Ciné-tracts

Pendant que les salles de cinéma essaient de survivre, des cinéastes parcourent les rues encore ouvertes pour dire leur colère et celle de tous ceux qu'on n'entend pas. Je relaie ci-après, en écho et suite à l'interpellation publiée il y a quelques jours, leur appel à «Plans-portraits».

Ciné-tract 010, 1968 Ciné-tract 010, 1968

APPEL À RÉALISER DES "PLANSPORTRAITS" POUR UN CINÉ-TRACT EN FORME DE CONTREPOUVOIR, QUI TRADUIRA LA DIVERSITÉ DES COLÈRES ACTUELLES

Nous proposons à celles et ceux qui le souhaitent de participer à la réalisation d'un ciné-tract collectif qui traduira la diversité des colères actuelles.Il s'agit de réaliser des "plans­‐portraits" de personnes silencieuses de tous les horizons (acteurs sociaux, soignants, enseignants, étudiants, sanspapiers, précaires de la culture, agriculteurs, petits commerçants, etc.), et tenant devant elles une pancarte ou une banderole. Le plan est fixe (d'une durée de 12secondes). La prise de son capte autour de chaque personne la vie qui l'environne. Chaque personne se tient debout, et regarde la caméra, de face. Chaque personne est filmée en plan rapprochée taille avec un masque (tissu ou chirurgical) si elle le souhaite, en tenue de travail ou non mais on doit surtout bien percevoir à l'image l'intensité de son regard, son corps, sa présence et sa force intime. Si un plan plus large est nécessaire (grand texte, banderole, deux personnes pour la tenir), on peut adapter le cadre, en restant attentif au regard de la personne. Sur la pancarte ou la banderole figure un texte incarnant une colère adressée au gouvernement, soulignant les manques et les mensonges, son incompétence, l'incohérence / la bêtise de son action et de sa communication, ses objectifs délétères, son autoritarisme. Ces textes qui disent à la fois la colère et l'inquiétude face à l'avenir peuvent avoir été utilisés lors des dernières manifestations depuis le déconfinement. Ils peuvent aussi être réécrits, en reprenant des formules découvertes, lues et aimées lors de ces mêmes manifestations. Ce textecolère est tenu devant soi, ou audessus de la tête bras levés (comme on peut le faire en manif, comme le préfère chaque personne). Les personnes peuvent également se tenir devant / à côté d'un collage féministe. Ces plansportraits seront mis en opposition au montage (par Dominique Barbier) avec des extraits des dernières interventions d'Emmanuel Macron ou d'autres interventions récentes du gouvernement. En utilisant les armes du cinéma militant, ces extraits pourront être décortiqués, remontés et analysés pour mieux mettre en valeur les contradictions, le mépris et l'humiliation qui se dissimulent à peine derrière certains propos.

Les rushes peuvent être envoyés via WeTransfer en fichier .mov à l’adresse collectif.cinetract2020@gmail.com

 

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