The Theatre Bizarre

Malgré les maigres moyens de ce film à sketch, The Theatre Bizarre peut compter sur la passion de l'horreur des producteurs et des réalisateurs chevronnés qui tirent les ficelles. Derrière ce film franco-américain, on trouve en effet deux maisons de production. Severin, connu pour ses éditions spéciales de dvd gore et Metaluna où l'on retrouve, Jean-Pierre Peuters, cofondateur de Mad Movies, référence de la cinéphilie bis. Autour de la star Tom Savini, des vétérans du genre s'occupent de trifouiller l'imaginaire du spectateur. La horde sauvage derrière The Theatre Bizarre prend donc très au sérieux le gore, l'horreur et l'esprit mad qu'on trouvait à l'époque des maîtres de l'horreur. Plus qu'un hommage, c'est une vengeance sanglante contre le sort réservé aujourd'hui aux films de George Romero, de Dario Argento ou John Carpenter. Cinéastes adulés par la critique et le public, leurs derniers films sont pourtant méprisés par les distributeurs qui refusent de les sortir en salle. Structuré autour d'un spectacle d'automates, dont le cabotin Udo Kier, les six courts-métrages comptent des histoires très différentes mais l'on retrouve les mêmes thématiques : le couple et les conflits qu'il génère, le voyeurisme et les addictions. A l'heure ou l'horreur n'est plus qu'une question de charcuterie aseptisée ou de cynisme rigolard, la folle équipée derrière The Theatre Bizarre semble questionner le spectateur sur la place qu'il occupe dans l'horreur actuelle. Est-il destiné à devenir lui aussi un automate? Ou est-il capable de réemprunter un chemin, celui des maîtres, que le cinéma d'horreur actuel a fini par abandonner. 

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