LREM: chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur, on ne pense pas, on compte

Gouvernement et députés de la majorité ont refusé d’instaurer un congé de deuil de douze jours consécutifs pour le décès d’un enfant mineur.

L’Assemblée Nationale a examiné le 30 janvier une proposition de loi déposée par M. Guy Bricout (député du groupe UDI, Agir et Indépendants), visant à porter ce congé de 5 à 12 jours consécutifs. Cette disposition ayant été supprimée en commission des affaires sociales par les députés de la majorité, M. Bricout présente un amendement en séance publique visant à le rétablir.

Il s’ensuit une de ces discussions qui révèlent l’essence du macronisme à l’état chimiquement pur (voir ici le compte-rendu intégral des débats) :

Mme Sereine Mauborgne (députée LREM) : « Il va de soi que l’on ne se remet jamais du deuil d’un enfant, mais pourquoi consacrer cette durée de douze jours ? Pourquoi pas quatorze, vingt, trente jours ? »

Mme Muriel Pénicaud (ministre du travail) : « Que le congé pour deuil dure cinq ou douze jours, il ne permet pas de se remettre et de compenser le traumatisme. »

Mme Michèle de Vaucouleurs (députée MODEM), s’adressant au rapporteur de la proposition de loi : « Vous confondez, dans votre proposition de loi, le congé nécessaire pour préparer les obsèques et celui qui est nécessaire pour faire le deuil d’un enfant, qu’on ne fera sans doute jamais. (…) D’autres personnes, en revanche, préféreront reprendre le travail rapidement, estimant qu’il leur est nécessaire de retrouver rapidement leurs collègues et leur engagement professionnel. »

Mme Muriel Pénicaud : « Ce que vous proposez, c’est un congé payé à 100 % par l’entreprise ! La solidarité nationale n’est absolument pas sollicitée par ce que vous avez rédigé. (…) La question, c’est de savoir s’il est normal que ce soit la petite entreprise qui paye à 100 %, et non la solidarité nationale ! »

Mme Sereine Mauborgne : « La proposition de loi qui nous est soumise ne relève pas de la générosité. Il est un peu facile de s’acheter de la générosité à bon prix sur le dos des entreprises. »

Mis aux voix, l’amendement visant à rétablir les 12 jours de congés est rejeté par 40 voix (37 LREM et 3 Modem, leurs noms sont ici) contre 38 (tous les autres groupes, 3 LREM et 1 Modem).

Ces radicalisés du néo-libéralisme sont à ce point fanatisés qu’ils en ont perdu non seulement toute humanité, même à l'état de traces, mais aussi tout sens politique.

En effet, comble de l’ironie, c’est le Medef qui demande un nouveau vote sur cette disposition de la proposition de loi (voir ici). Voilà qui change tout ! Car, si c'est leur donneur d'ordres qui les y invite, il ne fait pas de doute que ces députés serviles s’empresseront d’approuver demain ce qu’ils ont rejeté hier. Car de dignité, ils n’en ont plus depuis bien longtemps.

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