Sirènes de Pauline Bureau au Théâtre du Rond-Point

Je "recycle" le billet écrit en mars 2014 lors de la présentation de ce spectacle au Nouveau Théâtre de Montreuil.

 Avec Sirènes, Pauline Bureau confirme qu'elle fait partie des jeunes metteurs en scène les plus intéressants du moment. On s'était déjà extasié sur Roberto Zucco il ya quatre ans (voir ici) et si on avait été un peu déçus par Modèles, sans doute pour raison de grand âge, on retrouve avec Sirènes, une vraie maîtrise tant de la direction d'acteurs que de la mise en scène.

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 Une petite histoire, tour à tour triste, nostalgique, joyeuse, tisse un fil entre trois générations de femmes de la même famille.

 

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Tout commence avec Annie, une femme sans histoires, qui apprend un jour de 1966 que son mari, capitaine au long cours, ne reviendra pas.Il a rencontré une autre femme. Banal à pleurer.

Elle va donc élever seule sa fille, Hélène, elle qui pourtant ne sait rien faire , pas même une déclaration d'impôts.On devine que ça n'a pas été facile mais on n'en aura pas plus. Sauf qu'elle espère qu'Hélène deviendra bien plus savante.

On retrouve Hélène, enceinte, en 1983, qui vient d'obtenir brillamment  son diplôme d'HEC. Et qui vient d'apprendre la mort de ce père qu'elle n'a jamais connu.

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Peu de temps après, elle accouche d'une petite fille qu'elle prénomme Aurore en hommage à George Sand, Aurore Dupin, dont elle aimait follement les histoires quand elle était encore  une petite fille, rêveuse et silencieuse.

Aurore est un bébé hurleur et Hélène n'arrive à la calmer qu'en chantant... en attendant le retour d'un papa très affectueux. On ne saura pas non plus ce qu'est devenu ce père si gentil et si tendre.

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Aurore a grandi, on est en 2013, elle est devenue chanteuse de rock avec succès. Et brutalement elle perd sa voix. Elle ne peut plus monter sur scène, elle ne peut plus chanter. Mais la médecine ne peut rien, la voilà donc chez le psychanalyste.

 Hélène de son côté est seule, stressée, dépressive. Le lien entre Aurore et sa mère et pourtant très fort, absolu,  dans cette mare de silences, de non-dits,  de secrets enfouis et de solitudes. On découvre aussi, à Shanghaï, un jeune homme, Max, solitaire bourreau de travail.

On rencontrera un énorme ours en peluche, un conteur, un vendeur d'électroménager, d'étranges sirènes et des musiciens.

Si le spectacle commence lentement, avec beaucoup de silences, mais sans temps morts,  il va peu à peu s'accélérer et prendre un rythme plus soutenu. La musique enregistrée ou live a toute sa place. Les épisodes douloureux sont interrompus de sourires et même de rires.  Et puis, il y a l'amour, un vrai coup de foudre traité sur un mode tendre et amusé, qui vaut peut-être plus que n'importe quelle séance de psychanalyse.

 On y ajoute une excellente distribution,  une scénographie toute simple mais efficace, et au fonds un vrai bonheur de vivre.

 Photos: Pierre Grosbois

Toutes les infos  ici

 Le texte de la pièce est publié chez Actes-sud Papiers

 

 

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