Témoignage d'un salarié du Crédit Mutuel Île de France

Courriel reçu le 13 mars : "Nous suivons de près les événements que vous êtes en train de vivre au sein de votre fédération. En tant que salarié du Crédit Mutuel Île de France regroupé dans CM11, je comprends vos interrogations et vos inquiétudes. Je ne peux que vous soutenir et vous souhaite pleine réussite dans votre combat pour conserver votre autonomie." Courriel reçu le 18 mars :

Nous sommes en décembre 1998.

A la suite d’une Assemblée Générale du personnel présentée par 3 sections syndicales de l’IDF (Île De France), une grève est organisée en février 1999, pour retrouver la dignité, le respect et faire partir notre Directeur Général. Plus de 500 salariés y participent.

Nous avons vu arriver et accueilli la Direction de Strasbourg avec un certain soulagement, contents les uns et les autres de repartir sur des bases saines. Un Directeur strasbourgeois est arrivé le 1er juillet 1999 en nous disant : « Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer » lors de sa visite dans tous les bureaux du siège pour se présenter accompagné de l’ancien Directeur Général.

Suite à une réunion commune, syndicats et nouvelle direction, le personnel a été informé que nous allions « changer de Code Banque ». Et les syndicats de nous expliquer que ce n’était pas grave ! Ils n’avaient, semble-t-il, pas compris l’importance de cette UNIQUE modification. En réalité, il fallait comprendre – entre les lignes – que cette simple action nous faisait perdre notre autonomie et nos spécificités...

Il est vrai que « notre entreprise IDF » nous l’avions vu grandir … c’était notre bébé. Elle allait nous échapper. Dans ce domaine, nous avons été les pionniers, nous avons initié le mouvement, bientôt suivi par Marseille, Toulouse, Valence, etc … jusqu’à CM11.

Le personnel encadrant allait souvent à Strasbourg en formation pour « rentrer dans le moule ». Lors d’une réunion, un cadre se trouve – au déjeuner – à côté de Michel LUCAS – personnage impressionnant ; il lui demande d’où il vient : « de l’IDF », monsieur dit-il et Michel LUCAS lui répond : « Ah Paris ! Même pas les résultats d’Antilles-Guyane ! ». Ça casse l’ambiance !

A leur arrivée, tous les strasbourgeois ont écouté avec le désir de connaître notre fonctionnement, tout n’était pas à jeter ! Loin de là. On ne comptait pas nos heures pour expliquer et conserver nos spécificités !

Puis est venu le temps – pour certains services du siège – de ne plus recevoir d’informations utiles à un bon fonctionnement. Dans certains services, les salariés se posaient énormément de questions sur leur devenir.

L’IDF a néanmoins eu la chance, pendant cette période, d’ouvrir beaucoup de Caisses Locales et de « bénéficier » du rachat du CIC par Strasbourg. Cela a permis pour certains d’entre nous d’avoir une possibilité de reclassement. Néanmoins, des départs ont été négociés. L’ancienne équipe dirigeante, quant à elle, a quitté l’Entreprise rapidement. D’autres cadres venant de l’Est et du CIC sont arrivés en IDF, tant au siège qu’en Caisses Locales.

En clair, toutefois, c’est le siège qui a subit les principaux bouleversements, les Caisses Locales ont été moins impactées, sauf bien sûr par l’arrivée de certains collègues pas forcément commerciaux. Il y a eu des changements de métiers.

En « rentrant dans le moule » l’IDF a signé une nouvelle convention collective et une nouvelle mutuelle. Nous n’avons pas toujours été gagnants.

Nous avons accueilli, quelques années plus tard, un nouveau Directeur Général, Daniel BAAL – C’était un homme ouvert à l’écoute des salariés en IDF.

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Michel LUCAS a bien organisé la transition à la tête du CRÉDIT MUTUEL.

Comment faire comprendre à la presse et aux non-initiés notre organisation puisque tout est chamboulé !

En effet, le CRÉDIT MUTUEL est organisé en Fédérations Régionales sous la « houlette » de la Confédération.

Aujourd’hui, une seule CAISSE FÉDÉRALE regroupe déjà dix autres CAISSES RÉGIONALES (CM11) et si demain cette CAISSE FÉDÉRALE absorbe les quelques survivantes, quel est l’intérêt de cette organisation qui perd l’essence même de son fonctionnement initial.

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