Et si nous refaisions l'actualité de cette rentrée.. "à la Desproges" ?

Quand Pierre Desproges ici faisait son Eluard sa liberté de pensée teintée "d'un troisième degré" d'humour grinçant donnait ceci :

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d'août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur les blousons kakis, sur les képis dorés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l'espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur
Sur l'asphalte encombré de tes cercueils à roulettes
Sur les flancs blancs d'acier des bombes à neutron
Que tu t'offres à prix d'or sur tes impôts forcés
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu'ils ont eux-mêmes empli
Sur l'encéphalogramme éternellement plat
Des musclés, des miss France et des publicitaires
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d'Afrique écartelés de faim
Savent que tu t'empiffres à mourir éclaté
Sur le cahier d'écolier de mes enfants irradiés
J'écris ton nom HOMME

Un petit clin d'oeil à toutes les manifs à venir qui iront vers la Bastille :

Célèbre forteresse construite à Paris, à la porte Saint-Antoine, entre 1370 et 1382.

Le plus célèbre prisonnier de la Bastille fut évidemment Voltaire. Le moins célèbre fut Jean-Paul Petit-Boudu : moi-même, je ne sais pas qui c’est. C’est vous dire.

Voltaire connut bien les geôles de la bastille à une époque où, sauf son respect, il avait encore des couilles au cul : par la suite, fort nous est d’admettre qu’il se plia devant les puissants, et singulièrement devant Frédéric II de Prusse, en périlleuses et dégradantes courbettes d’une servilité qu’on ne rencontre guère, de nos jours, que chez les producteurs de télévision vautrés au paillasson des directeurs de chaînes.

 Terminons en rappelant que la Bastille était quasiment vide lorsqu’une brassée d’excités la prit vaillamment d’assaut un jour d’été 1789. C’était la révolution des bourgeois. Ils sont toujours au pouvoir. 

Quant à la discrimination raciale et aux propos racistes de Valeurs actuelles et Minute à l'encontre de la Ministre de l'éducation nationale Najat-Vallaud-Belkacem, j'envoie à tous ses détracteurs de la "Droite forte" et aux colporteurs de fausses rumeurs des réseaux sociaux un message inspiré de Pierre Desproges :

La rumeur

"Elle est sale, elle est glauque et grise, insidieuse et sournoise, d’autant plus meurtrière qu’elle est impalpable. On ne peut pas l’étrangler. Elle glisse entre les doigts comme la muqueuse immonde autour de l’anguille morte. Elle sent. Elle pue. Elle souille. C’est la rumeur. (…) La rumeur, elle se profile à peine au sortir des égouts pour vomir ses miasmes poisseux aux brouillards crépusculaires des hivers bronchiteux. (…) Plus menteuse que la rumeur, tu meurs. Elle s’en fout, elle a éjaculé son venin répugnant"

Alors, méfiance, méfiance fasse aux rumeurs, méfiance face aux haines. Réfléchissons avant de colporter n’importe quoi car, toujours selon Pierre Desproges :

« L’intelligence, c’est comme les parachutes, … quand on n’en a pas, on s’écrase »

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Un site pour lui :

http://www.desproges.fr/

 

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