Le grand leader politique Lula fête ses 75 ans. Bon anniversaire Président!

Aujourd'hui, Lula  fête ses 75 ans. Lula est né le 27 octobre 1945 dans le village de Caetés, dans l’état de Pernambuco. Cet homme a eu un apprentissage de la vie que peu de politiciens brésiliens ont acquis. C'est dans le quotidien du monde ouvrier qu'il a découvert l'importance de la politique. La lutte de classe pour lui n'était pas conceptuelle, c'était une réalité vécue. 

Aujourd'hui, Lula  fête ses 75 ans. Lula est né le 27 octobre 1945 dans le village de Caetés, dans l’état de Pernambuco. Cet homme a eu un apprentissage de la vie que peu de politiciens brésiliens ont acquis. À l'âge de dix ans il a dû abandonner l'école en raison de son état de pauvreté qui l'a forcé à travailler pour survivre. À l'âge de 14 ans, Lula commence à travailler à l'usine automobile de São Bernardo en tant qu'opérateur de tour. C'est dans le quotidien du monde ouvrier qu'il a découvert l'importance de la politique. La lutte de classe pour lui n'était pas conceptuelle, c'était une réalité vécue. Durant sa vie à l'usine, l'ouvrier a compris la nécessité d'une lutte collective, le défi était de s'organiser pendant la période du  régime dictatorial. À 21 ans, il rejoint le syndicat. Peu à peu, il a commencé à prendre goût à  la politique et très vite il a compris le mécanisme de fonctionnement de la société brésilienne, ses contradictions et son conservatisme si bien décrit dans le livre de Gilberto Freire - Casa Grande-Senzala-. Certes, en cette période de militantisme syndical actif, Lula ne devait pas avoir beaucoup de temps pour ce type de lecture, cependant, lorsqu'il a assumé la direction d'un syndicat, il a pris  conscience qu'il avait besoin de plus de formation, il a pris goût pour la lecture d'articles et pour les discussions politiques. Il s’est entouré d’ intellectuels, de prêtres , d’évêques engagés dans la défense des droits humains. Il a été adepte de la théologie de la libération. Lula a toujours été très religieux, c’est un croyant.

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Au fil du temps, il a acquis une maturité politique et a élargi ses connaissances. Sa vie a été liée à la lutte pour les droits politiques, sociaux. Il incarne l'actualisation d'un humanisme de gauche, car cet ouvrier, devenu homme politique, s'est toujours révolté face à la dégradation de la condition humaine et il a toujours été cohérent avec les valeurs de fraternité, de solidarité et de justice sociale. Son humanisme de gauche n'est pas une mascarade qui a guidé les fausses valeurs de l'humanisme ethnocentrique européen par le passé et qui a conduit à la création d'un monde inégal et individualiste, qui a réduit les êtres humains à des marchandises, détruit les cultures et la nature. L’ouvrier Lula a défendu les droits de la classe ouvrière, il a lutté contre la dictature, il s’est engagé dans la lutte contre la pauvreté, contre tous les formes d’exclusion et de discrimination.

Cet homme sans grandes études est un autodidacte, il est capable de traiter différentes thématiques sociales, politiques, économiques, culturels etc. Lula a appris à contextualiser la réalité économique, sociale et politique du Brésil mieux que de nombreux intellectuels et politiciens, dits sociologues. En tant que dirigeant syndical, il a été un excellent négociateur pour la défense des droits du travail et en tant que politicien un grand articulateur dans la lutte pour la démocratie brésilienne et ses droits.

Le pouvoir ne lui a jamais monté à la tête, il a gardé son humilité, il a toujours été fier de ses origines et il n'a jamais eu de complexe d’infériorité, au contraire, il se rappelle toujours de la vie misérable vécu par sa famille du Nord-Est et en tant que migrant à Sao Paulo. Bien qu'il ait vécu une vie de sacrifice dans l'enfance et l'adolescence, il a toujours regardé la vie avec optimisme, humour et amour. Il a également appris à aimer São Paulo et son équipe de football Corinthians. Et c'est à São Paulo que le citoyen Lula a commencé sa carrière politique et a participé à la fondation du parti des travailleurs – PT-. Il a été candidat au poste de gouverneur de l'État de São Paulo, puis député fédéral et s'est présenté 4 fois à la présidence de la République, 1989, 1994, 1998 pour finalement être largement élu en 2002.

Lula savait qu'il serait difficile de gouverner le Brésil, il savait que les héritiers de la « Casa Grande » ne faciliteraient pas l'exécution de son mandat présidentiel, d'où la sagesse de Lula dans la notion d'équilibre des contraires pour appréhender la réalité politique du Brésil. Le Brésil traversait une grande crise sociale et économique, la dette brésilienne explosait. La crise financière serait le premier obstacle du gouvernement. Comment lutter contre la pauvreté et lutter contre l'exclusion sociale avec un pays endetté et sous pression du FMI ? Ses créanciers et les adversaires parient immédiatement sur son échec et son incapacité à tenir ses promesses électorales. Au-delà de ces difficultés, le gouvernement Lula ne disposait pas de majorité au Sénat ni à la Chambre des députés. Le grand négociateur syndicaliste ne s'est pas découragé et il a dit qu'il gouvernerait pour tout le monde et qu'il devrait négocier avec toutes les représentations politiques. Les obstacles n’allaient pas manquer en effet sur la voie des transformations que Lula souhaitait impulser. Même ses amis de la gauche plus radicale lui faisaient des reproches  lorsqu’il a été obligé de composer son gouvernement avec des alliances hors de la gauche. Lula était prisonnier d’un régime présidentiel à la brésilienne qui n'était pas compatible avec la nouvelle république démocratique brésilienne. De nombreux partis ont été implantés pendant la période de la transition de la dictature vers la démocratie. Beaucoup ont surgi sans fondements idéologiques. Malheureusement, aucun gouvernement post-dictature ne peut concevoir un projet de réforme politique, souvent par manque de majorité et parfois par manque de volonté politique. Il y a une dispersion du système des partis au Brésil qui rend difficile la formation de majorités dans la chambre des députés et sénat. Cela peut compliquer davantage la mission du pouvoir exécutif, car c'est au corps législatif de faire les lois. On imagine qu'il suffirait d'avoir la volonté politique pour promouvoir tous les changements fondamentaux que la population attend depuis des années. Cependant, le président Lula devait marcher sur des œufs pour maintenir l'équilibre entre l'exécutif et le législatif. L'exécutif négocie avec les élus au congrès et non avec la société. La question cruciale est donc : comment garantir une bonne gouvernance face à des parlementaires qui la plupart du temps ne représentent pas du tout leurs électeurs ?

Mais Lula qui adore le football a réussi à dribler ses adversaires et le néolibéralisme imposé par le FMI. Alors que la crise économique internationale a entraîné une régression de la politique sociale dans plusieurs pays, le Brésil a pu maintenir les améliorations pour les couches les plus pauvres de la population et, en même temps, préserver la stabilité macroéconomique.

Comme dirait Albert Camus dans l'essai « l’homme révolté » : « Pour être un homme, il faut refuser d'être Dieu ». Et dans un pays ou Dieu est partout où l’on dit souvent pour n’importe quoi « grâce à Dieu », Lula a réussi, malgré quelques erreurs, à mettre un place le plus grand programme d’inclusion sociale au monde. L'objectif de ce programme, à court terme, a été d’atténuer les problèmes découlant de la situation de pauvreté et, à long terme, d'investir dans le capital humain, brisant le cycle intergénérationnel de la pauvreté. La lutte contre la famine et la pauvreté était sa principal priorité. Lula a quitté la présidence du Brésil, avec 80 % de ses concitoyens approuvant son action. Quels que soient les quelques ratés de ses gouvernements, Luiz Inácio Lula da Silva est le responsable politique de l’Amérique Latine qui a le mieux réussi. Cette réussite doit beaucoup à son charisme exceptionnel, sa bonne humeur, sa sensibilité sociale. Mais sa réussite est aussi, son lien  inséparable avec des mouvements sociaux et sa foi dans l’avenir meilleur pour le Brésil. 

Mais le succès de Lula a dérangé les maitres de la «  Casa Grande » et par peur de son retour au pouvoir ils ont réussi à l’écarter de la principale option du camp progressiste à l’élection présidentielle de la République du Brésil en 2018.Une procédure pénale a été engagée contre l’ex-président, il était possible de voir qu’il y avait des signaux clairs de violation de l’impartialité judiciaire. Sergio Moro, auteur de la sentence condamnant Lula, a retiré un profit politique, médiatique et social de la cause qu’il a jugée. Il a permis l’ascension au pouvoir de l’extrême droite et par la suite il a été nommé Ministre de Justice par le nouveau président Jair Bolsonaro. L’impartialité, par définition, est synonyme d’inaliénabilité, c’est-à-dire que les juges ne peuvent avoir d’intérêts personnels ayant un rapport avec l’issue du procès, pas plus qu’ils ne peuvent agir pour tirer un profit politique, médiatique, financier ou social de l’affaire mise en jugement. Moro a clairement signalé, par des déclarations publiques, qu’il se considérait adversaire du projet politique incarné par l’accusé.

Aujourd’hui, le jour de l’anniversaire de l’ancien Président Lula, la Cours Suprême du Brésil (STF) doit trancher ce mardi (27), jour où l'ex-président Luiz Inácio Lula da Silva fête ses 75 ans, sur le jugement de l'appel contre sa condamnation dans l'affaire du triplex Guarujá (SP), par le juge d'alors Sérgio Moro. Le rapporteur est le ministre Félix Fischer.

Nous attendons que le pouvoir judiciaire brésilien arrête de violer les limites de la justice et de l’éthique. Le cas de Lula est un cas exemplaire d’action étatique qui ne respecte pas le cadre de la légalité démocratique.

Bon anniversaire Président Lula ! Que la Justice brésilienne puisse reconnaitre ton innocence.

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