C'est comme une partie de poker-menteur.
Le gouvernement se tient droit et ferme dans ses bottes. Il pense que c'est sa seule chance à ses yeux, la seule carte à jouer, pourquoi ?
Parlons clair :
* la mobilisation est forte, certains "crans" ont sauté : il n'est plus grossier d'évoquer la grève reconductible et même générale ; dans la rue, l'idée circule bien davantage que les fois précédentes. Les gens se mettent à parler d'autre chose que le seul âge de la retraite, ils parlent d'un mode de vie, d'un choix de société ! Quel désordre !
* du coup la question est : où va-t-on ? Et commencent à pointer des idées plus larges que la simple refonte de la loi sur les retraites. Des questions politiques ...un désir de comprendre, de questionner ce qui "allait de soi" trois mois plus tôt.
* la PS danse entre deux chaises : bénéfice de ce mouvement contestataitre / crainte que 2012 n'arrive trop vite, par exemple dès 2011, précocité véhiculée par la radicalisation possible des luttes sociales (car y'a du grain à moudre) - ce serait si chouette pour le PS que l'on mette ce bénéfice en conserve pour un peu plus tard ! frilosité des solutions à proposer ... -
* et voilà la carte à jouer pour nos vulgaires umpéiste-médéfistes : attendre et sans doute parier sur la peur du vide - le parti le plus instituionnel de l'opposition (le PS) n'est pas un fanatique de la "surprise" politique car il faut bien rester réformiste ; or la surprise est créative et parfois elle dérange l'ordre de marche prévu.
Se pose donc à nous la question de l'unité populaire à renforcer, à dynamiser. Mais aussi est-ce peut être l'occasion d'aborder de façon large les questions politiques implicites, les questions anthropologiques qui courent sous ce mouvement - les rendre explicites, éléborer cette pensée-là, sans peur, sans tabous.
Il y a là une forme de responsabilité et de noblesse de la politique ; à nous de nous en saisir.