The Last Supper de Ahmed El Attar au T2G (Gennevilliers)

En 50 minutes, l'auteur et metteur en scène égyptien, Ahmed El Attar, fait monter la pression jusqu'au malaise. On sort de là vaguement assommé.

The last supper n'a pas grand chose à voir avec le dernier dîner du Christ, à part la disposition scénique. On y trouve attablée une famille de riches Egyptiens et un ami, général en costume cravate, entourée de trois domestiques aux petits soins. La figure centrale , celui qui peut tout d'un revers de main ou d'un sourire, c'est le père. Le père de famille mais aussi, on le comprend vite, la figure du  père président, peu importe q'il s'appelle Moubarak, Morsi ou Sissi. La mère, on ne la verra jamais. On l'appelle mais elle ne vient pas.

 

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Pas trop besoin de lire les surtitres, le texte n'a rien de passionnant, les femmes parlent de leurs bonnes, de shopping, des derniers ragots, les hommes discutent voitures, motos, femmes,  fric, magouilles, business...Tout se joue ailleurs.

 Ces conversations stupides démontrent le degré d'inculture, de corruption, d'indifférence, de racisme, de mépris  et de violence de cette "bonne "société. Ces gens au pouvoir, éduqués, qui voyagent et qui sont incapables de faire quoi que ce soit. Pas même de se rendre compte de ce qui se passe autour d'eux. Ils ne s'intéresssent à rien qu'à eux mêmes.

Mais il y a aussi les trois muets: le majordome impassible, impeccable qui a l'oeil à tout, prévient les moindres désirs de ses patrons, le serviteur qui arbore en toutes circonstances un sourire de ravi de la crèche, la nounou terrifiée voilée de la tête aux pieds qui marche comme une souris.

Et les enfants, calmes, gentils.

 

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Mais tout explose. La violence abominable de l'artiste de la famille qui ne peut prendre du plaisir qu'au cours d'un viol ou en roulant à tombeau ouvert va s'exercer à travers son fils.Il encourage l'enfant à asticoter le majordome, à lui tirer les oreilles, à le bombarder de boulettes, jusqu'à ce que celui-ci n'en pouvant plus ait enfin un geste d'impatience. Qui sera forcément puni.

 La mise en scène parfois se fige, les lumières virent au rouge. Mention spéciale d'ailleurs à la musique de Hassan Kahn.

photos: Mostafa Abdel Atty

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