Cette questions de la dette s'est d'abord posée pour le "tiers monde". Et nous pouvions la considérer comme relativement lointaine, du moins pas au centre de nos préoccupations françaises, étroitement françaises.
L'intérêt du CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde) c'est qu'il est rompu à l'analyse politique et économique de cette question. Les dettes dites "odieuses"* ont tenu les pays du sud (Afrique) dans une dépendance post-indépendance, les pays d'Amérique latine, à la botte des USA.
* Selon le droit international, la dette odieuse est une dette contractée par un régime despotique pour des objectifs étrangers aux intérêts de la Nation, aux intérêts des citoyens.
Mais l'air du temps se rafraîchit, et voilà qu'un nuage énorme nous est montré du doigt : DETTE, il s'appelle. Et la cohorte des parapluies s'ouvrent : ils ont nom rigueur, austérité, gel des salaires, coupes bubgétaires, PPP (partenariat public privé), privatisations, et même plus au sud, baisse des retraites etc....
Intéressant d'examiner des travaux pratiques réels : en Equateur, le président Correa, après son élection, a réuni un comité d'examen de la dette afin de faire la part de cette dette "odieuse", rude travail d'exmane des "factures" en somme. Cet audit a permis d’identifier une série de dettes illégitimes et a eu des résultats significatifs puisqu’il a permis à l’Équateur d’épargner plus de 7 milliards de dollars, autant d’argent qui était initialement destiné au remboursement des créanciers privés.
Le travail se poursuit.
Et notre dette ? est-elle odieuse ? Pour y répondre, il faut examiner d'où elle procède, ce qui est simplement une demande démocratique ; on parlerait presque de gestion de "bon père de famille".
Puisqu'il nous faut réduire quelque chose, n'est-il pas légitime de se demander quoi ?
Il est grand temps que nous regardions en face le montage - capital (prêté) + intérêts - et que nous voyions ce qui a le plus coûté au pays :
* le travail, les fameuses "charges sociales" (ah le terrible mot), les hôpitaux, les écoles, les retraites ....
ou
* les intérêts de la dette depuis 30 ans (et l'infernal processus : intérêt sur l'emprunt qui doit payer l'intérêt surl'emprunt précédent ...), depuis la privatisation de la monnaie (sans compter les joyeuses baisses de recettes pour le pays, mesures iniques et très in the mood for ... TINA). Sans compter tout ce que coûtent le détricotage du lien social et de l'équilibre d'un pays.
Je relaie ici l'appel du CADTM :