Co-créateur du site Cinematraque, a participé quelques temps à l'aventure de la 7e Obsession.
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Avec Oki's Movie, Hong Sang Soo cherche à renouveler son œuvre dont la cohérence réside dans la simplicité du concept: l'alcool, le cinéma, les femmes. Ici il cherche à redonner une vitalité à son cinéma qui commençait à serieusement ronronner. Pour éviter les redites que l'on pouvait déplorer dans Les femmes de mes amis, HSS tente un nouvel axe narratif. Oki's Movie a et aura une place particulière dans sa filmographie. Il s'agit de quatre charmantes petites nouvelles ficelées tel un labyrinthe à la Borges. Chaque ségment du film a une vie propre, mais le dernier pénêtre les trois premiers et donne à l'ensemble une lecture quasi méthaphysique. Fidèle à sa façon de présenter simplement la complexité des rapports amoureux, il utilise ici les moyen d'un cinéma pur: Les dialogues sont décorations, le cadre et le montage suffisent largement à toucher la beauté des sentiments. Experimental, Oki's Movie l'est aussi dans sa production. Bien que cinéaste de renom, HSS prend la mesure de la crise financière qui touche le cinéma. En s'attaquant à ce projet, le cinéaste s'impose lui même des contraintes que d'autres rencontres sans les chercher. Tourné en huit jours entre Ha Ha Ha et The Day he Arrives,Oki's Movie est son film le plus épuré. Peu de décors, seulement 3 comédiens et une petite caméra. Il en ressort une œuvre drastique débarassée de toute fioriture. L'on touche, pourtant ici, ses limites: le film manque de naturel. L'on regrette, alors, les superbes scènes de beuveries qui parsemaient ses premiers films. L'alcool arrivait à faire ressortir la belle humanité de ses comédiens débarassé des artifices du jeu.
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