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Billet de blog 23 nov. 2021

17 octobre 2021 : Reconnaissance et mémoire

Nous avons commémoré cette année, le 50ème anniversaire de la répression sanglante du 17 octobre 1961. Emmanuel a fait un pas en avant mais si petit en une telle occasion qu'il a sans doute perdu sur les deux tableaux Le "en même temps" peut avoir ses limites

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Il y a 70 ans des dizaines de milliers d’Algériens et d’Algériennes ont voulu manifester pacifiquement pour protester contre le couvre-feu qui leur était appliqué de façon discriminatoire en plein cœur de Paris. On estime à dix mille le nombre de ceux qui furent arrêtés. Parmi eux, beaucoup furent torturés, emprisonnés dans des conditions inhumaines, refoulés en Algérie et assassinés, leurs corps jetés dans la Seine. La plus jeune des victimes n’avait que 15 ans. Elle s’appelait Fatima Bedar et avait été manifesté en sortant de l’école, son cartable sur le dos. Son corps sans vie fut retrouvé deux semaines plus tard, le long du canal saint Martin. Nombreuses furent les victimes disparues à jamais. Officiellement, il n’y eu que trois morts alors qu’aucune répression n’a fait autant de victimes durant notre histoire moderne.

Aux manettes, un certain Maurice Papon, préfet de police, bien connu pour ces crimes contre l’Humanité durant l’Occupation nazie comme secrétaire général de la Gironde mais aussi, ce qui se sait moins, à Constantinople déjà comme préfet de police. Il était alors placé sous la tutelle d’un certain Roger Frey, ministre de l’Intérieur d’un gouvernement dont le Premier ministre s’appelait Michel Debré. Les responsabilités de ces trois là au moins devraient être reconnues dans ce qui fut, il faut bien le nommer ainsi, un crime d’Etat.

Pendant nombre d’années, la mémoire du 17 octobre fut occultée, effacée et même souvent confondue avec l’autre massacre de la même époque : celui du métro Charonne qui fit neuf morts et 250 blessés le 8 février 1962. Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre aujourd’hui, j’ai souvent entendu cela dans des débats quand, sous les efforts notamment de l’historien Jean-Luc Einaudi et de l’écrivain Didier Daenincks, on a commencé à dire la vérité.

En 2012, pour la première fois, un Président français, François Hollande, a reconnu « une répression sanglante » et Emmanuel Macron lui a emboité le pas en 2018 parlant de « répression violente ». Cette année, il a parlé de « crimes inexcusables pour la République ». Après ces promesses sur le sujet ou la reconnaissance des responsabilités de l’Etat français dans l’assassinat de Maurice Audin, on attendait mieux.

Mais non, dans la course effrénée que se livrent les uns et les autres dans la course aux voix de l’extrême droite, cela aurait été trop de reconnaitre clairement les responsabilités de l’Etat français dans ce massacre. Moyennant quoi, Emmanuel Macron a sans doute perdu sur les deux tableaux…

Il est pourtant temps d’en finir avec les préjugés et comportements racistes de la période coloniale. Malheureusement la plupart des responsables politiques français aujourd’hui semblent prendre le chemin inverse et laisse des centaines de millions de nos concitoyens en dehors de notre Histoire (officielle).

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