Il y a un mois, Nicolas Hulot annonçait sa démission sur France Inter sans avoir prévenu ni le président de la République, ni le Premier ministre. Aujourd'hui, un autre ministre d'Etat, Gérard Collomb, annonce dans le Figaro qu'il maintient sa proposition de démission, pourtant refusée hier par M. Macron.
Il fut un temps, dans l'ancien monde, où c'était le président de la République qui mettait fin aux fonctions des ministres, comme le dispose l'article 8 de la Constitution.
Depuis son élection, Emmanuel Macron a toujours cherché à mettre en scène l'autorité du président de la République, qu'il entendait restaurer après que ses prédécesseurs l'eurent abîmée selon lui.
On voit ce qu'il en est : les deux ministres d’État auront quitté le gouvernement sans le moindre respect des formes, et donc de l’autorité du président. Qui plus est, tous deux ont démissionné en émettant de vives critiques sur la politique mise en œuvre par Emmanuel Macron (N. Hulot) ou sur sa pratique de l'exercice du pouvoir présidentiel (G. Collomb).
Que reste-t-il de l'autorité présidentielle après ces deux démissions fracassantes ? Rien. Le Premier ministre en est réduit à déclarer à l'Assemblée Nationale : « Je proposerai au président de la République les décisions qui s'imposent » (sic).
Frédérique Dumas, députée LaREM, a quitté le groupe parlementaire il y a deux semaines en affirmant (voir ici) : « On a le sentiment d’être sur le Titanic ».
Et désormais, les rats quittent le navire...