Le 27 juillet 2025, le président des États-Unis et la présidente de la Commission européenne, Mme von der Leyen, signaient un accord sur les droits de douane ouvertement déséquilibré au profit des États-Unis. M. Trump n’étant jamais avare d’humiliations, cette capitulation en bonne et due forme eut lieu dans la salle de bal d’une propriété de M. Trump, le golf de Tunrberry en Écosse.
Quelques mois seulement après cette scène aux allures de clairière de Rothondes, les principaux dirigeants européens ont rivalisé de pusillanimité en réaction à l’agression impérialiste du Venezuela par les États-Unis, démontrant lune fois de plus leur aptitude inégalée à ramper devant M. Trump. Surtout ne pas prendre le risque de froisser le « big boss » : il serait capable d’augmenter les droits de douane sur les bretzels, les spaghetti ou le cognac.
Après avoir relayé le bobard sur le rôle de M. Maduro comme dirigeant d’un cartel de drogue (ce que les propres services de renseignement des États-Unis ont écarté dans un mémo déclassifié), le chancelier allemand a qualifié de « complexe » la classification juridique de l’opération militaire états-unienne. Bombardement de la capitale d’un pays souverain et kidnapping de son président : pas facile en effet d’y discerner un acte de guerre et une violation flagrante du droit international. « Les principes du droit international doivent s'appliquer dans les relations entre États » a toutefois déclaré M. Friedrich Merz. Mais s’agissant d’un acte de guerre commis par l’oncle Sam (ou d’un génocide perpétré par Israël), les choses sont « complexes » voyez-vous…
En Italie, la présidente du Conseil Giorgia Meloni a affirmé « qu'une action militaire extérieure n'est pas la voie pour mettre fin aux régimes totalitaires, mais considère en même temps légitime une intervention de nature défensive contre les attaques hybrides contre sa sécurité, comme dans le cas des entités étatiques qui nourrissent et promeuvent le trafic de drogue ». Les États-Unis ont « le droit de se défendre », voilà un couplet qui a déjà servi ailleurs.
En France, le président de la République ne s’est pas embarrassé de références au droit international, même de pure forme. Peu lui importent ces fadaises d’un autre temps comme il l’a déjà démontré au sujet du génocide à Gaza. Réagissant plus de douze heures après l’agression états-unienne à Caracas, M. Macron a publié un message d’une servilité sans précédent dans l’histoire diplomatique française : « Le peuple vénézuélien est aujourd’hui débarrassé de la dictature de Nicolás Maduro et ne peut que s’en réjouir. En confisquant le pouvoir et en piétinant les libertés fondamentales, Nicolás Maduro a porté une atteinte grave à la dignité de son propre peuple. »
« Emmanuel Macron se soumet », a très justement estimé aujourd’hui Dominique de Villepin en dénonçant une « logique de soumission et de vassalisation » de la France. En 2003, le président Chirac s’était opposé à la guerre déclenchée par les États-Unis en Irak (pour le pétrole, déjà). En 2026, le président Macron a approuvé l’agression militaire des États-Unis au Venezuela (pour le pétrole, encore). Il y avait alors un homme d’État à l’Élysée ; il n’y a plus aujourd’hui qu’un larbin.
Hier, Mme Katie Miller, épouse du chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a publié sur son compte X une photo du Groenland aux couleurs du drapeau états-unien, assortie de cette légende : « SOON ». Aujourd'hui, outre les menaces envers la présidente par intérim du Venezuela (« Si elle ne fait pas ce qu’il faut, elle va le payer très cher, probablement plus cher que Maduro »), M. Trump a affirmé dans un entretien à The Atlantic : « Nous avons besoin du Groenland, absolument ! » Le jour où M.Trump annexera le Groenland, les contorsions de Mme Meloni, de M. Merz et de M. Macron pour éviter de mettre en danger les exportations de bretzels, de spaghetti et de cognac marqueront l’aboutissement de l’avilissement de l’Union européenne.
Donald Trump respecte les forts, agresse les faibles et piétine les larbins. Le tour de M. Macron et de ses acolytes viendra.
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