La liberté réduite à une caricature...

… de Mahomet, de préférence.

Dans le pays qui prétend être celui des droits de l’homme, la liberté d’aller et venir aura été suspendue pendant plus de trois mois en 2020.

La liberté de manifester est soumise au bon vouloir de la préfecture de police et quand le préfet daigne ne pas interdire une manifestation, la police à l'ordre de la réprimer violemment.

La liberté de la presse sera bientôt limitée par la police qui sera autorisée à réprimer les journalistes couvrant une manifestation.

La liberté d’expression sur les réseaux sociaux sera bientôt limitée par une loi qui définira « ce qui est possible de dire ou pas de dire » (sic et dixit Laetitia Avia).

La liberté de filmer et de diffuser des images de violences policières sera bientôt supprimée par la même loi.

La liberté d’acheter un livre chez son libraire est suspendue car le Prince et ses conseillers ont décrété que le livre n’était pas un bien essentiel.

Mais, fort heureusement, de nombreuses libertés ne sont aucunement limitées.

Les entreprises ont toujours la liberté de licencier ou d’imposer des baisses de salaire en faisant du chantage aux licenciements.

Les préfets ont toujours la liberté de violer les dispositions sur le droit d’asile.

Amazon et les multinationales ont toujours la liberté de frauder le fisc.

Le barbouze préféré du Prince est toujours libre d’aller et venir pour faire de juteuses affaires en Afrique.

Eric Zemmour est toujours libre d'inciter à la haine raciale sur les antennes des chaînes de désinformation en continu.

Et puis de quoi se plaint-on ? Il nous reste la liberté de dessiner des caricatures. De policiers, sans doute plus pour longtemps. Mais de Mahomet, tant qu’il nous plaira.

 © Christian Creseveur © Christian Creseveur

Mes remerciements à Christian Creseveur à qui j'ai emprunté ce dessin.

 

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