Théâtre, Mouawad, Cantat, la polémique....

Si l'annonce, en France, de la participation de Bertrand Cantat à la Trilogie «Des Femmes», inspirée de Sophocle que Wadji Mouawad va créer au Festival GREC (qui tire son nom du théâtre du même nom de Monjuic où le festival a débuté) de Barcelone, puis au Festival d'Athènes, puis au festival d'Avignon (du 20 au 25 juillet), est passée assez inaperçue (sauf dans la presse people...), en revanche, à Montréal, où réside le metteur en scène libano-canadien, la polémique se déchaîne,

Si l'annonce, en France, de la participation de Bertrand Cantat à la Trilogie «Des Femmes», inspirée de Sophocle que Wadji Mouawad va créer au Festival GREC (qui tire son nom du théâtre du même nom de Monjuic où le festival a débuté) de Barcelone, puis au Festival d'Athènes, puis au festival d'Avignon (du 20 au 25 juillet), est passée assez inaperçue (sauf dans la presse people...), en revanche, à Montréal, où réside le metteur en scène libano-canadien, la polémique se déchaîne, tant dans la presse (cyberpresse, Le Devoir...) que bien sûr sur les blogs ici ou , sur Twitter et sur Facebook. Le Monde.fr en fait état aujourd'hui sur Big Browser, Le Point en parle, bref, il y en a partout, Google déborde!

 

Pour aller vite, il y a deux types de réactions, ceux qui considèrent que l"ancien chanteur de Noir Désir a payé sa dette à la société et qu'il est en droit de poursuivre sa vie d'artiste et les autres qui pensent qu'un "batteur de femmes" (comme on dit au Québec) ferait mieux de cultiver discrètement son jardin. Les premiers considèrent que les seconds sont bornés et les seconds pensent que les autres succombent à la banalisation des violences entre hommes et femmes.

 

Beau sujet sans doute à proposer aux élèves des bacs théâtre...mais il ne faut pas perdre de vue que Wajdi Mouawad, que l'on aime ou qu'on n'aime pas, ne peut pas être soupçonné une minute de machisme. Il a même fait de la violence faite aux femmes une sorte de toile de fonds qui traverse son oeuvre. Les trois tragédies de Sophocle qu'il va mettre en scène cet été, Les Trachiniennes, Antigone et Electre (sept en tout), traduites par le poète Robert Davreux, lui permettront sans doute d'exploiter une fois encore cette veine . Et ce sera peut-être formidable, mais ce n'est pas le sujet.

 

S'il a choisi de confier à Bertrand Cantat une partie de la musique (comme il l'avait déjà fait pour Ciels, en 2009, sans que personne s'en émeuve, il ne s'agissait d'ailleurs que d'une bande enregistrée...) et surtout de lui permettre de remonter sur scène, ce n'est donc pas pour cautionner l'acte de violence qui a conduit le chanteur en prison. Mais que ce soit lui justement, par amitié, par pardon des offenses, par choix uniquement artistique, qui donne la possibilité à Bertrand Cantat d'être en scène, me dérange.

 

Donc, j'irai probablement voir le spectacle, mais je n'applaudirai pas.

 

 

NDLR Je précise juste que je ne suis plus très fan de Mouawad, j'ai l'impression qu'il est devenu au fil des succès excessivement moraliste, terriblement répétitif, exagérément pédagogue, jouant sur ce qu'il y a de plus consensuel (les femmes et les enfants victimes, les horreurs de la guerre et du terrorisme,etc etc) avec une logorrhée qui m'a à force lassée. Force est de constater que cette fois le consensuel est remis en question, même si ce n'était probablement pas voulu....

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