Une signature pour sauvetages

«Cinq à six personnes se noient chaque jour en l'absence de politiques publiques de sauvetage», rappellent les responsables de Maydayterraneo. Texte de Daniel Rivas Pacheco, traduction d'Alexia Aranzeque Regerat.

Depuis le projet Maydayterraneo, ils ont travaillé d'arrache-pied cette année pour acheter et transformer un navire en unité de sauvetage en mer. Il y a un mois, le processus était terminé : l'Aita Mari, un ancien bateau de pêche de Getaria, est prêt à prendre la mer et à aider les personnes en danger en Méditerranée centrale. "Mais le gouvernement espagnol ne nous a donné aucune réponse à notre demande de naviguer. C'est pourquoi aujourd'hui nous rendons public ce silence de l'Administration", dénoncent les responsables du projet qui ont initié une collecte de signatures sur Change.org.
"Nous comprenons que sa charge de travail puisse être importante, mais l'objectif de ce navire doit être une priorité pour tous les acteurs liés à la mer : cinq à six personnes se noient chaque jour en l'absence de politiques publiques de sauvetage en Méditerranée centrale ", rappellent les responsables de Maydayterraneo.
Le 8 août, le projet de réforme du navire Aita Mari a été présenté à la Capitainerie de Pasajes pour approbation. L'inspection de cette capitainerie a transmis la demande avec un rapport favorable à la Sous-direction Générale de l'Inspection Maritime (Ministère du Développement) le 22 du même mois. Après avoir fourni les renseignements supplémentaires requis, les responsables attendent qu'une solution soit trouvée ou qu'on leur indique les mesures correctives si nécessaire.
"Depuis lors, deux mois se sont écoulés et nous ne pouvons plus reporter la décision. Les circonstances nous poussent : plus de 2 000 personnes se sont noyées en tentant d'atteindre l'Europe depuis les côtes africaines. Et il n'y a pas de mission gouvernementale mandatée pour la recherche et le sauvetage des naufragés dans ces eaux.
Maydayterraneo s’est toujours caractérisé par le plus grand respect de la législation et a travaillé dans le cadre des directives établies par l'OMI, l'OIM et le HCR. Et ils ajoutent que "si l'Union européenne et ses Etats membres s'engageaient à sauver dans les eaux internationales entre l'Italie et la Libye, les ONG de sauvetage n'auraient pas à mobiliser autant de ressources, autant de volontaires, pour défendre la vie".

D'où cette collecte de signatures pour obtenir l'autorisation de naviguer de la Direction Générale de la Marine Marchande et plus particulièrement de son directeur général, Benito Núñez Quintanilla.

La persécution politique et médiatique de certains gouvernements du littoral méditerranéen a fait qu'il n'y a actuellement qu'un seul navire de sauvetage d’ONG dans la région : le Mare Jonio. De plus, dénonce l'organisation, les trois autres navires qui pourraient y opérer actuellement ont subi diverses formes de harcèlement qui en rajoutent à ces absurdités " la volonté des institutions européennes de présenter la Libye comme un pays sûr, un allié fiable, alors que les analystes montrent qu'elle est plutôt un État en déliquescence aux mains des milices lourdement armées. »
L’Aita Mari est un ancien bateau de pêche de 32 mètres de long de la flotte de Getaria. Il peut accueillir de 150 à 200 personnes. Il est également équipé d'une clinique pour fournir des soins aux personnes à bord. Une fois en mer, l'équipage sera composé d'une quinzaine de personnes : sauveteurs, marins, cuisiniers, soignants et presse.

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