Théâtre: «La Comédie des Erreurs» aux Bouffes du Nord

A la demande générale d'un seul lecteur, mais assidu, je reprends ici les billets théâtre que je publie sur mon blog perso.Si on consulte les sites anglais parlant de la Comédie des erreurs, on y lit que (presque) tout le monde connaît la pièce (many people will no doubt be familar with the william shakespeare tale)... pas en France.

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A la demande générale d'un seul lecteur, mais assidu, je reprends ici les billets théâtre que je publie sur mon blog perso.

Si on consulte les sites anglais parlant de la Comédie des erreurs, on y lit que (presque) tout le monde connaît la pièce (many people will no doubt be familar with the william shakespeare tale)... pas en France. Elle y est rarement jouée.C'est l'une des premières pièces ((1593-1594) connues de Shakespeare , pas facile à mettre en scène car elle repose sur les méprises et quiproquo engendrés par la présence dans la même ville, Éphèse, de deux paires de jumeaux (maîtres et serviteurs, Antipholus et Dromio) qui portent le même nom pour tout arranger et qui vont être pris l'un pour l'autre sans rien comprendre à ce qui se passe.

Dan Jemmet a dépassé l'écueil en évitant de faire appel à des acteurs différents. Une paire de lunettes et deux coiffures différentes suffisent pour identifier les deux Antipholus et pour les deux Dromio, juste un chapeau. Si les jumeaux se ressemblent physiquement, ils n'ont pas les mêmes caractères, un régal pour les acteurs (David Ayala et Vincent Berger) qui doivent donc changer non seulement d'aspect mais d'attitudes, de gestes, de voix, à toute berzingue. Une brochette de sanitaires de chantier permet les entrées et les sorties des comédiens à la folle allure du spectacle, un décor un peu déroutant au départ mais utilisé en fait comme des castelets de marionnettiste (comme l'a pratiqué Dan Jemmet dans sa jeunesse). Un transistor lance de la musique disco pour quelques intermèdes dansés.

C'est parfois un peu potache déchaînant l'hilarité des jeunes spectateurs et juste un sourire des plus avertis, mais les comédiens sont épatants.

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Ils sont cinq pour une douzaine de rôles ce qui accroît les double jeux si on peut dire. David Ayala en tête avec un plaisir contagieux pour l'ahurissement grotesque de ses deux entités et un grand délire pour des numéros de danse survoltés à la Travolta. Il est formidablement complété par Valérie Crouzet totalement déchaînée en Adriana, l'épouse hystérique d'un des deux Antipholius et en traîneuse de bar disco. Mais Thierry Bosc (le duc, le joallier Angelo et Pinch) et Julie Anne Roth (Egeon, Luciana et l'Abbesse)se donnent et s'en donnent eux aussi à coeur joie.

Un spectacle sans doute pas indispensable mais parfaitement réjouissant.

 

Photos: Mario Del Curto.

 

 

 

 

 

Pour les anglophones, un entretien avec Dan Jemmet ici.

 

Toutes les infos ici et le dossier de presse de la création ici (théâtre Vidy, Lausanne)

 

Grosse tournée en perspective: 17 et 18 février à Perpignan (L'Archipel), du 23 au 25 février à Tournai (Maison de la culture), du 1er au 3 mars à Namur, le 8 mars à Corbeil Essones, le 11 mars à Dijon ( A.B.C), du 15 au 26 mars à Lyon (Théâtre de a Croix-Rousse), les 29 et 30 mars à Sète, le 2 avril à Colombes (L'Avant-Seine), les 5 et 6abvril à Amiens (Maison de la culture), le 9 avril à Saint Etienne du Rouvray (Le Rive-Gauche), du 14 au 16 avril à Aix en provence (Jeu de Paume), le 29 avril à Châtenay Malabry (Firmin-Gémier, La piscine), les 10 et 11 mai à Thonon (Maison des Arts), les 17 et 18 mai à Quimper (Théâtr de Cornouaille), le 20 mai à Saint-Brieuc (La Passerelle) et les 17 et 18 juin au Shakespeare Festival de Neuss (en Allemagne). That's all folks!

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