Aujourd’hui, la Croix-Rouge internationale prévient : l’aide humanitaire à Gaza est sur le point de s’effondrer totalement. Depuis le 2 mars, Israël interdit l’entrée de toute aide humanitaire dans la bande de Gaza. Des centaines de camions sont bloqués à la frontière. L’eau manque. La nourriture manque. Les médicaments manquent. Les blessés meurent en silence.
Le 23 mars, huit volontaires du Croissant-Rouge palestinien ont été tués par l’armée israélienne alors qu’ils secouraient des civils. Le 23 avril, l’ONU a révélé qu’Israël a détruit les bulldozers qui servaient à déblayer les décombres, empêchant toute tentative de retrouver les quelque 11 000 corps encore ensevelis.
Ce ne sont plus des “frappes ciblées”. Ce n’est plus une guerre. C’est un processus d’anéantissement. Un génocide. Et le monde regarde.
Et en France ? Bruno Retailleau veut dissoudre Urgence Palestine, principal collectif mobilisé pour la cause palestinienne, en l’accusant d’“islamisme”. Aurore Bergé présente un plan contre l’antisémitisme où l’antisionisme devient une infraction pénale. Elle veut créer un nouveau délit : celui de “provocation, négation ou destruction d’un État reconnu par la communauté internationale”. Autrement dit, interdire de critiquer Israël.
Pendant qu’un peuple est anéanti, la France choisit de museler ceux qui s’en indignent.
Ce n’est pas seulement de l’indifférence. C’est de la complicité active.
Ce n’est pas “la guerre là-bas”. C’est un crime contre l’humanité, soutenu ici. C’est le soutien d’un État qui se dit démocratique, laïque, attaché aux droits de l’homme, à une politique d’extermination.
Si c’était nous ? Si c’était nos enfants sous les gravats ? Nos volontaires ciblés ? Nos voix réduites au silence ? Si c’était nos quartiers privés de nourriture, nos villes sans médicaments, nos familles effacées des décombres ?
Et si ceux qui dénoncent devenaient eux aussi les ennemis à abattre ?
Si c’était nous, la France sous blocus, nos villes rasées, nos enfants morts de faim sous des décombres qu’on empêche de déblayer, que ferions-nous ?
Ce serait une tragédie mondiale, une agression contre l’humanité. On ouvrirait des corridors humanitaires, on brandirait les droits de l’homme, on s’indignerait. Nos voix seraient entendues, nos souffrances reconnues. Et pourtant, ce n’est pas ce qui se passe à Gaza. Ce qui se passe là-bas, c’est l’indifférence, le silence coupable de ceux qui se permettent de regarder ailleurs.
Pourquoi cette différence de traitement ? Pourquoi cette indifférence à la souffrance d’un peuple ? Pourquoi ce silence lorsque des milliers de Palestiniens sont massacrés, alors qu’on n’aurait jamais permis cela pour un autre peuple ? Si c’était nous, la France, il n’y aurait aucune hésitation, aucune complicité. Pourquoi ce deux poids deux mesures, cette hiérarchisation des souffrances, cette séparation entre des vies qui comptent et celles qui ne comptent pas ?
C’est cette raison que je veux nommer. Ce silence et cette complicité, ce traitement inégal, ne sont pas justifiables. La vie humaine n’a pas de prix, peu importe la couleur, la religion ou l’origine. Et pourtant, à Gaza, des vies sont sacrifiées et personne ne réagit comme si cela ne concernait pas la communauté internationale, comme si ce n’était pas notre problème.
Si c’était nous, ce serait un crime contre l’humanité. Mais quand il s'agit de Gaza, ce n’est qu’un conflit. Un conflit qu’on laisse durer, qu’on banalise, qu’on justifie. C’est cette inégalité de traitement, cette manière d’ignorer une souffrance parce qu’elle est perçue comme moins légitime, qui est inacceptable.
Si c’était nous, on appellerait ça un génocide. Et on aurait raison.
Marie K., pour que le silence ne devienne jamais la règle