Arrêté du maire de Cannes et ses suites : ce que je ne comprends pas

Je ne comprends pas que la déferlante médiatique, tous bords confondus, n'aborde l'affaire de l'arrêté anti-burkini de David Lisnard que sous un seul angle, celui du costume, avec ses développements contradictoires habituels.

Je commence donc, pour mémoire, par l'historique de ces derniers jours.

Le 28 juillet le maire de Cannes, David Lisnard (Les Républicains), prend cet arrêté, alors qu'aucun trouble à l'ordre public, aucun litige n'a été signalé. Puis le 5 août, c'est le tour du maire de Villeneuve Loubet, Lionel Luca (Les Républicains).

Alors pourquoi le font-ils ? voilà la question que personne ne pose.

Les derniers jours de juillet, personne n'en parle. Début août, non plus.

Et le 13 août, c'est la plainte du CCIF et de la LDH (plainte que je comprends même si je ne suis pas fan du CCIF) qui fait que l'information se propage. Et c'est parti.

Et c'est enfin l'affaire de Sisco en Corse (enquête en cours) et d'autres arrêtés municipaux.

Comment se fait-il que personne n'aborde la question de la motivation politique de David Lisnard ?

En deux mots je dirais ceci : profiter du climat post-attentats pour draguer localement les électeurs de M. Maréchal Le Pen. Je rappelle pour information les derniers résultats électoraux de Cannes aux élections régionales  : Estrosi - 59,01 % - // Maréchal Le Pen - 40,99 % -

Quant à Villeneuve Loubet (ville de L. Luca, 2ème arrêté anti-burkini ) : Estrosi - 56,05 % - // Maréchal le Pen - 43,95 % -

Je rajoute que la même tentative "anti-burkini" fut menée par Nadine Morano pendant l'été 2014, mais qu'à l'époque, personne ne s'en est saisi (elle fut même désavouée dans son parti par V. Pécresse).

Suis-je à côté de la plaque, dans une erreur d'approche de l'événement ? ou est-ce que je pointe là une certaine caractéristique française en vogue : délaisser le terrain politique, la hiérarchisation de l'analyse (ex : analyser d'abord les motivations de D. Lisnard, ses intérêts, puis se pencher sur ce qui vient ancrer le buzz...), pour passer directement à des propos "sociétaux" (ex : question de la liberté des femmes, du racisme, de l'islam..., sujets importants et amplement déjà traités) qui satisfont une certaine complaisance discursive ?

Il ne s'agit pas d'éliminer ce 2ème plan du débat, mais il faut reconnaître qu'il est surabondant au détriment du 1er.

Donc pourquoi ce vide ?

ps : je vous serai très reconnaisssante de bien vouloir vous centrer sur la question posée ici; merci à chacun.

 

 

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