Erri de Luca : La sécurité est aussi une affaire de la société civile

Erri de Luca, le 15 novembre, a soulevé la grave question de l'autonomie dans la démarche de sécurité, de protection.

Dans cet article de Libération, l'écrivain italien suggère d’organiser une réaction populaire aux attentats du 13 novembre, une prise en charge d'une partie de la sécurité par les citoyens eux mêmes : voir ici.

Je le cite : " Il faut s’emparer soi-même de la question de la sécurité sans la déléguer à l’Etat. La déléguer à l’Etat, c’est réduire ses propres libertés. En revanche, chacun doit être responsable de ce qui se passe à côté de lui, de son voisin. Il faut lancer l’alerte au niveau zéro de la société, dans un mouvement populaire et de fraternité. ..."

Ne rien déléguer à l'Etat me semble utopique, mais prendre en main notre sécurité citoyenne me semble poser de très bonnes questions, ouvrir des perspectives à débattre.

J'imagine déjà quelques hauts-cris sur la voie ouverte à la culture de la dénonciation... Il me semble que si on s'arrête à cette première idée venue, on loupe une idée beaucoup plus intéressante : comment un citoyen peut jouer un rôle politique dans la réalité quotidienne, dans un cadre démocratique ?

Je me suis posée maintes fois la question, lors de manifestations qui tournaient mal (ex : dimanche 30 novembre), de l'abandon pur et simple des questions d'organisation et de protection, lors de rassemblements populaires (ex : isoler très tôt les petits mecs masqués) : la sécurité citoyenne, c'est caca ?

 

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