Le trône obscène et morbide de la dynastie Bolsonaro

L’œuvre de l’artiste-peintre et sculpteur Marcio Machado, vivant à Paris depuis 1972, sera exposée Place Saint Michel sur le parvis de la Fontaine Saint-Michel, au Quartier Latin, les samedi 5 le dimanche 6 Septembre, pour se terminer le 7 Septembre prochain, jour anniversaire de l’Indépendance du Brésil. L’exposition regroupe trois grandes oeuvres.

L’œuvre de l’artiste-peintre et sculpteur Marcio Machado, vivant à Paris depuis 1972, sera exposée Place Saint Michel sur le parvis de la Fontaine Saint-Michel, au Quartier Latin (Photo: Carlos Delgado), les samedi 5 le dimanche 6 Septembre, pour se terminer lundi 7 Septembre prochain, jour anniversaire de l’Indépendance du Brésil de 10h. à 19h. L’exposition regroupe 3 Grandes Œuvres.

 © Carlos Delgado © Carlos Delgado

L’artiste brésilien Marcio Machado a produit un trône totalement construit avec des os, lequel est nommé « Le Trône Obscène et Morbide de la Dynastie Bolsonaro ». L’œuvre d’art est composé de tibias et d’omoplates de bovins. Sa visualisation marque non seulement par l’inattendu du support utilisé et par sa taille, équivalente aux trônes réels que l’on peut trouver dans nos palaces, et par le résultat artistique obtenu. Les articulations du trône sont dorées à la feuille d’or. « Bolsonaro mérite d’être intronisé sur un trône d’os après sa gestion irresponsable de la pandémie et pour ses attaques à la démocratie et à la culture.

L’artiste veut mobiliser la communauté brésilienne de Paris, ainsi que d’autres nationalités engagées contre l’autoritarisme et le négationnisme scientifique, pour se rassembler dans ce lieu pour l’intronisation symbolique du président Bolsonaro. L’artiste doit exposer aussi un cercueil qu’il a décoré avec abondance d’accessoires funèbres : une autre œuvre faisant allusion à la mort et dénonçant le « dégouvernement » brésilien. Le dernier jour (7 septembre) est la date de l'indépendance du Brésil, selon Márcio, l'événement invite également à célébrer dans le meilleur style brésilien, avec de la musique et de la danse, en demandant une «nouvelle et véritable indépendance», sans soumission aux États-Unis. Pendant les trois jours, de 10 heures à 19 heures, des signatures seront recueillies en faveur de la destitution de Bolsonaro.

Selon l’artiste sculpteur peintre, Jair Bolsonaro  est assis sur des dizaines de milliers de brésiliens morts, un « véritable génocide. ». Ses trois fils, héritiers politiques du président, le sénateur Flavio, le député fédéral Eduardo, le conseiller municipal de Rio de Janeiro, Carlos sont eux aussi les cibles de contestations.

Premier artiste brésilien invité à exposer au centre Beauboug-Georges Pompidou, un des plus prestigieux musées d’art et culture contemporains de Paris, Marcio explique que « le Brésil sera un des pays ayant le plus grand nombre de morts du coronavirus du monde, la faute à une politique équivoque, voire criminelle, du gouvernement, qui ne prend pas en compte les protocoles mondiaux de combats contre la pandémie. Il a rendu impossible la permanence de ses ministres de la Santé sur le poste, il a nommé un général qui n’est pas spécialiste et a promu l’utilisation d’un médicament dont l’efficacité n’est toujours pas prouvée. En fin de compte, une véritable mascarade. » 

Opposant farouche au régime autoritaire « neofasciste » et belliqueux, Machado considère qu’il est nécessaire de réaffirmer  que le Brésil « court un risque sérieux de régression institutionnelle au nom de la vocation obscurantiste » du gouvernement. Pour lui, la situation du pays « est d’une grande étrangeté. On a l’impression de quelque chose de surréel, d’inexplicable. Alors que, avant d’être candidat, Bolsonaro était déjà connu pour ses déclarations racistes, antisémites, homophobes, anti-culture, antiscience. Il va jusqu’à affirmer en public que la terre est plate. Il a déclaré que, durant la dictature, les militaires auraient dû, au lieu de pratiquer la torture, assassiner purement et simplement les opposants, dans un récit digne d’un musée des horreurs. On se réveille dans une réalité pire que le pire de nos cauchemars, avec son défilé quotidien de mauvaises nouvelles.

Selon l'artiste brésilien, la situation du pays «est surréaliste». Hormis la pandémie, l'Amazonie est en flamme.  Pour Márcio, les enfants de Bolsonaro jouent au président, donnent des instructions absurdes et alimentent des mensonges, des fausses nouvelles, avec les ministres militaires à ses ordres et soumis ». Le gouvernement minimise  l’agressivité de la famille, nargue le protocole, la justice, tout dans un environnement de mépris de la constitution et de la population indigène, noir et pauvre, actuellement décimés par le virus sur la carte du génocide

Vie et carrière

L’artiste a quitté le Brésil en 1972, alors en pleine dictature militaire (1964-1985) avec un groupe de personnes liées au monde de l’art, avec parmi elles l’écrivain Caio Fernando Abreu. 

Marcio Machado c’est un artiste engagé il est resté informé sur la politique brésilienne. Ses inquiétudes quant à la stabilité démocratique se sont accrues depuis l'élection de Bolsonaro, dont il a pris ses fonctions en janvier de l'année dernière. Le risque de régression institutionnelle au Brésil est devenu une possibilité, bien que la majorité de la population apprécie la démocratie.

Parallèlement aux arts plastiques, Marcio MACHADO a été reconnu pour ses activités au sein des arts dramatiques, ’il a commencé à Porto Alegre  au Centre des Arts Dramatiques. Durant 15 ans, il a dirigé sa propre école au sein de la capitale française. Il y recevait des élèves locaux, mais aussi d’autres pays (USA, Japon, ...). Il venait aussi au Brésil en qualité d’invité de l’Université d’Art Dramatique de Rio Unirio, pour y encadrer des master class.   

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