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Co-créateur du site Cinematraque, a participé quelques temps à l'aventure de la 7e Obsession.

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Billet de blog 5 novembre 2011

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Black Power Mixtape

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L'expression Black Power qui signifie tout à la fois, combat contre l'oppression des blancs et volonté d'autodétermination des noirs américains face au néo esclavagisme du capitalisme moderne, fut popularisé par le principal ouvrage de l'une des grandes figures de la révolte afro américaine : Stockely Carmichael. Son combat au sein du SNCC (non-violent), puis dans un registre plus radical à la tête des Black Panther est un long cheminement politique personnel, mais le succes de son livre s'inscrit lui dans une periode de révolte noire qui a véritablement éclaté lors des émeutes de Watts en 1963. C'est l'emergence de la pensée politique qui s'en suivit que tente de suivre Goran Olsson à travers une petite décénie de 1967 a 1975 ou le monde entier découvre les figures charmismatiques du Black Power que sont Angela Davis, Huey Newton ou Bobby Seal qui consolidèrent et radicaliserent le combat commencé par Malcom X et Martin Luther King. C'est à cette époque que des activistes suedois munis de caméras rencontrèrent ces penseurs. Bien que une centaines d'heures furent tournées, elles étaient resté inédites jusqu'à leurs redécouvertes dans les caves de la télévision suedoise par Olsson qui réalise ici un beau travail de montage. Il s'agit ici avant tout un travail d'archiviste et de passionné de la culture noire américaine par un cinéaste qui n'est pas à son coup d'essai. Son précédent film était consacré à Billy Paul, figure de la soul américaine. Le film est un hommage à toute la culture noire, sa mode vestimentaire et surtout à sa musique. C'est en suivant le principe de la compile (mixtape) qu'Olsson a monté son film, utilisant ses images préférés dans les rushs d'autres cinéastes. C'est à des musiciens qu'il a demandé de revenir sur l'émergence de la pensée du Black Power : Erykah Badu, The Roots ou le rappeur Talib Kweli. Des talentueux artistes considérés comme des disciples actuels du Black Power. Ces derniers qui pretent leurs voix au film mettent en avant leurs mots plutot que leurs personnes. C'est sans doute l'aspect le plus interessant de ce documentaire. Car sans remettre en cause la réussite de certains de leurs combats, Olsson montre que ces activistes étaient également de fin communicants et qu'ils n'hésitaient pas à jouer le rôle que l'on attendait d'eux dans les médias. Celui de leader. Ce faisant, ils se sont retrouvé piégés, incapables de sortir de la cage des médias et furent chatiés par l'oppresseur blanc qui les assassinat, les emprisonnat sous de faux prétextes ou les força à l'exil. Leur image leur fut finalement fatale. Les médias blancs ont finis par préférer un autre visage du Black Power en la personne de Louis Farrakhan qui cultive une vision du Black Power si haissable (raciste et antisémite) à travers sa secte Nation Of Islam qu'elle a fini par isoler ceux qui voulaient rassembler. C'est en définitive un Black Power, souterrain et sans images, plus insaisissable mais plus populaire que le réalisateur et les musiciens qui l'accompagnent veulent réussir à mettre sur le devant de la scene à travers ce film.

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