La parole au gouverneur de l’Etat de l’Acre (Bresil) Sebastiao Viana

L’entretien du gouverneur de l’Etat de l’Acre (Amazonie brésilienne), Sebastiao Viana, aborde les questions environnementales, l’économie verte, sociale et politique et le mode de gouvernabilité avec inclusion sociale basée sur une conception du développement territorial intégré durable. Pour finir, nous abordons la crise politique liée aux affaires de la corruption au Brésil.

Bref aperçu :

Le Brésil est un état fédéral et l’Acre est l’un de ces états qui intègre l’Amazonie brésilienne avec une superficie de 164 km² 123,040, divisé en 22 municipalités. La population est estimée à 790.101, avec une densité de 4,47 hab. /km², et la projection de 972,464 habitants en  2030.

L’état de l’Acre conserve 87% de sa couverture forestière, où 47% sont des zones protégées, 14% des réserves indigènes, et 33% des aires d’unité de conservation, ce qui démontre la stratégie adoptée dans sa politique de développement pour préserver le maintien d'une riche biodiversité sous couvert de différentes formations forestières.

Il a été le premier Etat au Brésil à mener à bien un aménagement écologique du territoire qui a orienté et structuré des politiques de développement durable de  l'état depuis 1999.

L'entrevue avec le gouvernement de l'Etat d'Acre prend en compte le contexte international à la suite de la COP21 avec la signature de l'accord  à Paris par 195 chefs d'État contre le réchauffement climatique. Selon le président français, il s’agit du premier «pacte universel de l'histoire des négociations sur le climat ». L’entretien aborde les questions environnementales, l’économie verte, sociale et politique et le mode de gouvernabilité avec inclusion sociale basée sur une conception du développement territorial intégré durable. Pour finir, nous abordons la crise politique liée aux affaires de la corruption au Brésil.

Entretien avec le gouverneur de l’état de l’Acre (Amazonie brésilienne) Sebastiao Viana.

Monsieur le gouverneur Sebastiao Viana votre Etat a été connu en France par sa lutte pour la protection de l'environnement mené par Chico Mendes, dirigeant syndical, membre du Parti des Travailleurs et écologiste devenu une icône internationale après son assassinat en 1988. La coopération française a apporté sa solidarité en soutenant des initiatives dans le domaine des droits de l'homme et des projets de développement socio-environnementaux.

1. Quelle est aujourd'hui la politique de développement dans l'Etat de Chico Mendes? L’Acre peut également être cité comme un modèle de développement durable? Si oui, quels exemples concrets.

Le gouverneur a justifié sa politique de développement intégré et durable en montrant  une vidéo avec des expériences pratiques dans ce domaine. Il confirme que l’état de l'Acre a été l'un des premiers états au Brésil à proposer et mettre en œuvre une stratégie de développement alternative pour l'Amazonie. L’organisation territoriale du zonage écologique date de 1999. Selon lui, la ZEE-Zonage écologique-économique a servi de référence pour les politiques publiques au fil du temps, en donnant les  bases à une série de décisions sur la planification, l'investissement dans les projets concrets du gouvernement, par exemple: la création d'unités de conservation, la priorité aux investissements dans les chaînes d'approvisionnement stratégiques et la réalisation des actions de régularisation des terres.

2. Qu'est-ce que cela signifie mettre en place une politique du développement durable ?

Le concept de développement durable et la réduction de la déforestation dans mon Etat, dépasse le cadre théorique, il est une réponse alternative aux politiques de développement mise en place par la dictature militaire en Amazonie. Durant cette période l’Etat d'Acre est  devenu le centre des conflits socio-environnementaux au Brésil. Les gouvernements du PT ont cherché à répondre aux situations de conflits en mettant en pratique un développement qui prend en compte l'amélioration des conditions de vie de la population. Nous avons investi dans l'éducation, dans l'amélioration des infrastructures urbaines et rurales et dans la mise en valeur des ressources de nos écosystèmes respectant l’environnement. Nous avons stimulé le secteur culturel, notre but était de récupérer notre histoire et d’être fier de la trajectoire de Chico Mendes, de tous les récolteurs de caoutchouc et tous les peuples de la forêt. Soulignant les contributions socioculturelles et environnementales qui mettent en valeur notre patrimoine forestier et les écosystèmes. L'Etat a développé un idéal de "Florestania", c'est-à-dire lier notre identité à un concept de citoyenneté qui repose aussi sur la forêt et son interaction dans l'histoire de l’Acre.

Enfin, le gouverneur a expliqué ce que représente pour l’état de l’Acre d'avoir une économie verte avec une base bien diversifiée.

Nous cherchons à renforcer les chaînes de production existantes (forestier, agriculture et élevage) bien plus articulées avec d’autres écosystèmes. Les principales chaînes de production sont: La production de bois à travers une gestion environnementale appropriée de nos forêts ; un  management durable des ressources forestières de la forêt communautaire ainsi que privée ; les noix du Brésil, développement de la pisciculture, l'élevage de porcs, les volailles, ainsi que  le maïs, le manioc, la banane et le café, toujours en référence à la construction d'une économie à bas taux en carbone.

Nous mettons en place de nouvelles initiatives comme par exemple, l'élevage de poissons dans les zones dégradées,  la plantation de palmiers natifs, c’est le cas de l’Açai qui est planté avec d'autres palmiers tels que la noix de coco, associé avec des arbres fruitiers. Les conditions environnementales de l'État sont favorables à la culture de fruits tels que les bananes, les agrumes (orange, citron, mandarine), la papaye, la noix de coco, l’ananas, l’açaí et l’cupuaçu, fruit de la passion  etc. Ces plantations associées n’ont pas besoin de nouvelle déforestation.

Dans la vidéo que je vous montre vous pouvez voir comment les zones dégradées sont restaurées. Ces zones avaient jusqu'alors été occupées pour l’élevage du bétail, elles sont maintenant recouvertes de palmiers natifs et d’arbres fruitiers. L'un de ces projets bénéficie à 379 familles. La vidéo montre aussi d’autres régions considérées comme dégradées et qui aujourd’hui  se transforment  dans une zone verte associée à la gestion de l'eau pour la pisciculture.

Pouvez-vous nos donner plus d’information sur le Complexe Industriel des Poissons ?

Ceci est un vaste projet appelé Complexe de Culture des Poissons Amazon S / A, situé à Rio Branco (la capitale). La construction du complexe a pour but de fournir des poissons produits par les éleveurs de poissons d'Acre destinés aux marchés du Sud-est du Brésil de l'Europe et de l'Asie, en tirant parti de l'emplacement stratégique de l'Etat et de la proximité avec des ports du Pacifique. La mise en œuvre de ce complexe industriel du poisson avec  la participation de l'État, le secteur privé et les producteurs. Pour gérer le projet, il a été mis en place un consortium d'entrepreneurs, des  coopératives avec la participation de l'Etat, il s’agit dans un modèle de partenariat public-privé - communautaire (PPC), assurant une participation plus efficace du secteur privé et de petits agriculteurs familiaux dans ce processus. Ceci est, selon lui, l'une des initiatives les plus modernes du Brésil.

Le complexe dispose d'un laboratoire de production d'aliments, d'une chambre froide et d'alevins, avec 40 hectares de surface de l'eau - avec une capacité de production élevée combinée à la qualité. Le "poisson de l'Amazone S / A" complexe, fait vivre  2500 familles qui ont  25% des actions de la société. Ce projet a eu l'aide de la coopération danoise.

Nous avons réussi à concilier  l'occupation de la région avec la protection forestière et le développement durable. Ce  n’est généralement pas une équation facile en Amazonie, en général, il y a concurrence. Avant lorsque vous parliez de développement de l'Amazonie, il s’agissait surtout  d'élargir les zones d’occupation dans les forêts et de participer à des activités traditionnelles telles que l'élevage qui ne préserve pas la forêt. Vous savez bien qu’il y a eu des changements dans l’état d'Acre. Nous ne pouvons pas encore résoudre tous les problèmes, mais nous pouvons dire que nous allons de l'avant pour permettre le développement humain. Dans les années 70/80 il y avait un grand combat environnemental dénonçant le modèle existant, mais il a été limité à la protection des forêts, sans donner une réponse alternative au modèle de développement existant en Amazonie. Il a manqué le "comment faire" pour améliorer les conditions de vie des habitants de forêt. La question était non seulement de faire un acte politique pour empêcher la destruction de la forêt  et de voir que la population continuait dans la pauvreté et sans avenir, sans les soins de santé, sans accéder à l’éducation. On a beaucoup aussi parlé de la durabilité, « sustentabilidade » « développement soutenable » mais aucune proposition concrète.

Nous avons été le dernier Etat dans le domaine de  l'éducation au Brésil, aujourd'hui l'Acre est le 4ème, selon l'évaluation faite par le  ministère de l'Education fédéral. Aujourd'hui, 98% des enseignants de l'État ont des diplômés universitaires dans nos collèges. Nous sommes l'Etat qui a permis l’accès des  jeunes à l’université. Aujourd'hui  nous innovons en donnant l'occasion à des milliers de jeunes  de  participer à un système intégré d’éducation. Nous avons créé l'Institut de Mathématiques, de l'éthique, de la philosophie et de la citoyenneté, c’est l'interaction des sciences exactes avec les sciences humaines. Nous privilégions l'enseignement des langues étrangères, anglais, français, italien, espagnol en dehors des heures de classe. Plus de six mille jeunes étudient les mathématiques en dehors du programme scolaire et apprennent en même temps à jouer aux échecs. Nous voulons envahir les places publiques , les trottoirs avec des jeux d'échecs et autres jeux. Nous nous battons pour que nos jeunes quittent la drogue et d’autres dépendances. Nous préparons ces jeunes à apprendre une autre lecture du monde et à pouvoir  se préparer aux défis futurs.

3. Le mode de gouvernance bâti par le Parti des Travailleurs-PT à Acre survit encore? Il se distingue aujourd’hui des autres gouvernements?

Les gouvernements du PT ici en  Acre ont donné des exemples concrets sur la durabilité  du développement cela veut dire de travailler en mode concerté avec tous les secteurs dans une vision d’écosystème, c’est d’agir pour un développement d’une façon holistique en  travaillant de manière intégrée. Ceci est notre vision du développement de la politique de durabilité. La qualité de vie de l'être humain et de nos écosystèmes est notre principale préoccupation. L'environnement interagit avec la vie. Peut-être cette façon de travailler sur les questions de développement, comme vous pouvez le constater est  la marque de notre façon de gouverner localement avec une vision globale. Le mode « petiste » de gouverner c’est cette préoccupation d’améliorer la politique publique dans la promotion de l'inclusion sociale, économique et environnementale; Avoir une vision de continuité dans les politiques publiques. Les gouvernements du PT, même si chacun avait sa spécificité ont essayé de maintenir la philosophie d'une autre conception du développement. Nous n'avons pas abandonné les activités traditionnelles comme le caoutchouc et les noix du Brésil, elles ont été fusionnées avec de nouvelles technologies. C’est la façon de diversifiée notre économie verte. Nous avons adopté de nouvelles pratiques de commercialisation par exemple, avec la création de coopératives, ces initiatives ont favorisé l'augmentation des revenus des familles extractives. Aujourd'hui, nous avons de grandes industries de noix du Brésil et du caoutchouc naturel, nous avons eu un accroissement des exportations. Nous avons eu des améliorations  considérables du revenu des familles extractives et des petits producteurs. Voilà le « comment faire », investir dans l'amélioration des conditions de vie de notre population et  l'inclusion sociale, en donnant des réponses concrètes pour encourager l'économie verte et apporter une prise de conscience sociale et environnementale à ceux qui travaillent avec ces activités.  

Aujourd'hui, si vous visitez les villages indigènes dans l’état de l’Acre, vous trouverez des médecins et des ingénieurs, formés localement, les administrateurs, et de nombreuses personnes fortement liées aux activités des connaissances traditionnelles et de leur identité culturelle. Lorsque Jorge Viana a pris le premier mandat du gouverneur du PT dans la région, les Indiens avaient honte de dire qu'ils étaient des Indiens! Auparavant, ils vivaient une relation d'abandon, avec un  complexe d’infériorité de leur culture et de leur identité. Il n'y avait pas d'auto-estime de soi. Peu à peu, nous avons établi un dialogue de proximité avec des  interfaces politiques, en respectant l'autonomie de leurs modèles de vie, il y avait une écoute de  leurs revendications. Aujourd'hui, ils ont un diplôme d'études secondaires, certains ont  accès aux universités. Nous cherchons à les aider dans la phase finale de démarcations de leurs terres, en les aidant à accéder au crédit, et à l'investissement. Le gouvernement d'Acre a investi davantage dans la politique indienne que le gouvernement fédéral. Pour nous, il ne devrait pas exister de frontières, il doit y avoir des engagements enracinés de notre culture Amazonienne, ainsi nous luttons ensemble avec le peuple de la forêt.

J’ajoute aussi que le mode de gouvernement du PT dans l’Acre se retrouve dans  sa manière de gérer la forêt. Elle était exploitée de façon irrationnelle, la pratique à la destruction était stimulée en toute impunité. La forêt debout n'avait pas de valeur. Aujourd'hui, la gestion a non seulement amélioré la santé  financière de l'État comme elle a fait prendre une conscience plus écologique. Le camion chargé avec beaucoup de bois qui a tant choqué les écologistes, maintenant ne choque plus, parce que nous savons que le camion est rempli de bois certifiés issus de la gestion durable des forêts, avec l'inventaire et le contrôle. La gestion des forêts est l'utilisation rationnelle et écologique des ressources forestières pour obtenir des avantages économiques, sociaux et environnementaux. Aujourd'hui, la forêt vivante est debout! Il y a beaucoup de plans de gestion des forêts communautaires qui augmente le revenu des familles vivant dans la forêt de l’Acre.

Nous replantons seulement dans des zones ouvertes. Nous avons la chance d'avoir une forêt hétérogène là, vous n'êtes pas obligé de planter car elle se reproduit génétiquement contrairement aux forêts homogènes. Notre forêt ne survit que grâce à sa diversité génétique.

4. Maintenant une question d’ordre plus politique. Vos adversaires politiques parlent d'une oligarchie, d'autres d'une dynastie de "Viana" dans l’Acre, comment expliquer la présence continue des deux frères dans le pouvoir politique? Quelles sont les difficultés rencontrées dans une relation de parenté dans la politique?

Mon gouvernement a une énorme différence avec les gouvernements de Jorge Viana, cela ne signifie pas qu’il est meilleur. Nous avons des divergences et en même temps nous avons également beaucoup de convergences. Mon rapport de parenté n'a aucune incidence sur la façon de faire de la politique et d'exercer des mandats électifs. Nous avons  été élus par des moyens démocratiques. Nous avons un chemin militant et notre militantisme a eu lieu dans des endroits différents. J'étais dans le mouvement étudiant à Belém (capital de l’état du Para), j’appartenais à l'Union des étudiants du Para. Jorge mon frère a étudié à Brasilia, il a commencé son militantisme à l'université. J'ai fait mes études en médecine et lui d’ingénieur forestier. Cependant, nous étions ensemble dans le même combat pour la démocratie. Et, ensemble, nous avons participé à ce projet politique qui a donné lieu à ce mode de gouvernance et d’écodéveloppement. Chacun suit son destin avec son identité. J'ai été élu à deux mandats comme sénateur, je suis devenu président du Sénat, j'ai été élu deux fois gouverneur. Aujourd’hui j’ai vingt ans de vie politique, je suis un travailleur de l'idéal Amazonien, j’ai contribué à la politique de cet état et de l’Amazonie. Maintenant, je veux quitter la scène politique et je ne disputerais plus des mandats électifs, mais vais laisser la place à la nouvelle génération. J’ai beaucoup de jeunes dans mon équipe qui peuvent  prendre le relais.

Je vais quitter la vie politique avec la conscience tranquille et en paix. Je vais maintenant me consacrer à l'éducation de mes enfants et prendre soin de ma famille. Je continuerai à travailler pour laisser un héritage pour l'avenir. J’ai trop donné pour les idéaux collectifs, maintenant, je vais prendre soin de ma famille que la vie politique ne m’a pas  laissé  beaucoup de temps pour m’en occuper. Je n'ai pas une vision possessive  du pouvoir, le pouvoir est éphémère. J’ai un rapport serein et sain avec le pouvoir. Je n’ai que des idéaux et des convictions. Si Jorge veut poursuivre dans la vie politique cette question ne dépend pas de moi.

5. Dernière question Monsieur le gouverneur. En France et ailleurs le PT est touché par la détérioration de son ’image l'image du PT associé aux scandales de corruption au Brésil. Il semble que la campagne bien articulée des médias avec les secteurs de droite et conservateurs du Brésil a eu un impact dans l’opinion publique.  La corruption est un mal du PT ou une  malédiction du Brésil?

La corruption est un mal du monde! Regardez les scandales dans tous les pays, voyez le cas des pays impliqués dans l’exploration et dans l’exportation du pétrole, les scandales sont énormes et ne sont pas comparables avec ce qui se passe au Brésil. Il serait naïf de croire que la corruption au Brésil est née avec PT. Il y a eu une énorme corruption dans les années 70, pendant la dictature, le Parti des Travailleurs n'était  même pas né! Les scandales liés aux gouvernements de Fernand Henrique et des gouverneurs de son parti (PSDB) n’ont jamais été jugés. Ils ont reçu 100 millions de dollars en 2002 pour la campagne présidentielle et le PMDB est impliqué dans l’opération « Lava a Jato », mais cela reste occulté et n’ai pas divulgué par les grands médias brésiliens. Bien sûr, il y a eu aussi des cas de corruption de personnes liées au PT, il y a eu des gens qui ont profité des politiques de développement illégalement financés par la Petrobras. Cependant, des  52 députés dénoncés par l’opération Lava Jato seulement trois sont membres  du PT. Mais les médias traditionnels au Brésil avec les réseaux Globo font un bruit comme si tous les membres étaient du PT et passent en boucle une image négative pour la presse internationale comme si tous les membres et militants du PT étaient tous des voleurs. Leur seul souhait est de détruire l’image positive  du Parti des Travailleurs dans le monde. Leur  seul objectif est d’empêcher que Lula se représente à la prochaine élection.

Pour nous, il y a une question de principe, ce parti a été créé pour défendre l'éthique en politique et lutter contre la corruption. Ce parti a été élu pour faire une politique pour le peuple brésilien et non gouverné seulement pour l'élite. Et qui a fait le plus grand projet d’inclusion sociale au Brésil? C’est  Lula, il a gouverné pour les pauvres et a accompli  ses promesses en lui donnant sa  première des priorités. Lula est l'icône la plus grande de l'histoire politique brésilienne. C’est  lui qui a fait le choix de briser le « patriomonialisme » politique existant dans le pays où les pauvres existaient seulement aux élections. Il a mis pour la première fois la classe ouvrière dans la sphère du pouvoir. Pour la première fois, nous avons vu les pauvres, visiter le palais du gouvernement, les sans-terres, les sans abris, les mendiants, les victimes de préjugés brésiliens, des représentants d'organisations sociales, les syndicalistes, tous les groupes de la société civile qui luttent pour les droits humains et l'inclusion sociale étaient  reçus au Palais de la Présidence pour discuter sur les politiques publiques. Jamais un président au Brésil ne l’a fait. Il faut souligner que la Présidente Dilma n’a pas réussi à créer une relation de proximité avec la base populaire du PT ni avec les organisations sociales, cela nous a laissé vulnérable aux attaques contre la démocratie.

Lula est devenu le gouvernement du peuple, mais il a fait une  politique pour tous les Brésiliens sans discrimination. Il a mis en place des politiques sociales, environnementales et industrielles, payé la dette extérieure au Brésil. Il a rompu avec le cycle de l'exclusion du Brésil. Il a créé des moyens pour lutter contre la corruption, en habilitant les organismes pour superviser tous les actes de corruption jusque-là  jamais  contrôlé ...

Le problème au Brésil est qu’il existe les propriétaires des grands médias et une élite qui déteste le PT et Lula. Il y a une élite qui a quitté les espaces de domaine du pouvoir. Cette élite était habituée aux facilités, elle connaissait tous les schémas de négociations pour accéder à ses désirs d’accumulation du capital, les actes de corruption pour elles étaient naturels.  Cette même élite s’est alliée avec les médias aujourd’hui pour attaquer le PT et Lula. Ensemble ils ont mis en place tous les moyens pour démoraliser les gens liés au PT, comme cela a été fait pendant le fascisme. Le pire est de voir certains secteurs de la justice s’associer à eux et utiliser les mêmes armes pour détruire la dignité des gens sans prendre en compte la présomption d’innocence. Il est triste de voir les manipulations de toutes sortes pour alimenter la division du pays, de parier sur le pire. De traiter le Parti des Travailleurs d'organisation criminelle. Ils attisent la haine entre les gens et recherchent un  coup d'Etat.

Il est regrettable de voir que  le vrai combat contre la corruption au Brésil est dévié par la manière dont le Juge Moro et certains membres de la police fédérale ont procédé avec l’opération « Lave-Jato »-lavage express ». Ils ont eu tout l’appui de l’Etat et de la population pour mener à bien les investigations, mais au fur et à la mesure du temps on se rend compte que la corruption n’était qu’un prétexte à fins politiciennes. Cela a  fait mal à la légalité constitutionnelle et fragilise nos institutions. La façon dont la justice a été médiatisée est devenue dangereuse. L’usage des méthodes fascistes sont répréhensibles. La campagne de haine contre le PT est injuste car il a donné sa contribution à  la justice sociale au Brésil.

 

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