Inde : la photo qui a bouleversé le monde entier

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Cette photo a fait le tour du monde. Bablu Jatav portant sa fille Damini dans ses bras tout en conduisant le pousse-pousse. Damini a seulement trois mois mais peu de jours après sa naissance la mère est morte et le père est contraint de la garder tout en transportant les passagers pour gagner un peu d'argent.

Sur le web et le réseau social twitter, la photo a soulevé un mouvement de soutien économique et matériel. La petite fille a été transportée par les autorités à Juipur en état de dénutrition et atteinte d'une grave septicémie. Une banque locale a offert un pousse-pousse tout neuf ainsi que mille roupies soit 150 euros. Le père de Damini reçoit des aides du monde entier : un indien vivant aux Etats-Unis lui a fait don de 100 000 roupies soit 1430 euros.

http://www.julienews.it/notizia/dal-mondo/la-foto-che-commuove-il-mondo/282717_dal-mondo_2.html?page=1

 [ Un nouveau rapport officiel (New Delhi) rendu public en septembre estime que les personnes ayant un revenu de plus de 25 roupies par jour [0,40 euro] à la campagne et de 32 roupies [0,50 euro] en ville ne sont pas pauvres et peuvent donc subvenir seules à leurs besoins en nourriture, éducation et santé. Mais devant la levée de boucliers de nombreux économistes qui soupçonnent le gouvernement de fixer un seuil de pauvreté très bas afin de réduire le budget d'aides sociales, l'Etat a fait marche arrière début octobre et a déclaré que l'éligibilité aux aides sociales ne dépendrait pas de ces nouveaux chiffres. Une autre méthodologie serait à l'étude.]

http://www.courrierinternational.com/article/2011/10/18/a-quoi-bon-compter-les-pauvres

Je me pose la question de la situation des enfants en Inde et je la redécouvre ici :

A Umblikaampatti (district de Salem) des enfants travaillent, non pas pour un salaire, mais pour avoir de l'eau !

Les Irulars (tribaux) vivant au pied des collines de Shevaroy, ont bien des difficultés dont la principale est le manque d'eau. De ce fait des enfants ont dû ramasser des boutons de jasmin pour avoir le droit d'emporter quelques seaux d'eau.

Une vingtaine d'enfants, entre 5 et 10 ans, sont réveillés à quatre heures du matin. Ils vont aux fermes, menés par les plus grands. Les petits sont derrière, suivis par les mères, tantes et grand mères, transportant des pots et des seaux. Jusqu'à 8 heures du matin, ils ramassent les boutons de jasmin et les mettent dans des récipients. Ils sont payés 1 à 2 roupies par jour soit en moyenne 15 roupies par semaine et cela 7 jours sur 7.

Mais ce n'est pas pour l'argent qu'ils travaillent, mais pour avoir de l'eau. Les propriétaires des jardins ont expliqué clairement que les enfants devaient travailler pour que les parents puissent prendre de l'eau aux pompes.

A leur retour les enfants vont à l'école, mais ils sont déjà fatigués, d'autant que les pesticides répandus pour les plantations leur donnent parfois des troubles. S'ils s'asseyent pour se reposer, ils se font vite rappeler à l'ordre.

Du fait des sécheresses à répétition dans ces régions, les puits sont vides et les habitants sont littéralement assoiffés. Les femmes parcourent des kilomètres pour remplir un pot d'eau potable. La sécheresse est si forte que la plupart des familles n'ont pu s'établir sur les terres qui leur ont été récemment allouées. Ils ont fait, sans résultat, des appels répétés aux administrations locales. Si les autorités apportaient de l'eau, les enfants n'auraient pas besoin de travailler.

(Source :The Hindu)

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http://www.droitsenfant.com/travail_jasmin.htm

 

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