« Il y a des digues qui tombent et il y a urgence à réagir » - Interview Regards

Je vous invite à lire ou à visionner mon interview pour Regards pour parler de la résolution du Parlement européen sur le droit de manifester et l'usage proportionné de la force, mais aussi de la montée de l'extrême droite, les élections européennes en mai prochain ainsi que la situation des migrants en Europe.

La vidéo de l'interiew est disponible sur le site de Regards et sur leur chaîne YouTube.

La députée européenne de la GUE/NGL, Marie-Christine Vergiat, à l’initiative au Parlement européen d’une résolution pour un usage proportionné de la force et le droit de manifester en France, revient sur les événements du weekend, les européennes, la progression de l’extrême droite, les migrants et les gilets jaunes. Elle est l’invitée de #LaMidinale.

VERBATIM

 Sur l’événement de solidarité aux migrants à Tarbes 
« Il y a des manifestations dont on parle et des manifestations dont on ne parle pas. »
« Il y a de belles initiatives citoyennes, locales et nationales, en faveur du soutien aux migrants. »
« On laisse faire un discours politique global, malfaisant, qui est un discours anti migrants. »

 Sur la situation des migrants en Europe 
« On pointe seulement une catégorie de migrants, seulement des migrants à qui on ne donne pas de visa, des migrants qui fuient. »
« Ces migrants n’ont pas d’autres choix que de venir en risquant leur vie »
« 90% des gens à qui un des pays de l’union européenne a accordé la protection internationale, ont traversé la Méditerranée. Ça veut dire qu’on ne donne pas des voies sures et légales aux réfugiés pour arriver. »
« On est en train de détruire le droit d’asile vers l’Union européenne. »
« A qui ont donne le droit de migrer ? À un tiers de la population mondiale, soit donc les plus riches : ceux du Nord principalement et les riches des pays pauvres. »
« Ces politiques sont racistes et xénophobes. »

 Sur les étudiants étrangers 
« Une des richesses de la France, c’est d’être le premier pays vers lequel les jeunes africains se dirigent. »
« Que voulons nous ? Que cette jeunesse africaine aille se former en Turquie et dans les Pays du Golfe ? On est fou. »
« Emmanuel Macron et son gouvernement font du tri. On prend les plus riches. »
« La chance des universités françaises c’est qu’elles attirent des jeunes de tous les milieux sociaux. C’est aussi ça l’idéal républicain. »

Sur le climat de haine dans la société 
« Il y a une escalade de la violence. »
« Quand on répond, comme on le voit dans les manifestations, avec une violence très forte, ça rend les gens plus agressifs. »
« Je me félicite de l’initiative de mardi contre les actes antisémites. »
« Ce gouvernement est sourd face aux revendications des gilets jaunes. »
« Les gens n’en peuvent plus et c’est ce que disent les gilets jaunes. »
« J’ai tendance à penser que les dérapages qu’on a connu, que c’était plutôt poussé par des manifestants d’extrême droite. »
« Il ne faut pas mélanger l’ensemble des manifestants aux groupuscules qui viennent à la casse, à l’affrontement. »

 Sur la résolution du Parlement européen et le droit de manifester 
« Le rapport de l’ONU est bien plus dur à l’égard de la France que notre résolution. »
« C’est une résolution qui condamne clairement les violences policières et la disproportion de la réaction des forces de police par rapport aux manifestants pacifistes. »
« On est encore dans un Etat de droit parce qu’on a une justice relativement indépendante. »
« Il y a de plus en plus une justice expéditive. »
« On est dans des dérives sécuritaires et de plus en plus autoritaires. »

 Sur les européennes et la gauche 
« La dispersion des voix de la gauche pour les élections européennes m’attriste. »
« Je n’avais déjà pas très envie de me représenter mais cette dispersion me conforte dans mon choix. »
« Je vais soutenir la liste conduite par Ian Brossat parce que le Parti communiste m’a soutenu pendant dix ans et c’est là que je retrouve le plus les valeurs qui sont les miennes. »
« Je vais retourner dans la vie associative. »
« Je regarde toujours la bouteille à moitié pleine et de plus en plus pour avancer. »

 Sur l’extrême droite 
« Emmanuel Macron a une responsabilité dans la progression du rassemblement national mais il n’est pas le seul responsable. »
« On est un peu bien placé en France pour savoir ce qu’est la montée de l’extrême droite, on l’a dans notre paysage depuis 1984. »
« Il y a un discours politique qui au lieu de proposer une alternative lui court après. »
« Je pense à Nicolas Sarkozy qui a joué avec ça, puis François Hollande et ses ministres, dont Manuel Valls qui défile en ce moment avec l’extrême droite, je pense à Gérard Collomb qui nous parle de régions submergées par les migrants, tout ça c’est du vocabulaire de l’extrême droite. »
« Il y a eu une lepénisation des esprits et les gens ne se rendent même pas compte qu’ils utilisent le vocabulaire de l’extrême droite. »
« Il y a une nécessité de construire un vrai discours alternatif. »
« On n’a pas vu que Marine Le Pen avait rassemblé trois millions de plus de voix lors du second tour de l’élection présidentielle, alors que son père était resté à peu près au même score entre le premier et le second tour. »
« Il y a des digues qui tombent et il y a urgence à réagir. »

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