Emmanuel, Nicolas, Mohamed et les autres ...

Le président de la République déplore les atteintes répétées à l’État de droit et aux droits de l'homme. En Egypte ? En Chine ? Au Yemen ? Non ... c'est évidemment au Venezuela que la situation est la plus grave à ses yeux.

« [Le président de la République] a déploré les atteintes répétées à l’« Etat de droit et aux droits de l’homme et il a rappelé que les conditions d’organisation de l’élection présidentielle au Venezuela, le 20 mai, ne permettaient pas, en l’état, un scrutin juste, libre et transparent », selon un communiqué publié par l’Elysée le 3 avril dernier.

On ne peut qu'admirer la fermeté et la constance des prises de position publiques de M. Macron sur le respect des droits de l'homme, partout dans le monde.

Quelques exemples :

Lors de la visite officielle en France du président égyptien Al-Sissi, M. Macron déclarait le 24 octobre 2017 : « De la même façon que je n’accepte qu’aucun autre dirigeant ne me donne des leçons sur la manière de gouverner mon pays (…), je crois à la souveraineté des Etats », appelant à « ne pas donner des leçons hors de tout contexte ». Il est vrai qu'il n'y a guère que 60000 prisonniers politiques en Egypte et que la torture y est institutionnalisée. Pas de quoi préoccuper M. Macron, pas plus que les conditions d'organisation de la réélection de M. Al-Sissi à la présidence égyptienne en mars 2018.

En visite officielle en Chine au mois de janvier 2018, M. Macron justifiait ne pas vouloir parler publiquement du respect des droits de l'homme en Chine en ces termes : "C’est totalement inefficace. Je crois à la diplomatie du respect réciproque, on doit travailler dans la durée". "Totalement inefficace" avec la Chine mais pas avec le Venezuela, pour lequel "la diplomatie du respect réciproque" ne semble pas avoir cours. M. Maduro devrait demander conseil à M. Xi Jinping sur la manière d'organiser un scrutin "juste, libre et transparent" afin de se concilier les bonnes grâces du président français. 

 Le président de la République reçoit en ce moment le prince saoudien Mohamed Ben Salmane. Lors du dîner en tête-à-tête au Louvre hier soir, il ne fait aucun doute que le président français aura eu la délicatesse de ne pas évoquer la guerre menée depuis 3 ans par l'Arabie Saoudite au Yemen. Celle-ci a déjà fait environ 10000 morts et des millions de gens sont au bord de la famine. Pas de quoi gâcher un beau dîner et surtout de juteux contrats de ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite ... armes qui sont utilisées au Yemen. Ah, si M. Maduro avait eu l'intelligence d'acheter quelques Rafale, ou même simplement quelques frégates...

La politique étrangère de M. Macron est à l'image de sa politique intérieure : impitoyable envers les faibles et servile envers les puissants.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.