au secours, sans traducteurs, où va la littérature?

L'association des traducteurs littéraires (ATLF) s'inquiète des conditions de travail de ses membres. Lire à ce sujet l'étude publiée au niveau européen. On constate déjà quand on lit en traduction que certaines maisons d'édition n'hésitent pas à publier des monstruosités incompréhensibles, même si heureusement, d'autres veillent au grain. Beaucoup de gens espèrent devenir traducteur, mais, c'est comme pour d'autres professions, journaliste, par exemple, c'est un métier et ça s'apprend.

 

Un bon traducteur reconnu et respecté est mal payé, certes, mais payé. Et cela coûte cher dans l'économie du livre. Les éditeurs essayent par tous les moyens de réduire ces coûts. Par exemple, un ouvrage devenant un succès, l'éditeur (c'est arrivé) fait faire une nouvelle traduction pour éviter de payer les droits d'auteur. La nouvelle traduction ressemblant à s'y méprendre à la précédente , le procès a été gagné par le premier traducteur, (rassurons nous).

Les langues rares se payent cher. On voit donc de plus en plus souvent des livres écrits en japonais traduits de l'anglais (les traducteurs d'anglais sont moins payés que ceux de japonais).C'est comme le téléphone arabe, à l'arrivée, ce n'est plus le même texte....

On essaye de payer à la ligne de 60 signes et non au feuillet (ainsi les dialogues sont moins payés ...)

On "oublie" d'envoyer les relevés de droits annuels (en espèrant que le traducteur sera trop charrette pou les exiger . c'est pourtant légal et obligatoire.

Et on essaye les jeunes diplômés, les chômeurs, les gens au foyer, les retraités etc. qui ne sont pas trop regardant sur la rétribution. Et on les paye mal. Plus grave, on ne relit pas leur travail.

 

Il y a encore d'excellents traducteurs en france et ils ne chôment pas. Seulement, leurs revenus sont si bas qu'on ne voit pas comment ils pourront continuer sans faire autre chose au lieu de se consacrer à ce travail. De plus en plus, il faudra faire vite et mal.

 

Et malheureusement, il y a aussi les autres.

 

Ce qui nous permet de lire qu'un homme sort du commissariat ses épouses à la main (de l'espagnol, esposas signifant aussi menottes) , que le métro de Paris est si fiable qu'on peut régler sa montre dessus (de l'espagnol, metro regular, mètre étalon), qu'un autre a coincé la fermeture éclair de son costume mouillé (de l'anglais, wetsuit, combinaison de plongée), on trouve aussi des journalistes licking their pencils (du français, des journalistes "à la mine alléchée") dans une traduction récente en anglais d'un roman de G.M. Benhamou (il y en a au moins une par page) etc....

 

 

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