Une culture de Davos... pour la planète?

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Samuel P. Huntington nous explique dans son livre "Le Choc des civilisations" ce que l'on pourrait appeler la culture de Davos à prendre dans le sens de "civilisation universelle" pour désigner [.... les principes, les valeurs, et les doctrines auxquels adhèrent nombre d'occidentaux et de représentants d'autres civilisations.]

Comme chaque année, les voici donc réunis au Forum de l'économie mondiale à Davos, en Suisse cette centaine de dirigeants d'entreprise, de banquiers, de hauts fonctionnaires, d'intellectuels, de journalistes venant de divers pays, tous diplômés en sciences, en sciences humaines, en gestion, en droit, [...] tous employés par leur gouvernement, société ou universités trés ouverts sur l'étranger, parlant l'anglais et voyageant souvent hors de leurs pays.

Ils partagent tous la même foi sur les vertus de l'individualisme, de l'économie de marché et de la démocratie politique, lesquelles sont très répandues chez les occidentaux écrit Samuel P. Huntington.

Tous les intervenants de Davos ont des charges dans les institutions gouvernementales, dans l'économie mondiale et dans la défense.

Si la culture de Davos est extrêmement importante, dans le monde entier combien sommes nous à partager cette culture ?  Elle prévaut probablement chez moins de cinquante millions d'hommes et de femmes ou 1 % de la population mondiale non occidentale nous dit Huntington et elle est loin de former une culture universelle. Ses dirigeants sont loin d'être en position de force dans leur propre société.

Selon Hudley Bull dans son livre "La société anarchique : une étude de l'ordre mondial", cette culture intellectuelle commune concerne seulement une élite [ elle est peu implantée dans de nombreuses sociétés et il n'est pas certain qu'au niveau diplomatique elle corresponde à ce que l'on a appelé une culture morale commune ou un ensemble de valeurs communes, par opposition à la culture intellectuelle commune.

Elle est donc loin de former une culture universelle mondiale à l'heure où la crise touche les 99 % de cette population, le coût de cette réunion par participant dépasse-t-elle toujours les 25000 euros ? Les émirs du Golfe, princes saoudiens, koweitiens et émirati  sont-ils toujours aussi courtisés?  Ces maîtres de l'or noir ou ces fonds souverains arabes sont-ils des sauveurs ou des prédateurs de la planète ? Est-ce que les révolutions arabes vont apporter du changement dans ce Forum de l'économie mondiale ?

Autant de questions auxquelles je n'ai pas de réponse sauf que les indignés s'y sont invités, bravant le froid pour dire "NE LES LAISSEZ PAS DECIDER POUR NOUS !"

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