 de Serge Garde [2] et la contre-enquête de Jacques Thomet [3] la même année - et rien à faire, le mal persiste, la désinformation condamne toujours les experts. Je prendrai donc un style plus direct pour démentir les topiques - issus d’une rhétorique perverse - qui ont le mieux fonctionné au plan des reprises médiatiques :

- NON : il ne se s’agissait pas des expertises des enfants d’Outreau quand le Professeur Jean-Luc Viaux a évoqué des expertises de femmes de ménage (cf Hors contexte).

- NON : je n’étais pas à la tête d’une association de Défense des enfants et je n’y ai pas suivi en thérapie les enfants d’Outreau que j’avais expertisés, je n' étais donc pas en conflit d'intérêt. (cf Contre-vérités).

- Non : je n’ai pas été disqualifiée en encore moins récusée par le Président des Assises durant le procès de Saint Omer (cf contre-vérités).

- NON : nous n’avons pas accrédité aveuglément les dires des enfants prétendument imaginaires. Non je n’utilisais pas la « méthode du clignement d’Yeux » (Invention de Eric Dupond-Moretti) pour repérer les victimes. Non l’image de « la musaraigne à grosse queue » tirée d’un test proposé par Christine Condamin-Pouvelle, Docteur en Psychologie, n’a pas accrédité les viols des enfants (cf caricatures lamentables).

Avant de démontrer la fausseté de ces assertions qui font des experts les boucs émissaires désignés juste après Fabrice Burgaud, je rappellerai le contexte avec une autre perspective qui parle non plus aux émotions mais à la raison :

Rappelons-nous l’emballement médiatique et l’anesthésie traumatique des images passées en boucles des larmes des accusés et qui sont devenues des « pièges à conviction » lors des procès télé-réalité (quand on souffre, on est victime donc on ne peut être coupable). Elles étaient associées ces images à une injonction d’identification « cela peut vous arriver à tous » qui a fait trembler la France entière. Il y a eu très vite notre mise au pilori par la Commission Parlementaire médiatisée au détriment de la commission d’enquête de l’Inspection des Services judiciaire qui nous réhabilitait suite à un travail plus serein et plus objectif de l’examen du dossier.

Le storytelling d’Outreau s’est installé sur le prétendu mensonge des enfants carencés et il prospère dans tous les milieux. Ce qui motive notre résistance sans faille, c’est que ce storytelling d’Outreau qui n’est pas la vérité judiciaire des victimes d’Outreau, a provoqué une régression majeure de la protection des enfants en général et surtout en matière de pédophilie. Le décryptage de ce qui est une véritable mystification se trouve dans mon ouvrage publié en 2009 : "Outreau, la Vérité abusée, 12 enfants reconnus victimes" (Ed. Hugo et cie).

Lire l'article complet sur le site " Village de la justice"

 

[1] Ils étaient 15 lors du verdict des Assises de St-Omer, 3 n’ont pas maintenu en appel dans un contexte non fiable psychologiquement.

[2] http://www.outreau-lefilm.fr/

[3] « Retour à Outreau, contre -enquête sur une manipulation pédo-criminelle » de Jacques Thomet, ex Rédacteur en chef à l’AFP

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