marie christine vergiat
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Billet de blog 19 janv. 2022

marie christine vergiat
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Droits et Libertés : L’heure des bilans

L'heure est propice au bilan tant de fin d'année, dans ce petit billet écrit à la fin de l'année dernière, j'ai tenté de faire celui d'Emmanuel Macron du candidat "libéral" de 2017 au Président de plus en pmus autoritaire de l a République française qui a mis à ma tant de nos libertés fondamentales

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En cette période, il est courant de faire le bilan de l’année écoulée mais comme nous sommes à la veille de l’élection présidentielle, je vais tenter de l’esquisser pour le quinquennat

Rarement, un gouffre aussi profond n’aura été mis par un Président au regard de ses engagements de candidat.

Beaucoup de lecteurs et lectrices penseront qu’il fallait avoir une certaine naïveté pour croire à ses promesses mais je vais essayer de m’expliquer.

Emmanuel Macron a longtemps prétendu être un libéral. Sur le plan économique, nous avons été servis au-delà de nos imaginations mais il n’en est pas de même en matière de droits et libertés.

En effet, les vrais « libéraux » au sens politique du terme, celles et ceux que j’ai côtoyé au Parlement européen sont très attachés aux droits et libertés ou du moins aux droits civils et politiques[1]. J’ai même réussi avec leur aide à faire voter en février 2019 une résolution sur le droit à manifester pacifiquement[2] qui visait bien évidemment la France sans le dire explicitement.

Or, de ce point de vue, le bilan du quinquennat est abominable. Jamais le droit de manifester n’a été autant bafoué. Une vague de répression aveugle s’est abattu notamment sur les « Gilets jaunes » et sur bien d’autres. Jamais les violences policières ne se sont déchainées comme aujourd’hui. Quoi qu’ils fassent, les policiers se savent couverts au plus haut niveau et on a même vu des Préfets, initiateurs de violences, recevoir de la promotion et des médailles[3]. Loin de moi, l’idée de jeter le bébé avec l’eau du bain. Les policiers font un métier difficile mais comme ils sont chargés de faire appliquer la loi, ils doivent être irréprochables et tout « dérapage » doit être sanctionné. Dans un Etat de droit, l’usage de la force doit être strictement encadré et nous vivons l’inverse. De loi en loi, la dérive sécuritaire se poursuit.

Autre sujet d’inquiétude, l’état d’urgence quasiment permanent dans lequel nous vivons d’abord en raison des attentats terroristes, puis désormais de la crise sanitaire. Là non plus pas question de jouer les douces rêveuses et de considérer que les autorités publiques ne doivent pas réagir avec des moyens adaptés mais comment ne pas voir que les mesures d’urgence entrent petit à petit dans le droit commun et que des pans entiers de nos libertés sont désormais restreints sans que grand monde n’en ai conscience.

Alors la tâche est immense, il serait temps de resserrer les rangs face au péril qui menace. C’est-à-dire de rassembler les forces et non de les diviser. Il reste encore quelques mois pour y parvenir. C’est tout ce que je nous souhaite à l’orée de cette nouvelle année.

[1] Il n’en va pas de même pour les droits économiques et sociaux mais je n’ai pas l’espace nécessaire pour le développer

[2] Résolution du Parlement européen du 14 février 2019 sur le droit à manifester pacifiquement et l’usage proportionné de la force (2019/2569(RSP)) https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-8-2019-0127_FR.html

[3] Dans les Alpes maritimes et à Nantes notamment

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