Cette "interpellation", reprise d'un commentaire sur le blog de Philippe Noguès, député socialiste du Morbihan, s'adresse, en fait, à tous les députés socialistes qui nous lisent... Surtout à ceux qui tentent, la tête déjà sous l'eau, de "se la sauver" sans nous sauver nous tous... ainsi qu'à leurs électeurs et bien au-delà de l'au-delà. Que la "classe politique", dans son ensemble de molesse néolibérale et de droite très méchante, se le tiennne pour dit.
Monsieur,
Messieurs dames,
Pardon pour ma sévérité et mon franc parler mais votre démarche, Monsieur, est amplement douteuse, car j'observe en premier lieu ceci : vous avez ouvert ce blog voici très peu de temps (moins d'une semaine), dans l'urgence, au moyen de seulement deux billets (1).
Cela sent la bouée de sauvetage et la précipitation. Et, du coup, cela donne la très mauvaise impression que vous n'êtes pas venu ici par goût de débattre avec vos concitoyens en général, avec vos électeurs et d'égal à égal en particulier, mais bien sur une mesquine défensive au vu de vos catastrophiques résultats électoraux. Sauver les meubles quand l'eau a trop monté et que la coupe déborde ?
Non seulement c'est vénal, mais vain et trop tard.
Un peu comme si Copé, la peur au ventre et le couteau sous la gorge, se jetait à corps perdu dans la piscine d'un blog sur Médiapart dans la minable intention de se dédouaner des Big millions (et du reste) qui lui collent à l'arrière-train.
L'abstention dans le corps électoral est un désastre. Mais elle possède ses raisons et ses causes, sa logique - auxquelles vous, par parenthèses, contribuez amplement vous-même par vos choix et votre position. Celle-là, vous la déplorez sans trop de cauchemars j'en suis persuadée...
Or vous venez vous vantez ici de vous être abstenu sur l'investiture et le pacte de stabilité. Mais... qui ne dit mot consent : c'est vrai de facto de la majorité de "pauvres diables" écœurés du 25 mai, mais eux sont excusables. Pas vous. Non, vous n'avez aucune excuse.
Ce dont, par contre, vous eussiez pu, au moins par pudeur, vous abstenir, c'est de tenter, ici, de vous faire passer pour ce que vous n'êtes pas du tout. Un authentique rebelle aurait-il consenti à saccager un peu plus la vie de ses compatriotes en votant toutes les mesures adoptées depuis 2012 par vos amis : ANI, allongement des durées de cotisations, augmentation de la TVA, etc. Et auparavant, tous, absolument tous les redoutables traités européens qui "chapeautent" ces reniements ? Autrement dit en consentant au pire activement, tout en tentant se "revirginiser" en catastrophe, quand la planche à électeurs s'enraye méchamment ?
S'abstenir, pour un représentant du peuple (face à une politique aussi résolument hostile à ce peuple dans son ensemble) est encore plus lâche que d'y avoir consenti des deux mains, car après avoir trahi vos électeurs, vous trahissez vos maîtres sans risque pour eux.
Non, vous n'attraperez pas les quelques mouches qui vous lisent ici avec ce genre de limonade.
Dans une vidéo encore en Une sur Mediapart (où il est question d'histoire, de politique et de littérature), le philosophe Jacques Rancière fait cette occurrence :
"Il y a 30/40 ans, le parti socialiste a reçu pour tache historique de liquider la gauche. Il a réussi très correctement".
Je vous l'offre à méditation. Mais surtout à tous vos électeurs et à nos quelques lecteurs respectifs, statistiquement modestes....
(1) - http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-nogues