Résister et s'organiser pour s'opposer à la politique d'extermination de Bolsonaro

Les peuples indigènes du Brésil ont plus que jamais besoin de la solidarité nationale et internationale pour survivre face aux politiques destructrices de l'environnement et des cultures ancestrales menacées aujourd'hui d'extermination. Le Président d’extrême droite du Brésil agresse les peuples indiens en facilitant l'invasion de leurs terres et l'assassinat de leurs dirigeants.

Les peuples indigènes du Brésil ont plus que jamais besoin de la solidarité nationale et internationale pour survivre face aux politiques destructrices de l'environnement et des cultures ancestrales menacées aujourd'hui d'extermination. Le Président d’extrême droite du Brésil a toujours agressé les peuples indiens en facilitant l'invasion de leurs terres et l'assassinat de leurs dirigeants. Face à la menace grandissante de retour en arrière imposée par l'État brésilien aux peuples originaires du pays, l'Association des peuples indiens du Brésil (APIB) a lancé la campagne « Sang indien: plus une goutte perdue» pour mobiliser la société en faveur des droits des autochtones, pour faire pression sur le gouvernement brésilien et les entreprises agroalimentaires à se conformer aux accords internationaux sur le changement climatique et les droits de l'homme dont le Brésil est signataire - tels que l'Accord de Paris, la Convention 169 de l'OIT qui exige que ces peuples soient en mesure de s’engager dans une participation libre, préalable et informée dans les processus politiques et de développement qui les affectent. Les principes de consultation et de participation de la convention n°169 se réfèrent non seulement aux projets de développement spécifiques mais également à des questions plus vastes de gouvernance et à la participation des peuples indigènes et tribaux à la vie publique. La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indiens (2007) établit un cadre universel de normes minimales pour la survie, la dignité et le bien-être des peuples autochtones du monde et elle élabore, basée les normes existantes des droits humains et des libertés fondamentales, leur application à la situation particulière des peuples autochtones. Sans oublier de rappeler la Déclaration de New York sur les forêts, une déclaration politique qui regroupe des gouvernements, des entreprises et la société civile, y compris les peuples autochtones, dont l’objectif commun est de réduire les pertes forestières naturelles de moitié d'ici 2020, en s'efforçant d'y mettre fin d'ici 2030. Mais les organisations des peuples indigènes ne veulent pas seulement rappeler les traités, les accords internationaux ni dénoncer les atrocités commises par le gouvernement du Brésil. Au-delà de ces dénonciations, elles demandent aussi la solidarité des citoyens des pays visités. Elles souhaitent former un réseau international de personnes et d’organisations qui soutiennent ses objectifs.

Dans ses discours, Bolsonaro a toujours agressé de manière raciale les peuples indigènes. Au cours de sa campagne, il a menacé de mettre fin aux réserves indigènes. Aussi, personne aujourd'hui ne peut être surpris par l'action de ce gouvernement ! Le président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro préconise l'exploitation commerciale des terres indigènes et des zones préservées.Le gouvernement de Bolsonaro entend également restreindre les droits garantis aux populations autochtones traditionnelles par la Constitution Fédérale de 1988, en particulier le droit à la terre et à l’utilisation exclusive de ses ressources naturelles.

Les organisations autochtones résistent à de nombreux massacres depuis des siècles. Au cours de ces dernières décennies de démocratisation au Brésil, ils ont obtenu plusieurs conquêtes chèrement acquises avec beaucoup de résistance et de négociation. Aujourd'hui, toutes leurs conquêtes sont menacées par le gouvernement d'extrême droite de Bolsonaro. Leurs terres ancestrales sont régulièrement grignotées par l’appétit vorace de l’agrobusiness, des compagnies minières et de l’industrie du bois. Ce gouvernement aux actes fascistes incite criminellement l'invasion illégale des terres indigènes par des bûcherons, des gros propriétaires terriens, ainsi que par l’arrivée de l’orpaillage illégale dans les réserves indiennes où toute activité minière était auparavant interdite. L’orpaillage détruit la forêt, pollue les fleuves et menace la survie de centaines de communautés autochtones. De manière scandaleuse, le président a coupé le financement et a réduit les personnels dans toutes les agences environnementales telles que IBAMA (Institut brésilien de l’environnement) et ICMBio (Institut Chico Mendes pour la conservation de la biodiversité) chargées de superviser et de faire appliquer les politiques environnementales.

Depuis le début de son gouvernement, il encourage le démantèlement d'organes et de fonds historiques tels que la FUNAI (Fondation National des Indiens) et le Fonds amazonien. L'agenda de la mobilisation internationale pour l'Europe vise à dénoncer toutes ces atrocités et à demander l'aide des organisations internationales et de leurs sociétés de se joindre à cette lutte afin de valider les droits des traités internationaux et faire pression sur le gouvernement brésilien afin d'éviter l'extermination des peuples d'originaire du Brésil. La destruction de l'environnement, les écosystèmes de l'Amazone où sont concentrés la plupart des peuples autochtones, signifie leur mort annoncée. Environ 300 tribus vivent aujourd'hui au Brésil, représentant environ 900 000 personnes, soit 0,4% de la population. Il y a 690 territoires autochtones qui couvrent environ 13% de la superficie du Brésil. 98,5%, la quasi-totalité de ces territoires, se trouvent en Amazonie.

La délégation de ce voyage international en Europe est composée de Sonia Guajajara, Alberto Terena, Angela Kaxuyana, Celia Xakriabá, Dinaman Tuxá, Elizeu Guarani Kaiowá et Kretã Kaingang. Ces dirigeants, espèrent que ce voyage sera un moment propice pour renforcer une campagne de dialogue, de pression, de dénonciation, de diffusion et de sensibilisation de la société européenne sur le contexte actuel vécu par les peuples autochtones au Brésil. La survie des peuples des forêts et la vie de la planète est menacée. Ils ont commencé par participer au synode des évêques pour l'Amazonie, inauguré le 6 octobre par le pape François au Vatican. À cette occasion, ils ont exigé le respect de la culture autochtone et rejeté les « colonisations idéologiques » destructrices ou réductrices. Ensuite, les dirigeants poursuivront leurs visites à Rome, en Allemagne, en Suède, en Norvège, aux Pays-Bas, en Belgique, en France, au Portugal, au Royaume-Uni et en Espagne. Des réunions sont également prévues avec les autorités et les dirigeants politiques, les députés européens et les partis verts, ainsi que le haut-commissaire des organismes de coopération internationale, des entreprises, les tribunaux internationaux, des activistes, des environnementalistes et des artistes, des intellectuels.

Les ambassadeurs des peuples des forêts du Brésil continuent de mener à bien leurs actions de sensibilisation pour défendre leur cause. Le lundi 4 novembre, ils étaient au Parlement européen pour exiger qu'aucun accord de libre-échange ne porte atteinte aux forêts, aux écosystèmes naturels et aux droits de l'homme. Pour les Indiens du Brésil, l’adoption de l’accord commercial UE-Mercosur devrait être suspendue jusqu’à ce que la protection de l’Amazone soit garantie. Les sept dirigeants de l'Association des peuples autochtones du Brésil ont exhorté les gouvernements belges à s'opposer à tout traité commercial avec le Brésil qui ne tiendrait pas compte des conséquences humaines et environnementales causées par d'importantes importations de soja ou de bois exotique, a expliqué Greenpeace au journal belge. : https://www.rtbf.be/info/societe/detail_une-delegation-d-indigenes-du-bresil-recue-au-parlement-fitarian?id=10358132.

À cette occasion, un hommage a également été rendu à Paulo Paulino Guajajara, un indigène abattu vendredi par des bûcherons illégaux venus abattre les arbres sans autorisation.

Les représentations d'organisations indigènes au Brésil font un travail fantastique en Europe qui mérite d'être accompagné et soutenu de tous. S'il vous plaît, informez et diffusez sur les réseaux et republiez sur les blogs et sites d'information. Ici en France, ALERTE FRANCE BRESIL, FIBRA (Rebeca Lang est l'un des activistes), ainsi que d'autres activistes d'organisations françaises qui ont suivi les activités et encouragé certains événements à cet égard, notamment Autres Brésils, Greenpeace France, Amnesty International France, Amazon Watch, Survival International, Tissage de liens, Droits de la nature, Collectif Mario Pedrosa parmi d'autres.

Bientôt les ambassadeurs des peuples indiens arriveront à Paris. Le 12 novembre il y aura la marche citoyenne Sang autochtone : pas une goutte de plus ! Il est prévu une réunion au Sénat et à l’Assemblée nationale et des réunions avec le monde associatif français.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.