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Billet de blog 23 février 2012

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le fil de Cécile au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, Paris

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est un lieu caché des regards, une longue salle voutée en semi-sous-sol, un lieu gratuit, presque vide, du silence, quelques lumières discrètes, et au milieu un grand mystère.

Le mystère de l'herbe, des lignes d'horizon, du cœur des fleurs, des gestes lents et précis : le secret et la grâce du trait noir, fin, précieux comme un fil de soie, le trait gravé de Cécile Reims.

Voici comment le musée la présente :

Cécile Reims L’Herbier charnel
2002-2003 - Burin

Dès l’enfance en Lituanie, puis à Paris, à Jérusalem ou à Barcelone, Cécile Reims (née en 1927) dessine le monde qui l’entoure.
Juive, clandestine pendant la guerre, puis sauvée d’une grave tuberculose, Cécile Reims se sent le devoir de donner un sens à cette vie de rescapée et « entre en art », comme on entre en religion.

Charme profond, douceur du regard sur les choses, écoute et cœur :  dans cette salle voutée, Cécile Reims nous conduit du bout des doigts  sur les crêtes.  

                          La grande muraille       

ou vers des chemins cachés.  

                                                        Forteresse de paille

Son regard  sur les fleurs et les fruits, comme un acte d'amour, les dénudent, les révèlent .

Herbier charnel

                               

                 
Anatomie végétale

Cécile Reims va de méditation en métamorphose, suivant de son léger burin les lignes des corps en devenir.

                         

                            Les Métamorphoses d'Ovide

Sans jamais oublier que ce sont parfois les corps de la nature  qui se transforment et s'ouvrent :

Plaies d'arbre

Son œuvre gravé est un arbre et sur ses branches se lisent les noms de Hans Bellmer, et de Fred Deux, son compagnon. Mais aussi ceux de Dali et Léonord Fini (non présentés dans l'exposition)

Son burin suit les méandres du rêve, les plis, la houle de la chair :

                                                                                                                             D'après Fred Deux (Autoportrait)

Cécile Reims déclare :

Fred Deux me fit découvrir une autre voie : celle qui n’a pas de destination, un chemin âpre, périlleux où j’allais pouvoir mettre en pratique les paroles de Rabbi Nachman de Bratslav : "Ne demande pas ton chemin à qui le connaît, tu risquerais de ne pas t’égarer". Je suis toujours allée vers la difficulté et j’ai accompagné Fred sur ce chemin.

Jusqu'au 11 mars 2012 au Musée d'art et d'histoire du judaïsme, Paris.

A noter aussi l'ouverture, au musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun (36) – dépositaire de la collection d'œuvres et d'objets d'arts premiers Fred Deux & Cécile Reims –, de l'exposition “Passage du témoin : Cécile Reims et les graveurs du XVe au XXIe siècle, affinités électives”. Jusqu'au 29 mai.

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