Et maintenant, LA TRIQUE

Hier nous étions dans une démocratie bancale, aujourd’hui nous ne sommes plus en démocratie ; c’est officiel, c’est dit. Aujourd’hui, c’est « plus de bleu dans les rues » (quand on n’en avait jamais vu autant, et de plus en plus, que les cinq dernières années), et : vous allez arrêter de faire autre chose que ce qu’on vous dit de faire. Vous obéissez, désormais.

La trique, c’est Darmanin qui fait une descente dans un quartier de Grenoble en réaction à une vidéo virale d’un clip de rap, et il a je ne sais combien de policiers avec lui, « et maintenant l’ordre va régner », et il se ridiculise avec ses coups de menton et ses gros bras adressés à personne, et on n’a pas un Ministre de l’Intérieur, on a un petit shérif grotesque de western parodique. C’est très drôle à voir, autant qu’atterrant. Sauf que le petit shérif parodique est Ministre de l’Intérieur. Et le playboy veule en scooter de mer, Président de la République. Et ils ont les dents longues. Le pouvoir, ils l’ont, ils en veulent encore plus, et pas pour notre bien.

Hier, dans ce pays, nous avons franchi la limite entre une politique de précaution (quoi qu’on pense de celle-ci, et de ses raisons et modalités) et le pur autoritarisme. Une bascule. Masque en extérieur, « couvre-feu », décisions de fait absolument inutiles, d'un point de vue statistique, pour arrêter la circulation du virus, puisque l'immense majorité des contaminations ne se fait pas là… Ce n’est donc plus du virus qu’il s’agit. Mais de communication, bien sûr (masquer manques, incompétences et mensonges criants) ; et surtout de mise au pas. Quand l’ordre devient de l’ordre pur : dont l’unique sens est de nous faire obéir aveuglément, alors on a changé de registre. Faut-il s’arranger avec ?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.