La « poissonnière », le jeune député et le temps qui ne fait rien à l’affaire

M. Pierre Henriet, député LREM de Vendée, a qualifié Mme Mathilde Panot de « poissonnière » alors qu’elle s’apprêtait à prendre la parole lors de la séance publique du 3 février 2021 à l’Assemblée Nationale.

Le lendemain, sur son compte Twitter, M. Henriet estimait que la « polémique [allait] trop loin » et ajoutait : « Je m’excuse pour la manière mais pas pour le mot  « poissonnière » qui n’est pas une injure, des membres de l’Académie française confirmeront, encore moins du sexisme. » Et de s’insurger : « Je trouve regrettable que Mathilde Panot assimile ce métier à une injure. »

M. Henriet est un grand incompris : il voulait tout simplement adresser un compliment à Mme Panot, et celle-ci n’a pas su l'apprécier à sa juste valeur. Bien au contraire, en s’estimant insultée, c’est évidemment elle qui injurie celles et ceux qui exercent ce métier.

Par ailleurs, l’Académie Française étant une institution qui a toujours été en pointe dans le combat contre le sexisme, on comprend que le député en appelle à ses membres pour confirmer le caractère élogieux de son propos.

Il faut dire que M. Henriet a été à bonne école puisque le fondateur du parti auquel il appartient avait qualifié d’illettrées les ouvrières d’un abattoir breton en 2016 (voir ici). En matière de sexisme et de mépris de classe, l’exemple lui vient donc de haut.

Ce monsieur est l’un des plus jeunes députés de l’actuelle législature. Brassens avait bien raison de nous rappeler que le temps ne fait rien à l'affaire.

Georges Brassens / Le temps ne fait rien à l'affaire © Amory Pazyluz

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