Ce que nous apprend cette crise pour le pire… et le meilleur ?

Dans cette chronique publiée début mai pour mes ami.e.s du Travailleur alpin, j'ai tenté une exquisse de premier bilan de cette "crise" en relevant notamment l'exacerbation des inégalités et discriminations tant socilaes que territoriales et les risques pour nos droits et libertés

 

Notre pays est placé dans une situation qu’il n’a jamais connu auparavant avec le confinement de l’immense majorité de sa population.

En matière sanitaire, depuis très longtemps, le principe de précaution doit être une boussole. Il vaut mieux avoir des remords que des regrets comme disait Oscar Wilde. C’est particulièrement vrai aujourd’hui. Mieux vaut regretter de ne pas avoir fait certaines choses que d’avoir du remords en prenant le risque de contaminer certaines personnes, les premières victimes étant le plus souvent des proches. Pour moi, aucune hésitation n’est possible. On ne joue pas avec la vie des autres. C’est du comportement de chacun d’entre nous que dépend l’issue de la crise.

Pour autant, tout le nécessaire a-t-il été fait ? Certaines mesures ont-elles été prises trop tôt ou trop tard, trop largement ou pas assez, etc… Il est probablement trop tôt pour faire un vrai bilan. Nous n’avons pas encore tous les éléments.

Pour autant, faut-il ne rien dire ? Sûrement pas. Il est de plus en plus évident que la crise exacerbe les inégalités et les discriminations. Le virus ne connait pas les frontières ni géographiques, ni sociales.

Il est plus facile d’être confiné à la campagne, dans une maison avec jardin ou dans un grand appartement au cœur d’une ville que dans un petit logement avec des enfants, une chambre d’étudiant, un EPHAD ou dans un lieu où tous les services publics ont été détruits. Et je ne parle pas de celles et ceux qui sont enfermés dans les prisons ou des centres de rétention.

Les pauvres, les précaires, les sans droits (sans travail, sans logement, sans papier…), les plus âgés sont particulièrement touchés.

Heureusement élus locaux, associations, avocats, magistrats ou citoyens solidaires sont nombreux à agir sans parler du dévouement des personnels de nombre de services publics à commencer par ceux des hôpitaux.

Le gouvernement, et même l’Union européenne, après quelques hésitations semblent prête à agir pour « relancer l’économie » et donc « aider » les entreprises. Une partie des salariés vont bénéficier du chômage technique mais d’autres ont perdu leur emploi du jour aux lendemains et les fins de mois vont être difficiles.

Enfin un « état d’urgence sanitaire » a été instauré permettant au gouvernement d’agir par ordonnances et décrets quasiment sans contrôle avec des risques graves pesant sur nos droits et libertés y compris en matière sociale. Nous ne devons pas nous habituer à ces reculs.

 Nous devons plus que jamais être vigilants, solidaires et mobilisés, prêts à agir pour le jour d’après en tirant toutes les conséquences de ce que nous aura appris cette crise pour le meilleur et pour le pire. Ne nous contentons pas de dire que plus rien ne sera pareil après. Sachons construire avec le plus grand nombre une alternative sociale, écologiste, féministe et solidaire

Continuez à prendre soin de vous.

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