Contribution-questions au « direct» sur la Grèce de Médiapart du 25 septembre

Il est annoncé pour ce vendredi soir, un entretien en direct avec Y. Varoufakis sur Médiapart.Je pose ici quelques éléments de mon questionnement, car ce qui (me) manque le plus dans cette affaire grecque, et plus largement, au sujet du désarroi politique général, ce sont les questions. Quelque chose m'échappe et je ne trouve, dans la plupart des cas, qu'une inflation de déclarations et d'interprétations (au sens d'explications) du malheur grec (et du nôtre). N'oublions pas que le questionné (et inteviewé) se croit très souvent requis à donner la réponse, du moins sa réponse : et si ce n'était pas l'urgence ?

Il est annoncé pour ce vendredi soir, un entretien en direct avec Y. Varoufakis sur Médiapart.

Je pose ici quelques éléments de mon questionnement, car ce qui (me) manque le plus dans cette affaire grecque, et plus largement, au sujet du désarroi politique général, ce sont les questions. Quelque chose m'échappe et je ne trouve, dans la plupart des cas, qu'une inflation de déclarations et d'interprétations (au sens d'explications) du malheur grec (et du nôtre). N'oublions pas que le questionné (et inteviewé) se croit très souvent requis à donner la réponse, du moins sa réponse : et si ce n'était pas l'urgence ?

 Le grand luxe (et le rai de lumière) pourrait être du côté des questions posées, de la possibilités de nouvelles questions qui ne s''éteindraient pas en réponses données, mais laisseraient jouer, pour un temps assuré, la mise au jour des énigmes.

Voici donc.

Depuis le début du travail du CADTM (sur la dette et ses coups tordus) en Grèce, je me suis demandé ce qui faisait que presque personne (du moins, vu d'ici en France, au niveau des parleurs politiques français) ne s'appuyait sur ce que ce travail mettait en lumière !? Ceci n'a jamais servi la moindre contestation politique organisée, quelque chose m'échappe …

Autre chose m'échappe : pour qui s'informe un peu, la logique mortifère de la main-mise financière sur les pays (et ses divers verrous), depuis les années 70, est limpide. Nous avons donc d'un côté un mécanisme révélé, et d'un autre, une forme d'émiettement infini des débats politiques qui donne l'impression qu'on ne sait pas où est l'adversaire, ou plutôt qu'il est partout et nulle part. Cela me fait penser à la nouvelle d'Edgar Poe, La lettre volée : en gros, pour cacher quelque chose, rien de tel que de le placer en évidence, sous sa forme inversée et banalisée - la lettre (volée puis escamotée aux regards) a été froissée, maquillée d'un autre sceau et d'une autre écriture après avoir été pliée à l'envers, ce qui lui donne l'allure d'un objet banal -

 

Il y a donc énigme et, pour le moins, répétition débilitante  : au fil des ans, on a en même temps surproduction de discours politiques, un surplus de solutions avancées, et retrait progressif des sujets votants ou choix de voter extrême-droite (ce dont l'histoire montre le processus et le résultat mortifère, bref, on connaît ! Mais ça n'empêche rien, sauf surgissement de sens**).

** du sens : ce n'est jamais de l'orddre du mantra répété mais d'un processus de démêlement que chacun investit.

 

L'abstention peut être l'expression d'un désir déçu, si souvent déçu qu'il s'éteint ; en matière de désir, le trop est comme le trop peu : trop de discours et de solutions nombreuses avancées, c'est aussi épuisant pour le désir (politique) que la censure complète, car en bout de chaîne c'est le silence que chacun se sent imposé.

Sur son blog, Ch. Salmon a publié un récent interview de Y. Varoufakis, celui-ci y dessine un possible politique : un « projet d'Européanisation Décentralisée ». Il rajoute : « nous avons besoin de former un nouveau réseau qui se batte pour la démocratie indépendamment des structures des partis nationaux, ».

Je pose ici ma dernière question . Y. Varoufakis énonce ce dont « nous avons besoin » : s'agit-il simplement de « réseaux » indépendants des partis tels qu'ils existent, ou de manière indépendante et créative :

de remettre du désir en politique (en même temps qu'on peut chercher à élaborer des solutions) ?

de repenser le lien politique entre concepteurs (ceux qui « savent ») et acteurs citoyens ?

de questionner ce qui se répète (en lien avec la première partie de lon billet) ?

en bref, de travail sur les "fétiches" qui nous mettent dans le mur et sur ce qui fait (ou pas) lien entre les producteurs de conceptions politiques et économiques et les populations telles qu'elles existent...

 

 

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