La compagnie des spectres (ou Paralipomènes du maréchal Putain) - Théâtre du Lucernaire -

Je ne pensais pas refaire un billet si vite, mais bon théâtre oblige.Et surtout, il y a urgence. Puisque Planchon, le résistant, est parti, il faut continuer .... Il faut mettre un pied devant l'autre, et l'ouvrir, et lutter.Il y a relative urgence car le spectacle que je vous présente se joue au Théâtre du Lucernaire jusqu'au 20 juin, à 19 heures (jusqu'au 28 mai, 2 places au prix d'une seule); Paris 6ème, 53 rue Notre Dame des Champs.

Je ne pensais pas refaire un billet si vite, mais bon théâtre oblige.

Et surtout, il y a urgence. Puisque Planchon, le résistant, est parti, il faut continuer .... Il faut mettre un pied devant l'autre, et l'ouvrir, et lutter.

Il y a relative urgence car le spectacle que je vous présente se joue au Théâtre du Lucernaire jusqu'au 20 juin, à 19 heures (jusqu'au 28 mai, 2 places au prix d'une seule); Paris 6ème, 53 rue Notre Dame des Champs.

LA COMPAGNIE DES SPECTRES

Texte de Lydie Salvayre (1997), adapté et joué par Florence Hautier ; mise en scène de Pierre Béziers (Théâtre du Maquis, Aix en Provence)

Voilà un texte flamboyant aussi rugueux que désespéré, aussi profond que drôle, aussi politique que poétique.

Lydie Salvayre conçoit son travail littéraire comme "une résistance à l'aplatissement de la langue, résistance aux valeurs marchandes, résistance à la pensée unique".

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Argument : un huissier se présente chez Rose, dans une cité de banlieue, pour procéder à un inventaire avant expulsion. Rose qui vit recluse avec sa fille Louisiane, se croit toujours en 1943, année où son frère fut assassiné par la milice. Pour cette mère, l'huissier ne peut être que l'envoyé de Darnant et du Maréchal "Putain"...

Ce texte est un bol d'air subversif, une audace effrayante et comique. Bref, il vous alimente comme un vrai plat de résitance.

L'actrice, seule en scène, incarne chaque personnage par une véritable incorporation : elle saute d'un corps dans l'autre, d'une émotion à une autre, de la rage au désappointement, de la bassesse à la révolte. Elle fait venir sur scène aussi bien quelques minables miliciens, que Darnant, que Pétain lui même ; elle est encore une mère aussi folle que lucide, puis une fille seule, désaimée, et un huissier de justice étriqué.

Ce récit scènique est d'une clarté époustouflante, le jeu est généreux, la mise en scène économe met en avant le texte qui vous prend comme un coup de Mistral. Aucun pathos, mais un entrelac de tragique et de drôlerie.

Je vous assure que vous serez sous le choc ou sous le charme de cet éclatement au visage.

Courez soutenir cet excellent travail de théâtre populaire (j'ose le terme) qui parfois m'a fait penser à Dario Fo. Courez, surtout si vous aussi, vous pensez que l'air actuel a parfois des relans inquiétants.

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