Au boulot tu iras (sans réfléchir) car tu dois gagner ta vie

Regardé avec un vif intérêt l'entretien vidéo de Mathilde Goanec : faites-vous un «boulot de merde» ? Un entretien avec l'un des coauteurs de l'ouvrage : Julien Brygo.Olivier Cyran et lui sont les auteurs de "Boulots de merde ! Du cireur au trader". La question étant ici "l’utilité sociale" des métiers et emplois to day: ça dégage. Un commentateur a aussi ici, retenu mon attention : J. Milan.

 

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 Ce billet suppose que l'on ait regardé la vidéo ci-dessus et lu les commentaires... Sorry !

Réponse participante (et complice ?) à Jacques Milan pour ses commentaires / discussion théorique :

En termes marxistes, on peut (on doit) rapprocher la notion d’  « utilité sociale » (du travail/force de travail) avec celle de "valeur d’usage", et par différence d’avec la "valeur d’échange" d’un bien ou d’un service (marchandise).

 Pour celui qui achète/loue de la force de travail (service que fournit le « travailleur libre ») la valeur d’échange de ce service spécial se fixe sur le marché du travail. Pour celui qui s’en porte acquéreur, ce service possède une valeur d’usage précieuse : celle, proprement exceptionnelle de produire de la plus value, constitutive de ce que l’on appelle le profit. Qualité exorbitante et exclusive qu’aucun autre facteur de production ne possède. Chaque cycle de production accroît donc le capital (via le profit) qui, à son tour doit se « remettre au travail » pour non seulement se perpétuer  mais s’accroître... en achetant de la force de travail.

La finalité première du capital et, donc, sa valeur d’usage n’est autre que de produire, pour ses détenteurs, de la plus value. Et non pas,  « avant tout » mais seulement accessoirement, des biens et services.

 Lorsque le profit atteint des volumes si colossaux qu’ils en dépassent l’imaginaire commun, le capital ne trouve plus à se valoriser dans la production de biens et de services utiles aux sociétés humaines mais uniquement, en "refuge", dans la sphère financière : il se met à tourner en rond, beaucoup d’argent se mettant à « produire » toujours plus d’argent.

Dès lors, la force de travail devient – relativement - moins utile : on cherche par tout moyen à se débarrasser de cette denrée, opportuniste comme une maladie peut l'être… Alors on rémunère grassement ceux qui ont des plans et des idées pour y aider, voire des politiques afin de casser les droits sociaux et ceux du travail proprement dit. On s’assure le silence et la complicité des medias en les achetant tous, des fois que…

 Une pléthore de candidats dont l’effectif ne peut plus que croître et croître encore… se présente sur un marché du travail plus qu’atone où les uns jouent des coudes, les autres se découragent, d’autres encore, n’en pouvant plus, prennent un ticket pour l’au-delà. On réduit les salaires en commençant par les cotisations (salaire indirect peu perçu comme précieux "complément socialisé"), la masse salariale étant, elle, déjà réduite par le « sous emploi » et l’investissement technologique que l’on contrôle à l’excellence. Le fameux "coût du travail", considéré comme une marchandise ordinaire... tenant son "détenteur" comme quantité négligeable du haut jusqu'au bas de l'échelle des qualifications, la véritable question n'étant plus là.

On vilipende les « sans emploi » comme des parasites… alors que le véritable parasite à abattre dans ce contexte, c’est encore le travailleur ayant un emploi. On le précarise, on l’asservit, on le menace de prison lorsqu’il se rebiffe pour défendre ses « droits d’humain », on le dégoûte par  tous les moyens – y compris puisqu’il le faut, par des emplois parasites affectés à cette tache.  En terme marxiste cela s’appelle  « destruction du travail vivant », une nécessité cyclique d’un système irrationnel de bout en bout. Une nécessité d’autant plus aiguë que la population mondiale s’est accrue de manière…  exponentiellement alarmante et que le capital mondialisé peine à contenir.

 Et comme il faut vraiment et impérieusement détruite pour avoir quelque chance de retrouver un nouvel Eldorado, le plus radical, c’est la guerre !

Toutes les guerres des 19e et 20e siècles ont résulté de cela : appauvrissement considérable des masses sur une ou deux générations, absence de perspectives et désespoir, propagandes acharnées semant ses poisons sur la durée, dressant les uns contre les autres : travailleurs européens contre travailleurs européens, pauvres blancs hétéro ayant un boulot de merde (voire pas de merde) contre pauvres chômeurs, colorés d’ailleurs ou « pauvres » ou homos… Bref pas pareil . Le culte et la culture de l’identité et de l’identitaire des lors que l’on vous a fait perdre vos racines et repères.  Entités-nations ayant perdu leur souveraineté contre entités-nations  l’ayant conservée, à grand renfort de propagande, présentement Européiste, acharnément atlantiste et a-démocratique, contre Russie/Syrie… pourtant des peuples qui comme nous aspirent à la paix.  Un nouveau prétexte pour rouvrir une vraie guerre froide de jadis, aussi dangereuse que terrifiante et difficilement contrôlable.

 L’humanité est un jouet aux mains de ceux qui la dominent (et qui sont, eux aussi, des humains !). Ils sont une infime minorité ayant accumulé richesse se nourrissant d’elle-même (et donc tous les pouvoirs) sur quelques siècles. La formule l’argent appelle l’argent n’a jamais été aussi vraie.

 Je me suis interrompue dans l’écriture de ce billet pour lire l’article de Martine Orange au sujet du CETA https://www.mediapart.fr/journal/international/271016/apres-l-accord-belge-le-conseil-europeen-veut-croire-l-adoption-rapide-du-ceta. J’en retiens (entre autres cocasseries) ceci :

 <<<Pas une des figures politiques marquantes, de celles qui se présentent à la primaire de droite ou de gauche, n’est venue apporter sa voix aux 100 parlementaires de tous bords qui demandaient le report du CETA. Pas une ne s’est élevée contre le dernier coup de force gouvernemental. Un coup de force qui aurait été jugé impossible dans un État démocratique mais qui pourtant a bien eu lieu, sans que cela soulève la moindre indignation. Pour faire taire toute critique, le gouvernement a tordu le bras  du groupe socialiste pour éviter une résolution consultative réclamant le report de l’application de l’accord. Comme l’a raconté Politis.fr, le groupe a « démissionné » quatre députés de la commission des affaires européennes le 5 octobre, jour du vote de la résolution, avant de les renommer le lendemain, comme en témoigne le Journal officiel.>>>

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J’ai beau me tenir informée de « tout », là, je n’en croyais pas mes yeux ! Faut le lire sous la plume de Martine Orange pour... d'abord le croire mais aussi atterrir. L'Union Européenne est une gigantesque imposture, à la fois qu'une machine de guerre fomentée, en réaction, dès la Libération.

Si l'on confronte le programme du Conseil National de la Résistance avec celui des zartisans de l'UE et de ceux qui l' ont porté au nues (J. Monnet, Schumman, Giscard, Pompidou, Mitterrand, Sarkosy, Hollande, Montebourg, Valls, Sapin et Macron pour les pires... etc. leur cohorte de "socialistes", un D.Koesler pour ultime et pire exemple (cet ex-trotskiste au venin d'amanite phalloïde) les Cohn Bendit, tous les sociaux-démocrates (les pires historiquement parlant) assortis de leurs trotskars de sévices... On comprend alors la "vraie nature de "l'ennemi"...  Sa "géographie" politique dépasse ce que l'on pourrait en croire...

Vite-vite : atterrissons.

 P.S.- Je ne parviens pas (pour l'instant) à mettre en maigre ce qui sort en gras ! Trop de cholestérol ne saurait nuire apprend-on tantôt... Criant

 

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