A propos d'"essais cliniques sauvages"

Aux grands labos de balayer devant leur portes. Cet énorme buzz qui nous assaille depuis ce matin devrait nous alerter quant aux "réguliers" du médoc sans effet, sans essais non plus, autorisés et néanmoins nocifs. Et inviter les pouvoirs publics et les marchands du médicament et de la recherche médicale à un peu plus de modestie.

 En 1997, voilà que, soudainement, suite à une intervention chirurgicale bénigne (cataracte), ma mère, une pétante vieille dame de 75 ans - perd totalement la tronche. Du jour au lendemain. Diagnostic six mois après: Alzheimer ! Remède miracle, plus de 100 euros le mois, remboursés à 100 %  à l'époque pauvre sécu !) : Aricept, Aeicept, Aricept (il faut le prendre, le prendre, le prendre ! Sans l'oublier... en plus !)

 

Fabriqué par le laboratoire multinational Eisai aujourd'hui, le laboratoire Lily à l'époque mais je n'en suis pas sûre (je les avais appelés et crois me souvenir que c'était eux *). Autorisation de Mise sur le Marché : septembre 1997.

Aujourd'hui, faute d'avoir fait ses preuves, il n'est plus remboursé qu'à 15 %. Ce qui est parfaitement faux cul car il devrait être totalement déremboursé et, surtout, plus prescrit car non seulement sans effet aucun, mais aussi nuisible de chez nuisible.

Mise en garde prudente du Vidal aujourd'hui : Ce médicament n'a pas été étudié dans le traitement des formes graves de la maladie d'Alzheimer ni dans celui des démences dues à d'autres maladies. Des précautions sont nécessaires en cas de troubles du rythme cardiaque, d'épilepsie, de difficultés à uriner, d'antécédent d'ulcère de l'estomac ou du duodénum, d'asthme ou de bronchite chronique. En cas de survenue d'une fièvre inexpliquée associée à une raideur musculaire ou des troubles de la conscience, ne poursuivez pas le traitement sans avis médical : risque de syndrome malin des neuroleptiques potentiellement grave. En cas d'intervention chirurgicale, l'anesthésiste doit être prévenu de la prise de ce médicament.

Dè!s le premier mois de prise de ce médicament, ma mère s'est mise à tomber de sa hauteur quotidiennement et c'est mon père - âgé et épuisé, démoralisé et rendu dépressif par ce qui lui arrivait - qui la relevait. Seul. Mais le médecin disait : c'est rien c'est un effet pas grave du traitement. Traitement sans aucun effet sur le comportement et la mémorisation, on le sait parfaitement aujourd'hui.

Ma mère a survécu 10 ans +2008 - à chuter tous les jours à cause de ce médoc, c'est attesté désormais - sans que l'Aricept n'améliore, fût-ce d'un iota, son état... Je hais les gens qui l'ont autorisé (AMM il y a de quoi rire). Et définitivement ceux qui l'ont fabriqué et commercialisé - que je tiens tous pour des charlatans.

Ma mère a été un cobaye, dix années durant, des laboratoires Eisai/Lilly. Avec la complicité des autorités.

Alors.... avec eux, les "essais cliniques sauvages" je connais !

Et la ministre de la Santé qui fait le tour des media en faisant la fine bouche... Tout de suite les grands mots avec poursuites judiciaires sans savoir vraiment ce que mettaient en œuvre ces quatre "péquenots" - cependant profs de médecine ! semblerait-il) dans leur coin. Pouah ! Pouah ! Pouah ! Ca sentirait le "conflit d'intérêt que ça ne m'étonnerait pas plus que ça. Une histoire de gros sous pour s'emparer d'une découverte ? N'anticipons pas davantage sur des merdouilles.
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* J'avais réussi, toute seulette, oui !, à leur faire modifier, à l'époque, le libellé de leur notice "indication : maladie d'Alzheimer". Ma mère m'ayant toujours dit, par le passé ancien ancien, décidée à se suicider si un jour cette maladie venait à la frapper. Le neurologue diagnostiqueur/prescripteur, m'ayant confirmé un cas de suicide de l'un de ses patients en apprenant l'"atroce nouvelle".

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