Théâtre: La chute de la maison Usher à la maison de la poésie

 

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Il y a d'abord ces fenêtres flottant dans l'obscurité de la scène, comme deux yeux sans paupières et sans vie, clignotant, palpitant, et une voix qui s'élève, étrange, mélancolique, bienvenue à la maison Usher revisitée par Sylvain Maurice, à la Maison de la Poésie.

 

Le narrateur du conte de Poe, invité par son ami, Roderick Usher, perdu de vue depuis longtemps et qui l'a invité à venir passer quelques jours chez lui, devra monter un escalier sans fin avant de pénétrer dans la maison accueilli par un mystérieux domestique muet, faiseur de tours de magie, apparaissant et disparaissant, jouant avec une tasse blanche lumineuse comme le verre de lait de Soupçons, montreur de marionnettes, manipulateur de couverts, corps souple et raide à la fois.

 

Il retrouvera son hôte à table "très changé" presque méconnaissable, atteint d'une maladie qui le rend hypersensible aux émotions, aux sons, aux visions, cruellement ébranlé par la madie de sa soeur qui se meurt. Il se console par la musique.

 

Les musiciens traversent la scène, s'y installent, s'esquivent, , la chanson pique et repique, s'inscrit dans les têtes, on croit saisir de la musique contemporaine, des mesures de Schubert, des craquements, des grincements se produisent, la vidéo retravaillée à la peinture glisse comme des algues sur les murs, comme des fleurs du mal, comme du sang, les lumières jouent avec les ombres.

 

La mélancolie se double de notes d'humour et de fantaisie, le malaise s'allonge en terreur, un tunnel apparaît, une forme humaine, des visages flous....le narrateur, son ami, le valet, surgissent sur les fonds sonores et visuels, du rouge, du blanc, du noir. Le spectateur est subjugué du début à la fin, les comédiens sont formidables, les musiciens épatants, mais c'est indiscutablement la mise en scène et la scénographie qui priment, laissant dans l'esprit les images et les sons. Ne pas oublier d'emmener ses ados!

 

 

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Photos: Elisabeth Carecchio

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