Le Meurtre d'Aboubakar Cissé : Pourquoi l’Inertie face à l'Attentat Terroriste est Problématique
Le 25 avril 2025, Aboubakar Cissé, un jeune homme malien de 22 ans, a été tué dans la mosquée de La Grand-Combe, petite commune du Gard. Cet acte, d'une extrême violence, aurait dû être immédiatement qualifié d'attentat terroriste. Pourtant, malgré les éléments en main, les autorités ont choisi une autre voie, réduisant cet acte à un simple assassinat. Pourquoi cette hésitation à qualifier ce crime d’attentat terroriste, alors que tous les indices sont là, évidents, et que les autorités sont habilitées à prendre la bonne décision ?
Un Crime Prémédité, un Acte de Terreur Délibéré
Le principal suspect, Olivier, a agi de manière préméditée. Il a filmé son crime et partagé ses intentions sur des plateformes en ligne, s’en prenant à un membre d’une communauté précise, dans un lieu symbolique : une mosquée. L’intention de son acte n’était pas un acte isolé de violence, mais bien une agression violente, ciblée, visant à instaurer la peur au sein d’une communauté. Il n'y a pas de doute, cet acte résonne comme un attentat terroriste : une attaque violente et ciblée contre des croyants, dans l’objectif de semer la terreur.
La question fondamentale ici est : pourquoi refuser de qualifier un acte aussi évident de ce qu'il est ? L’individu, Olivier, n'a laissé aucun doute sur la nature de son acte. Il visait une communauté religieuse, et ce, de manière préméditée et calculée. Cet attentat ne se résume pas à un simple assassinat : il s’agit bien d’un acte de terreur, exécuté dans un contexte religieux, qui devait (et doit) être reconnu comme tel.
L’Incompréhensible Refus de la Qualification d’Attentat Terroriste
La procureure de Nîmes, Cécile Gensac, a choisi de ne pas saisir le Parquet national antiterroriste (Pnat), arguant qu’il n’y avait pas de lien idéologique formel. Cette décision soulève une question essentielle : pourquoi ignorer la dimension idéologique implicite d'un acte qui vise à déstabiliser une communauté religieuse, à faire peur, à diviser ?
Le fait de minimiser un tel acte revient à diminuer la portée de l’intention terroriste. Or, tout porte à croire que ce n’était pas simplement un meurtre d'un individu isolé, mais un attentat dirigé contre une communauté en particulier. L’objectif n’était pas seulement de tuer, mais de terroriser, d’affaiblir la société en semant la peur dans un lieu de culte, espace sacré pour de nombreux citoyens. Le terrorisme, après tout, n'est pas qu’une question de revendications politiques explicites. C’est aussi une question d'intention : l’intention de déstabiliser, de semer doute, crainte, peur et chaos, de fracturer une société.
Un Attentat qui Doit Être Reconnu pour ce Qu’il Est
Refuser de qualifier cet acte d’attentat terroriste, c’est ignorer le rôle essentiel que joue la reconnaissance des faits dans la justice. Lorsqu’un acte de terrorisme est commis, il ne s’agit pas seulement de punir un individu, mais de protéger l’ensemble de la communauté, de faire un signal fort, d’affirmer que la société se dresse contre ceux qui veulent l’attaquer dans sa structure même. En l'occurrence, cet acte a été commis dans un lieu symbolique et il a visé une communauté qui, en raison de sa religion, incarne une part essentielle de la pluralité de notre société.
L’inaction face à un crime aussi grave envoie un message : celui que l’on peut impunément attaquer une communauté, que l’on peut semer la peur dans des lieux de culte, sans être jugé en conséquence. Cela envoie aussi un message aux terroristes : que leurs actes, lorsqu'ils ne sont pas formellement revendiqués, pourraient passer inaperçus, comme des crimes ordinaires. Cela donne l’impression que l’État est plus intéressé par des considérations administratives que par la reconnaissance et la prévention des actes de terreur.
La Violence Sociale et Politique Ignorée
En refusant de qualifier cet acte de terrorisme, les autorités minimisent aussi la violence sociale et politique qu’il incarne. Ce n’est pas un crime privé, c’est un crime contre la société dans son ensemble. C’est une attaque contre le multiculturalisme, contre la liberté de religion et de croyance. Il est crucial de reconnaître que ce genre d’acte n’est pas qu’un simple assassinat, mais une tentative d’affaiblir et de diviser la société. Minimiser un tel acte revient à ne pas prendre au sérieux le danger que représentent de tels actes de violence ciblée, surtout dans un climat de tensions sociales et politiques de plus en plus exacerbées.
La Reconnaissance de la Vérité comme Fondement de la Justice
Reconnaître un attentat pour ce qu’il est, c’est avant tout un acte de vérité. La justice doit refléter la réalité des faits, et la réalité de cet acte est celle d’un attentat terroriste. Ignorer cette vérité, c’est manquer de respect pour la victime et sa communauté, c’est envoyer un message de faiblesse et d'inaction face à la violence politique.
Conclusion : L’Inertie Face à l'Attentat Terroriste, Un Choix Dangereux
Ce qui s’est joué à La Grand-Combe dépasse l’horreur d’un acte individuel. Ce drame s’inscrit dans une longue histoire d’hostilité, de soupçon généralisé, d’humiliation ordinaire à l’encontre des musulman·es en France. Cela fait des années qu’on cogne symboliquement et politiquement sur cette communauté, qu’on la réduit à des caricatures, à des peurs, à des fantasmes. On l’accable, on la surveille, on l’exclut. Et aujourd’hui, avec un ministre de l’Intérieur et des Cultes tel que Bruno Retailleau, qui incarne jusqu’à l’os la droitisation du pouvoir et le mépris d’État, on franchit un cap.
Un cap dans l’indifférence, dans la banalisation, dans l’inhumanité. Un cap dans l’acceptation tacite qu’un homme noir et musulman puisse être tué dans une mosquée, en silence, sans que cela ne soit reconnu pour ce que c’est : un attentat raciste, islamophobe, politique.
Le multiculturalisme, qu’on prétend célébrer, n’est plus qu’un décor de vitrine terni par l’hypocrisie ambiante. Quant à la laïcité, elle s’est muée en outil propagandiste, moins destinée à garantir la neutralité qu’à contrôler et segmenter les populations (une pensée émue pour les apôtres de la laïcité punitive — #doigtdhonneur). La réalité, c’est une institutionnalisation du rejet, entretenue par des relais médiatiques complaisants, des figures politiques sans courage, et un appareil judiciaire qui refuse de nommer les idéologies qui tuent.
Refuser de nommer, c’est participer. Refuser de voir, c’est entériner. Et quand l’État regarde ailleurs, il prend part. Qu’on le veuille ou non.
Marie K., pour la vérité et la justice, contre le silence complice.