De la haine des médias au fake de Jean-Marc Sylvestre

Fonctionnaires, cheminots, "pantouflards du privé" CGT... L'éditorialiste menteur ne sait plus où donner de la haine. De la haine des medias à la haine à laquelle Jean-Marc Sylvestre invite son public (ses hordes sauvages ?), ne pourra pousser que la honte d'une profession -l la sienne - qui est loin d'être un métier, et encore moins un métier honorable

Ce n’est pas parce qu’il est catalogué parmi les chiens de garde que Jean-Marc Sylvestre est autorisé à mentir si éhontément et à ce point. L’éditorialiste (TF1, LCI BFM Business) signait hier, sur le site Atlantico, un long publi-reportage à la gloire du Groupe Prefon retraite, tout en se payant la gaufre de… d’incriminer la CGT et elle seule. Il l’accuse d’être à l’origine de sa création, alors que la CGT est le seul syndicat à s’y être opposé ! Fallait déjà l’oser. Et cela, comme par hasard, à quatre jours d’une mobilisation qui s’annonce favorablement pour la défendre du Service public, spécialement la sncf, et à quelques mois d’un nouvelle attaque par le gouvernement contre le régime de la retraite par répartition, c’est à dire contre l’ensemble monde du travail.

Titre de Sylvestre : Prefon, les secrets de la pépite fiscale inventée par la CGT pour aider les fonctionnaires à améliorer la retraite par répartition. (sic)
2018.03.17 / Atlantico
La Prefon a plus de 50 ans, c’est un produit de retraite fondé sur la capitalisation, réservé aux fonctionnaires pour compenser les faiblesses du régime général. Nous dit l’éditorialiste.  Ok.
(…)
Il poursuit ainsi sans ambages : « La France n’a jamais pu installer des systèmes de retraite par capitalisation, beaucoup plus simples, car dans ce cas, chacun fabrique sa retraite. Il place son argent, le fait travailler pour percevoir une rente quand il arrête de travailler. » C’est dit.

Puis il entreprend de dresser l’historique de Préfon. Citation de ce qu’il place lui-même en caractères gras pour mieux crédibiliser son titre :

« Il faut dire que les syndicats et notamment la CGT et FO ont été, depuis la Libération et les lois sur la sécurité sociale, les avocats et les défenseurs des régimes par répartition. (…)
 

Quand la CGT découvre les avantages de la capitalisation, elle crée la Prefon. Le comble dans cette histoire, c’est que c’est la CGT et le parti communiste qui ont obtenu, il y a un demi siècle, la création d’une retraite par capitalisation complémentaire réservée aux fonctionnaires. »

« C’est pourquoi ce système, qui avait été imaginé par la CGT pour venir en aide aux fonctionnaires modestes, est finalement utilisé par les anciens fonctionnaires qui pantouflent dans le privé et qui veulent sécuriser des bonus en toute impunité fiscale. »

 ________

Or, si l’on se rend sur la page wikipedia pour Prefon, que lit-on au chapitre « Création » ??. Eh bien on apprend ceci :

« Quatre organisations syndicales de fonctionnaires, FO (Force ouvrière), la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens), la CFDT (Confédération française démocratique du travail), et la CGC (Confédération générale des cadres), s’associent avec une association des hauts fonctionnaires, le CEL (Comité d’études et de liaison) et un inspecteur général honoraire de l'Économie et des Finances, Bernard Mélamède2, et fondent l’association Préfon (acronyme de Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique). »

Puis :
« La CGT, et la branche de la Fonction publique de la Mutualité (FNMFAE) qui ont participé aux premiers groupes de travail se sont opposées à participer au lancement du régime Préfon-Retraite. La FEN, qui proposait déjà la MRI (Mutuelle retraite des instituteurs) n’a pas participé aux travaux préparatoires de janvier à mai 1964. »

« L’opposition de la CGT. De février au 14 avril 1964, des représentants de la CGT ont assisté aux rencontres organisées autour du projet de constitution d’un régime complémentaire de retraite pour la fonction publique. Contestant le caractère facultatif de l’affiliation décidé en avril, ils ont finalement quitté le projet. La CGT a régulièrement fait paraître des critiques contre le projet Préfon et le régime Préfon-retraite9.

 -  Présidents
Le président a un mandat de 4 ans. Il est désigné par les membres du Bureau dans le cadre d’une présidence tournante régulière entre les 4 organisations syndicales fondatrices. Les critères qui gouvernent le choix du président n'ont jamais été rendus publics.
• Pierre Tribié FO 1964-1968
• Louis Marchetti CFDT 1968-1970
• Maurice Tissot CGC 1970-1975
• André Giauque FO 1975-1979
• Raymond Cabaret CFDT 1979-1983
• Pierre Dauchaud CFTC 1984-1987
• André Giauque FO 1988-1991
• Christian Chapuis CGC 1992-1995
• Pascal Renaud CFDT 1996-1999
• Nicole Prud’homme CFTC 2000-2003
• Christian Chapuis CGC 2004-2007
• Philippe Soubirous FO 2008-2011
• Pascal Renaud CFDT 2012-2015
• Denis Lefebvre CFTC 2016 - 2020

 Bref, les fonctionnaires sont des fraudeurs fiscaux (surtout les cheminots sans doute) et c'est bien sûr la Cégette qui les y a incités.

Oui, lorsqu'on lit des types comme Jean-Marc Sylvestre, on a envie de vomir. Et de s'exclamer : quel fumier ! Quel salopard malfaisant.

Tous avec eux, - mais aussi pour nous tous ! - le 22 mars.

Et contre la chasse aux sorcier(e)s d'hier et de to day.

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